L'ASCENSION — BETHPHAGÉ — BÉTHANIE
Les Actes des Apôtres nous ont laissé le récit de la scène divine de l’Ascension de Notre-Seigneur Jésus-Christ, au som met de la Montagne des Oliviers ; récit que le chrétien picux aime à relire et à méditer, avec lu doue espérance de voir un jour, après l'exil de cette vie, son divin Maitre là-haut, dans toute la splendeur de sa gloire !
Sainte Hélène, dans sa pieuse sollicitude pour la décoration des Sanctuaires de Jérusalem, n'eut garde d'oublier le lieu sacré de l’Ascension. Elle ÿ tit construire une belle église, dont l'historien Eusèbe nous parle comme étant une de celles à laquelle la vénérable impératrice avait donné le plus de soins,
Que nous sommes loin aujourd'hui de l'époque si belle de sainte Hélène! Depuis bien des siècles, la splendide Basilique élevée au lieu de l’Ascension n'existe plus. Elle est remplacée aujourd’hui par un petit édifice, bâti autrefois par un musulman et qui sert actuellement de Mosquée aux disciples du Coran.
L'emplacement de l'ancienne Basilique est entouré d'un mur, de sorte qu'il présente l'aspect d'une cour. A l'extérieur, ce mur est adhérent à d'autres constructions où maisons du village, excepté du côté de l’occident ; ct à l'intérieur on voit encore quelques soubassements'des colonnes de la dernière église. Ces soubassements, par la place qu'ils occupent, nous indiquent que l'église élevée là devait être de forme octogonale.
Par une porte regardant l'occident, on pénètre dans l'intérieur du petit édifice sus-mentionné, C'est une petite Mosquée octogonale de 20 à 25 pieds de diamètre, supportant un tambour cylindrique, couronné Par une coupole en maçonnerie. Les parois en sont entièrement nues. Entre le centre et le côté
droit (sud) de la porte d'entrée se trouve le vénérable rocher du vestige,
Vénérable rocher du vestige. — Ce rocher en calcaire dur est encadré dans quatre pièces de marbre blanc ordinaire, Cet encadrement est long de 2 pieds 8 pouces ; large de 1 pied 8 Pouces et profond de 4 pouces, en moyenne. Il porte vers le milieu la suinte eipreinte du pied gauche de Notre-Seigneur. — D'après Ja Tradition, Notre-Scigneur laissa l'empreinte de ses pieds sur la pierre en montant au Ciel. Malheureusement, depuis longtemps déjà, la pierre sacrée de l'Ascension ne possède plus que le vestige du pied gauche...
Chaque année, à la fête de l’Ascension, les Pères de Te Sainte ont le droit d'aller célébrer les offices divins dans la petite Mosquée, sur la sainte Montagne. Dès la veille, la com- Munauté du grand Couvent de Jérusalem s’y tranporte pour célébrer solennellement les vêpres, les complies, avec procession des Litanies des Saints et autres prières qui durent toute la nuit, avec le chant solennel des Matines, suivi de la célébration des saints Mystères !
Bethphagé. — Du mont des Oliviers, il est facile d'aller visiter le sanctuaire de Bethphagé: on suit un sentier dans la montagne se dirigeant vers lorient, et après 8 à 10 minutes, l'on arrive au Sanctuaire, Autrefois, les chrétiens ont dû élever un Oratoire, renfermant Je Rocher vénérable qui servit de
marche-pied au divin Sauveur, lorsqu'il monta sur l’ânesse qui devait le conduire en triomphe à Jérusalem, A leur arrivée en Palestine, les Croisés n'y trouvèrent que des ruines qu'ils relevèrent et le Sanctuaire de Bethphagé fut complètement restauré. Au départ des Croisés, les disciples de Mahomet renversèrent de nouveau ce que les chrétiens avaient reconstruit au prix de tant de sacrifices. Le Sanctuaire de Bethphagé par-
tagea le sort de tant d'autres sanctuaires : il n’en resta que les
rre-
ruines. Couverte d'un amas de décombres que l'incurie des Musulmans avaient laissés sur place, la pierre vénérable resta ensevelie et cachée jusqu'en 1876. A cette époque, on pratiqua des fouilles qui la mirent à découvert : mais près de deux ans se passèrent avant que les Franciscains parvinrent à acheter le terrain qu'elle occupait. Pendant cet intervalle, la pierre eut beaucoup à souffrir des injures du temps. Les Pères de Terre- Sainte purent, à travers les mille tracasse suscitées par les Grecs hétérodoxes, élever une lodeste construction en ce lieu, pour abriter cette Pierre vénérable, Elle a la forme d'un carré irrégulier. Elle mesure 1 mètre 30 cent. dans sa longueur: sa largeur est au nord de 1 mètre 13 cent.; et au sud de 1 mètre 06.; sa hauteur un peu déprimée vers le sud atteint, en moyenne, | mèt, La matière, en tout conforme à celle du sol, se compose d’un calcaire entremêlé de petits silex. Le bloc de Bethphagé, inhérent au sol, à été littéralement convert de peintures et d'inscriptions, mais il a eu beaucoup à souffrir des injures du temps, comme nous l'avons dit plus haut : il est cependant assez conservé pour nous permettre de lire, dans les peintures qui le décorent, le récit du fait évangélique, accompli en ce lieu,
Béthanie. — Du sanctuaire de Bethphagé, continuant le même sentier, on se rend facilement à Béthanie qui n'en est qu'à une faible distance.
