‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 47 sur 65 · LA BASILIQUE DU TRÈS SAINT SÉPULCRE · texte numérisé non relu

LA BASILIQUE DU TRÈS SAINT SÉPULCRE

La Basilique du Très-Saint Sépulcre renfermant le plus auguste Sanctuaire du monde, demande que nous en fassions une description spéciale. Nous pensons être agréable au pieux Lecteur, en donnant une description succincte de la procession que les Pères de Terre-Sainte font, tous les jours, aux douze principaux Sanctuaires, renfermés dans sa vaste enceinte, Nous la faisons précéder d’une courte Notice historique s:.r la Basilique elle-même. (1)

Notice Historique. — Depuis la mort de Notre-Seigneur Jésus-Christ, le Golgotha ou Calvaire et le Très-Saint Sépulere furent toujours en grande vénération parmi les chrétiens, et ils étaient constamment visités par eux. L'an 70 de J.-C. le terrible siège de la ville, par Titus, et la ruine du Temple, vinrent pour quelque temps interrompre ces visites.

L'histoire nous montre les païens et les Juifs de ce temps mettant tout en œuvre non seulement pour ruiner ces Lieux bénis, mais encore pour en effacer toute trace et tout souvenir. L'empereur Adrien, devenu maître de Jérusalem en 136, se fit

(1) Nous ne faisons que résumer l'Ouvrage déjà si souvent cité : « Guide Indicateur... de Terre-Sainte. »

remarquer par #a haine contre les Sanctuaires de ln Ville- Sainte. Il eut recours, pour la satisfaire, à des inventions vraiment diaboliques, ear il vou ces Lieux Sacrés au culte impur de Jupiter et de Vénus. Pendant ce temps, les chrétiens, il est vrai, ne pouvaient aller prier sur le Golgotha ; mais ils le vénéraient de loin, de sorte qu'ils ne perdirent jamais de vue l'endroit qu'Adrien avait profané d'une manière si indigne. Constantin, 191 ans plus turd, ayant fait monter avec lui, le Christianisme sur le trône des Césars, ordonna de renverser ces idoles abomirables et de rechercher, sous l'amas considérable de décombres qui le recouvraient, le Saint Tombeau du Sauveur. Aussitôt que le monuwent, parfaitement conservé, eut été mis entièrement À découvert, sous la direction de saint Macaire, alors évêque de Jérusalem, l'impératrice sainte Hélène, mère de Constantin, fit séparer le Calvaire du rocher qui renfermaient la Grotte Sépulerale, de manière à en former un édicule isolé de toutes parts, La pieuse impératrice orna magnifiquement le Sépulcre, fit paver de belles pierres la place qui l'entourait et l'embellit de trois superbes galeries superposées. Ces galeries régnaient tout autour de cette place, excepté du côté de l'Orient: car c'est là, près du saint Tombeau, que s'éleva une Basilique à cinq nefs, destinée à relier ensemble le Calvaire, le saint Sépulcre et tous les autres Lieux Saints environnants, les renfermant ainsi dans un seul vaisseau, remarquable surtout par son immensité. Les travaux furent achevés en dix ans, et la Basilique apparut, grande, magnifique, digne en tous points des sentiments qui l'avaient inspirée. Eusèbe, l'historiographe de Constantin, nous en a laissé une description détaillée. Afin de nous faire comprendre par un seul trait quelle était la magnificence et la richesse de cet édifice, il dit que les murs, revêtus des marbres les plus beaux, soutenaient un plafond formé de caissons dorés dont l'effet merveilleux, produisait le même éclat qu'une mer d'or pur, tout étincelante de lumière. Malheureusement, ce splendide et inajestueux éilifice resta à peine 278 ans debout, En 614, Chosroës IT, re. 1 s Perses, enleva tout ce qu'il y avait de plus précieux dans la Basilique, entre autres la Vraie Croix et les Instruments de

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la Passion qui s’y trouvaient; puis il la livra aux flammes.

Cette Basilique, reconstruite plus tard, en partie, et ruinée encore comme le montre l’histoire, jusqu’à l'époque des Croisades, fut alors sensiblement modifiée par les Croisés. Au départ des Croisés, les Franciscains restèrent seuls, de tout le Clergé d'occident, pour garder et desservir les Lieux Saints (1). Depuis cette époque, la Basilique n’a subi aucun changement bien notable, jusqu'à nos jours.

