‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 54 sur 65 · LA SÉPULTURE DE LA TRÈS SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

LA SÉPULTURE DE LA TRÈS SAINTE VIERGE

I fallut que la ve matière spéciale les Ap les dans leur afflietion

tu divine conssât et fortifiât d'une tres, les diseiples.et tant d'autres tidèextrême, afin qu'ils ne se laissassent Pot entièrement abattre et que quelques-uns même ne mourussent de la-deuleur que leur causa la mert-de | Marie; car la-certitude qu'ils avaient cette perte en la vie présente, ne leur Perinettait aucun soula- Sement. La privation de çe trésor était sans compensation possible: comme: la-très-douce et très charitable conversation de cette grande Reine leur avait ravi le cœur, se voyant privés d'une telle Proteetrice et d'une telle compagnie, is se trouvèrent en quelque sorte sans-âme et.sans vie. Mais je Seigneur qui connaissait la eause d'une si juste douleur. les assista et les eacouragea secrètement Par 88 vertu divine, afin qu'ils-me suc- “ombassent point à l'excès de ie sent de ce qu'il était convenable de sa très sainte Mère, et constances.

a bienheureuse de ne pouvoir réparer

ur douleur, et qu'ils s omeupasde faire pour le corps vinginal de tout ce que séclamaient jes cir-

Après ce divin secours les sainte Apôtres, que regardaiemt particulièrement Les meswres à premdre, décidèrent entre eux qu'il fallait donner la sépulture

au très saint corps de leur Reine. Ils lui destinèrent dans la vallée de Josaphat un

sépulere nouveau, qui y avait été préparé par une disposition mystérieuse de la providence de son très saint Fils. Et les Apôtres se souvenant que le corps déifié du Seigneur lui-même avait été enveloppé dans un linceul avec des aromates selon la coutume des Juifs, il leur sembla qu'il fallait faire de même à l'égard du corps de sa bienheureuse Mère, sans penser alors à autre chose. Or, voulant exécuter ce dessein, ils firent venir les deux filles qui avaient assisté notre auguste Reine durant la vie, et qui étaient héritières du trésor de ses deux tuniques ; et ils leur crdonnèrent d'envelopper avec la plus respectueuse circonspection, dans un lineenl enduit de parfums précieux, le corps de la Mère de Dieu, atin de le mettre ensuite dans le eercueil. Ces filles entrèrent, pénétrées d'une sainte et profonde vénération, dans l'oratoire où la vénérable défnnte était sur son lit: mais la splendeur dont elle-était revêtue les arrêta et les éblogit de telle sorte qu'elles ne purent toucher mi voir le eorpssaeré, ni savoir en quel lieu déterminé il se trouvait. Elles srtiremt de l'oratoire avec plus de crainte et plus &e vénération qu'elles n'y étaient entrées, et rapportèrent toutes saisies d'étomnement aux Apôtres ce qui leur était arrivé. Ils convinrent (non sans inspiration du Ciel) qu'on ne devait peint traiter cette Arehe saerée du Testament suivant les règles communes. Ensuite saint Pierre et saint Jean entrèrent dans le même oratoire, remarquèrent la splendeur et entendirent en même temps 14 musique céleste des Anges qui chantaient: Ave Maria, gratiu plena, Dominus teewm. 11 y en avait d'autres

qui disaient : Vierge uvant l'enfuntement, Vierge dans l'em- 1 g : a

fantement, et Vierge après l'enfuntement. Et des lors beaucoup de fidèles de la primitive Eglise répétèrent avec dévotion ce divin éloge de la très pure Marie: dès ce temps-là, la Tradition l'a transmis jusqu'à nous qui le proclamons aujourd'hui, et la sainte Eglise l'a confirmé. Les deux Apôtres saint Pierre et saint Jean restèrent quelque temps comme ravis en admiration de ce qu’ils entendaient et voyaient autour du corps sacré de la Reine de l'univers; et pour délibérer sur ce qu'ils devaient faire, ils se mirent à genoux et prièrent le Seigneur de le Jeur manifester. Ils entendirent aussitôt une voix qui leur dit

Qu'on ne découvre et qu'on

ne touche point ce Corps virginal.

Ils connurent Par cette y

oix la volonté divine ; ensuite ils » et la splendeur s'étant tempérée, ils tait le corps virginal, et les deux avec une vénération inexprimable e qui l’enveloppait, le soulevèrent

» Puis déposèrent dans le cercueil cet inestimable trésor. Ils

S le firent sans aucune difficulté, car ils ne sentirent aucun poids ;

Chaïent senlement Ja tunique d'une manière Presque imperceptible, Quand le Corps eut été mis dans le cercueil. sn splendeur se tempéra encore davantage, de sorte que tous les assistants Purent voir et observer de leurs Propres Yeux la beauté du visage et des mains de la bienheureuse Vierge, le Seigneur le disposant ainsi pour leur commune consolation, Mais sa toute- Puissance se réserva si exclusivement cet Auguste Tabernacle de sa demeure, soit en la vie, soit en la mort, que personne n’en vit que ce qui est nécessaire pour Ja Conversation humaine, à savoir son très modeste visage afin qu'on la reconnût, et ses mains avec lesquelles elle travaillait,