Le jour même de son Ascension, Notre-Seigneur, nous dit saint Luc, après avoir renouvelé à ses disciples ses promesses divines, les conduisit dehors et les mena vers Béthanie : et, ayant levé les mains, il les bénit, et en les bénissant il se sépara d'eux et s'éleva au Ciel. Béthanie! où se trouvent de si touchants souvenirs pour l'âme du Pélerin pieux. Le bourg de Béthanie, n'est-ce pas une de ces localités où Notre-Seigneur sc plaisait à aller souvent, parce que là demeurait Marthe Avec sa sœur Marie et leur frère Lazare, famille de bénédiction et que Jésus «imuit !
Les Pères de Terre-Sainte font deux fois par an le grand Pèlerinage de Béthanie, et c'est là que les Pèlerins éprouvent les plus douces émotions.
Lieu. Après done avoir descendu vingt
“Quatre marches, tout usées, on arrive péniblement dans l'an
ti-chambre du vénérains e le rapporte le saint
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La première est la Chambre où se trouvait No quand il ressuscita Lazare. Cette chambre ren Ô
mm & ge 2 4 @ N Le £ œ $
» etaux Prôtres pèlerins lorsqu'ils ÿ viennent dire la sainte Messe, surtout aux deux grands Pé.
ici que Lazare, renfermé d la voix du Seigneur Jésus !
célébrer la sainte Messe sur chambre supérieure.
Là également, les prêtres peuvent un autel portatif comme dans la
En partant du tombeau de Lazare, à quelques pas, on passe à droite devant la Tour de l'ancien couvent de Béthanie. Cette tour qui fortiait autrefois le couvent des Bénédictines a été bâtie par la reine Mélissende, femme de Foulques d'Anjou. Ce ne sont plus que des ruines, mais dont une partie s'élève encore à la hauteur de 25 à 30 pieds et qui attirent toujours les regards de ceux qui visitent Béthanie, pour une première fois.
En même temps qu'on passe à droite devant les ruines de la Tour, on a devant soi l'Emplacement de la muison de Lazure, de Marthe et de Marie-Madeleine. Ce saint Lieu, où Notre-Seigneur a reçu si souvent l'hospitalité, est un des premiers qui servit d'église aux chrétiens... Au temps des Croisades, Béthanie n'avait qu'une seule église, avec un couvent appartenant aux chanoines du Saint Sépulcre, , appelé couvent de Saint-Lazare. En 1138, la reine Mélissende leur donna en échange le village de Thécua, patrie du prophète Amos. Ensuite la reine le donna à l’abbaye de Sainte-Anne, où était une de ses sœurs, appelée Ivette ou Judith. Après la mort de la première abbesse nommée Mathilde, Mélissende flanqua le Couvent d’une forte tour pour le prémunir contre les déprédations des Arabes, y attacha les revenus de Jéricho et y plaça sa sœur Ivette comme supérieure. Mais en 1187, date de lugubre mémoire, tout fut dévasté par les Sarrasins, et les Religieuses se réfugièrent à Saint-Jean d'Acre.
L'emplacement de cette vénérable Maison fut acheté en 1868, par la Marquise de Nicolaï, qui le donna aux Pères de Terre-Sainte. Actuellement, il ne reste plus que quelques débris de l’ancienne église.
C’est ici que les mêmes Pères ménagent aux Pèlerins un petit repos et leur offrent, aux deux jours du grand Pèlerinage, une modeste réfection, en attendant la fin des cérémonies au saint Tombeau, pour se rendre en procession, à 10 minutes de marche, dans le désert vers l'orient, à la Pierre du Colloque.
Pierre du Colloque. — Cette pierre est ainsi nommée parce que d’après la Tradition, c'est ici que Jésus s'était assis, quand il tint avec Marthe le dialogue si touchant que saint Jean rapporte au chapitre onzième de son Evangile. Cette pierre est
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Un morceau de silex mêlé au calcaire, longue d'environ 3 pieds sur 2 pieds de large,
Tels sont les Sanctuaires et autres Lieux vénérables que l'on peut visiter, lorsqu'on fait l'ascension de la sainte monta- £ne des Oliviers, à l'orient de Jérusalem la Ville Sainte !