Service de lu Basilique. — Les Franciscains et les lhétérodoxes Arméniens, cophtes et Grecs ont le droit d’orner leurs sanctuaires respectifs et d’y faire brûler des lampes. Ces quatre Rites seulement, outre leurs chapelles propres, ont aussi leur habitation dans l'intérieur de la Basilique. Comme les portes en sont ordinairement fermées et que les Tures sont en possession des clefs, les Religieux qui y demeurent n'en peuvent pas sortir à volonté et n'ont de communication avec l’extérieur qu'au moyen d’un guichet pratiqué dans la porte d'entrée et par où l’on introduit chaque jour leur nourriture.

Procession quotidienne. — Cette Procession qui se fait, chaque jour, après l'Office des Complies, part de la chapelle des Latins, où elle fait sa première station, à l'autel de la Colonne de la Flagellation.

I. Colonne de lu Flagellation. — Cette Colonne (fragment de la grande Colonne) est en porphyre et mesure très approximativement 2 pieds et 6 pouces de haut. Une fois par an, le mercredi matin de la Semaine Sainte, on ouvre les grilles et on permet au peuple, catholiques et schismatiques de la vénérer de près et de la baiser pieusement.

Les Pères de Terre-Sainte, avec les pèlerins et les catholiques indigènes qui les accompagnent, récitent À haute voix, ou chantent, à chaque Station, une hymne et une Antienne, avec le verset et l'oraison ; et récitent un Pater etun Ave, pour gagner l'Indulgence Plénière ou Partielle, attachée à chaque Station. A la sainte Colonne, il y a Indulgence Plénière.

(1) Tout le monde connait aujourd’hui la lutte six fois séculaire sontenne par les Enfants de saint François, pour la Garde des Saints Lieux !

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La pr' session, laissant la Chapelle des Latins, suit la nef septentrionale de là Basilique, vulgairement appelée les sept areeaus «le 1 Vierge, jour arriver à 25 ou 30 pas à la Prison du Chrit

IL. Prison du Christ. — C'est ici, d'après la tradition, l'emplacement même d'une grotte qui servit de prison à Notre- Seigneur et aux Larrons, pendant qu'on faisait, au Golgotha les apprêts de leur supplice. Cette chapelle, simple et de petite dimension est aux Grecs non-unis (Indulgence partielle).

Sortant de l’Antichambre de la Prison, on tourne à gauche, passant sous la sombre voûte circulaire qui forme le chœur de la Basilique pour s'arrêter, à 15 ou 20 pas, devant la Chapelle arménienne de la Division des Vêtements,

IIL Chapelle arménienne de la Division des Vétements. — Cette chapelle, qui est une des chapelles rayonnantes, se trouve au fond de l’abside : elle est érigée sur le Lieu où les bourreaux se partagèrent les Vêtements du Sauveur. (Indulgence partielle).

Plus loin, à 8 pas seulement, on descend, À gauche, par un vaste escalier de vingt-neuf marches, dans l'église de sainte Hélène que l'on traverse, sans s'arrêter, pour descendre encore, du côté de l'épitre, un escalier de treize fortes marches, taillées dans le roc; et l'on se trouve dans la Chapelle franciscaine de l’Invention de la Sainte Croix.

IV. Chapelle Franciscaine de l'Invention de la Sainte Croir.— Cette Chapelle est très irrégulière : elle compte environ 25 pieds dans sa plus grande longueur. Au premier coup d'œil, il est facile de voir que ce n'était autrefois qu'une citerne taillée dane le roc du Calvaire, à peu près de 80 pieds à l’est du lieu du Crucifiement. C'est là que sainte Hélène fit faire des fouilles, et lorsqu'on fut arrivé au fond de la Citerne, on mit à découvert, les petits instruments du Crucitiement. ninsi que les trois croix: un grand miracle fit distinguer celle de Notre-Seigneur. (Indulgence Plénière). Les Pères Franciscains y célèbrent tous les jours la sainte Messe. On remonte l’escalier des 13 marches et l’on se retrouve dans l'Eglise arménienne de sainte Hélène.

V. L'Eglise arménienne de sainte Hélène. -— Cette petite église est en partie taillée dans le roc: elle est décorée de lampes et d'œufs d’autruche, suspendus à la voûte: elle est sur. montée d'une coupole Soutenue par quatre colonnes. (Indulgence Plénière.). De cette église on remonte le grand escalier de 29 marches, et l'on voit immédiatement à gauche la Chapelle grecque de la Colonne des Impropères,

VL Chapelle grecque de la Colonne des I. Mmpropères. — On croit que ce fragment de Colonne servit de siège à Notre-Sei- &neur, pendant que les bourreaux inhumains le couronnaient d'épines. Cette Colonne est renfermée dans une sorte de cage de fer percée à jour, à travers laquelle on peut la voir et la toucher. C'est un morceau de granit gris, d'assez large diamè-

distance d'environ 20 Pas, On arrive au pied du premier escalier de 18 marches qui mène au Calvaire.