Ensuite les Apôtres songèrent à la sépulture, et par leurs soins, aidés de Ja dévotion des fidèles alors réunis en nombre à Jérusalem, ils se procurèrent beaucoup de flamt à l'égard desquels il arriva une merveille: c'est qu'étant tous allumés ce jour-là et les deux suivants, il n'y en eut aucun qui s'éteignit ni qui se consumât même en partie,

Or, afin que cette merveille et plusieurs autre Puissant opéra en cette occasion fussent plus notoires pour tout le monde, la divine Majesté poussa tons les habitants de la ville à se rendre aux funérailles de sa très sainte Mère, et à Peine resta-t.i] dans Jérusalem un seul Juif où un seul Gentil qui n'accourût à la nouvelle de ce spectacle. Les Apûtres levèrent le très saint Corps qui était le Tabernacle de Dieu ; nouveaux Prêtres de la Loi évangélique, ils portaient sur leurs épaules Je Propitiatoire des divins oracles et des faveurs

célestes ; puis ils partirent du Cénacle dans le plus bel ordre, traversant la ville Pour aller à la vallée de Josaphat, et c'était

grand beaux,

s que le Tout-

là le convoi visible pour les habitants de Jérusalem. Mais il y en avait un autre invisible, c'était celui des courtisans du Ciel, En premier lieu s'y trouvaient les mille anges de notre auguste Reine continuant leur musique céleste, que les Apôtres, les disciples et beaucoup d'autres personnes entendaient et qui dura pendant trois jours avec la plus douce et la plus admirable harmonie. Il descendit aussi des hauteurs du Ciel une multitude innombrable d'autres Anges avec les anciens Patriurches et les Prophètes, notamment saint Jonchim, sainte Anne, saint Joseph, sainte Elisabeth, saint Jeun-Baptiste et un grand nombre d'autres Saints que notre Sauveur Jésus envoya de l'empyrée atin qu'ils assistassent aux funérailles de su bienheureuse Mère.

Tout ce convoi du ciel et de la terre, invisible et visible, marcha accompagnant le Corps sacré; et il arriva tant de miracles durant le trajet que le récit m'en arréterait trop longtemps, Je dirai seulement que tous les malades qui se présentèrent et en très grand nombre, furent parfaitement guéris, quelles que fussent les maladies, Beaucoup de possé.lés furent déiivres sans que les démons osassent attendre que les personnes dont ils s'étaient emparés s'approchassent du très saint corps. Il y eut quelque chose de plus merveilleux encore dans la conversion d'un grand nombre de Juifs et de Gentils: car

les trésors de Ja divine miséricorde s'ouvrirent pour les chsèques

de la bienheureuse Marie, et par là bien des personnes obtinrent la connaissance de Notr “Seigneur Jésus-Christ, se mirent à le confesser à haute voix pour le vrai Dieu et pour le Ré lempteur du monde, et demandèrent er même temps le baptéme, De sorte qu'après les funérailles, les Apôtres et lisciples employèrent plusieurs jours à catéchiser et à baptiser €

se convertirent ce jour-là à la foi véritable. Les A}

portant le vénérah Corps, éprouvèrent des effets merveilleux de la divine lumière et reçurent des consolations célestes, auxquels Jes disciples participérent av proportion. Tous ceux qu assistaient au convoi sentant le parfum délicieux que le très saint corps exhalait, entendant la musique mystérieuse des

anges, et remarquant plusieurs autres faits prodigienx, éturent

saisis d'étonnement et avouaient hautement que Dieu faisait éclater sa grandeur et sa Puissance en cette créature; et en témoignage de leurs sentiments, ils se frappaient la poitrine avec la plus vive componction, Ils arrivèrent au lieu o

saints Apôtres et les disciples s'en retournèrent au Cénacle en arrosant le chemin de leurs larmes. La très douce odeur que le corps de notre grande Reine avait répandue dans toute cette maison s'y fit sentir ur an entier et elle se conserva plu-

+ Ce Sanctuaire continua à être

autres châtiments qu'ils leur ce bienfait inestimable,

Les Apôtres décidèrent dans le Cénacle que quelques-uns d’entre eux et les disciples resteraient auprès du saint sépulere de leur Reine, tant que l'on y entendrait la musique céleste, car ils attendaient tous la fin de cette merveille. Cette décision prise, les uns s'employèrent aux affaires qui regardaient l'Eglise, à catéchiser et à baptiser les néophytes: les autres se rendirent aussitôt au sépulere et tous le visitèrent durant ces trois jours, Mais saint Pierre et saint Jean répétaient et prolutigeaient leurs visites plus que tous les autres, et quoiqu'ils

allassent quelquefois au Cénacle, ils se hâtaient de regagner aussitôt le lieu où était lenr trésor et leur cœur,

Les animaux irraisonnables ne manquèrent pas non plus aux funérailles de la Reine de l'univers; car au moment où son Corps virginal approchait du sépulere, on vit de l'air une infinité de petits oiseaux et d’autres plus grands, et des montagnes voisines plusieurs bêtes sanvages qui accouraient précipitamment au sépulcre : les uns par des chants lugubres, les autres par de tristes burlements, tous par des mouvements de dou-

leur, manifestaient à leur manière leurs regrets, comme s'ils

eussent senti la perte commune. Il n'y eut que quelques Juifs incrédules, plus durs que les rochers et plus cruels que les bêtes féroces, qui ne se montrèrent pas plus touchés de la mort de leur Réparatrice qu'ils ne l'avaient été de celle de leur divin KRédempteur !

OHAPITRE TRENTSSIXIEME

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