Calvaire. — Le Golgotha que l'on a taillé à dessein, servit de noyau à un édifice distinct qui fut englobé dans la Basilique au temps des Croisades, Ce petit édifice occupe la partie sud-est de la Basilique. Il s'élève à 15 pieds au-dessus du sol et se compose du rez-de-chaussée et d'un étage. La partie supérieure est le Calvaire Proprement dit. L'église du Calvaire est établie, Pour un quart environ, sur la surface du vrai Rocher, et pour les trois autres quarts, sur une plate-forme artificielle. Dans son ensemble, le Calvaire parait presque carré et

VIIL Chapelle franciscaine du Crucifiement. — C'est l'endroit où Notre-Seigneur fut cloué à la Croix (Indulgence Plénière), De là, on passe du côté nord, et l’on s'arrête devant l'Autel grec de la Plantation de la Croix.

VIIL Autel grec de la Plantation de la Croix. — L'ouverture qu'on y voit aujourd’hui, n’est pas celle qui s'y trouvait primitivement. En 1810, les Grecs schismatiques, par une

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profanation sacrilège détachèrent à coups de ciseau le quartier du Rocher véritable où avait été plantée la Croix du Sauveur ; ils formèrent, avec des pierres provenant d'ailleurs, une nouvelle cavité à l'endroit de la première, ce qui en général trompe péniblement les Pèlerins (Indulgence Plénière). Les Francis- Cains possèdent encore un petit autel, adossé au demi-pilastre du fond, entre les deux chapelles du Calvaire, et qui marque le Lieu de lu Descente de la Croix. C'est sur cet autel du Stabat, ou de Notre-Dame des Sept Douleurs, que les prêtres pèlerins aiment à célébrer les saints Mystères: On descend du Calvaire par les 2 escaliers, le premier de 18 marches, et un autre de 19 marches, derrière la porte d'entrée de la Basilique, et l'on s'arrête au pied du Golgotha, devant la Pierre de l'Onction.

IX. Pierre de l'Onction. — C’est là que fut déposé le corps sacré de Jésus, pour y être embaumé, selon l'usage des Juifs. Actuellement, la Pierre de l'Onction, qui appartient en comrun aux Latins, aux Grecs, aux Arméniens et aux Cophtes, est une table rectangulaire, en pierre rouge du pays (et qui couvre le rocher primitif) ornée, à chaque angle, d’un simple pommeau doré. Elle est élevée d’un pied au-dessus du sol et

mesu à: jeu moins de 4 pieds de long, sur 4 pieds 3 pouces de lar: ilgence Plénière). De la Pierre de l'Onction, en

allant à :,.uuhe, côté ouest, on arrive après 20 à 25 pas à la grande Rotonde (1) au centre de laquelle s'élève le Vénérable Edicule du Très Saint Sépulcre.

X. Vénéruble Edicule du Très Suint Sépulcre. — Ce saint Edicule complètement isolé du reste de la Basilique, et élevé de 40 centimètres (2), au-dessus du sol, mesure 8 mètres 25 cent, de long, sur 5 mètres 55 cent de large, et 5 mètres 50 cent. de haut. Il forme du côté occidental de ia Basilique, une chapelle allongée, tournée de l’est à l'ouest, dont le chevet est placé de ce dernier côté, De plus, elle est carrée à l’est et pentagonale à l'ouest. Une porte cintrée, ayant son cintre orné

() La Rotonde mesure 63 pieds de diamètre : elle est entourée de 18 piliers massifs qui soutiennent 2 galeries superposées, chacune de 18 arcades, le tout surmonté d'un: vaste coupole.

(2) Nous avons déjà donné plusieurs fois la mesure exacte du Mtre

de simples festons, s'ouvre dans la façace du saint Monument. La hauteur de cette porte est de 1 mètre 78 cent, et sa largeur de 0, 66 cent. L'intérieur du Monument est divisé en 2 parties: pour le visiter on entre par la porte de la façade dans la. Chapelle de l'Ange.

Chapelle de L'Ange. — Cette chapelle est ainsi nommée parce que, suivant le saint Evangile, ce fut là que l'Ange annonça aux saintes Femmes, la Résurrection du Sauveur, La chapelle est une sorte de vestibue long de 3 mètres 45 cent. et large de 2 mètres 90 cent, 15 lampes suspendues à la voûte y brûlent jour et nuit. Le centre de la Chapelle est occupé par la Pierre de l’Ange.

Pierre de l'Ange. — Ce n'est qu'un fragment de celle qui fermait le Très Saint Tombeau. Cette Pierre, placée sur un piedestal et enchassée dans un cadre de marbre b'ane, forme un dé mesurant 0, 29 cent. sur toutes ses faces, De ln chapelle de l’Ange, une petite porte cintrée, hnute de 1 mètre 33 cent. let large de 0, 66 cent. pratiquée dans le mur-est, conduit dans & Chapelle du T. S, Tombeau de N.S. J.-C.

Chapelle du T. S. Tombeau de N. 8. J.-C — Cette chapelle est longue de 2 mètres 7 cent. sur 1 mètre 93 cent. de large. Les parois intérieures sont revêtues de plaques de marbre blane qui cachent le Rocher véritable. Le T.S. Tombeau qui s'élève de 0,650. : au-dessus du Pavement, est large de 0, 93 cent. et long 4: 1 .aètre 89 cent. I] est inhérent aux parois nord, ouest et est. Le devant et le dessus sont revêtus de marbre de manière À cacher le saint Rocher, entièrement. Au-dessus de la Tombe Sacrée se trouve placée dans le mur des trois côtés n. e. et o. et à 0, 40 cent. de haut, une corniche ou larmier en Pierre rougeâtre du pays, large de 0, 30 cent, qui sert aux Latins pour poser l'autel portati? sur lequel ils célèbrent tous les jours la sainte Messe (1) (Midulgence Plénière).

EE (1) Le service dn T. 8. Tombeau est Commun aux trois Rites, Latins, Grecs

uon-unis ot Arméniens dissidents, Quarante-trois lampes brûlent jour et nuit audessus de la Tombe Sacrée.

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Du Monument du T.S. Sépulcre, en se dirigeant à droite, côté nord, et en passant entre les piliers de la Rotonde, on entre dans la Chapelle franciscaine de sainte Marie-Madeleine,

XI. Chapelle Franciscaine de sainte Marie-Madeleine, — Cette chapelle a été placée sous le vocable de sainte Marie-Madeleine pour perpétuer le souvenir du miracle de l'apparition de Notre-Seigneur à cette sainte Femme. Cette chapelle est ouverte de tous les côtés et n'a rien de remarquable. C’est pour ainsi dire comme l’antichambre de celle de l'apparition de Notre-Seigneur à sa très sainte Mère. Devant l'autel dédié à la Sainte, se trouve le lieu, où d’après la tradition, se tenait le divin Maître (Indulgence Partielle.). Au bout de la chapelle, du côté nord, on monte par 4 degrés dans l'église des Pères Francisrains, sous le vocable de l'Apparition de Notre-Seigneur à sa très sainte Mère.

XIL Apparition de Notre-Seigneur à sa Très Sainte Mère. — C'est ici, d’après la Tradition constante et si pleinement en harmonie avec les sentiments de la piété chrétienne, que notre divin Maitre, avant de se manifester aux saintes Femmes, apparut tout d’abord à sa très sainte Mère! Cette chapelle est appelée vulgairement Chapelle Latine, parce que c’est là que les Pères de Terre-Sainte célèbrent nuit et jour l'office divin. Cette Chapelle contient trois autels. Celui du centre est dédié à la sainte Vierge. (C’est dans cet autel, le seul de tous les Sanctuaires de la Basilique, que l'on conserve le Très Saint Sacrement (Indulgence Plénière),

Celui qui se trouve du côté de l'Evangile est appelé Autel des Reliques. — Cet autel se nomme ainsi à cause du morceau de la vraie Croix qu'on y vénéra jusqu'à 1537. A cette époque, cette Relique si précieuse fut dérobée par les Arméniens schismatiques cs envoyée par eux en Arménie, Les Religieux Franviscains étaient alors en prison par ordre de Soliman qui voulait ainsi se venger sur eux de la destruction de sa flotte par Doria, duc de Gènes.

L'autre de gauche, côté de l'épitre, le premier en entrant, c'est l’Autel de la Colonne de la Flagellation.— C’est d'ici qu'est partie la Procession pour faire ses douze Stations dans la vaste

196 VIE DE LA TRÉS SAINTE VIERGE Basilique, et c’est ici que chaque soir, chants de triomphe et des cantiques e Trinité, du Christ ressuscité e Mère!

elle se termine par des n l'honneur de la sainte t à la louange de sa très sainte

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