LE COURONNE 4NT DE LA T.S. VIERGE DANS LE CIEL
Lorsque notre Sauveur Jésus-Christ }.s8 cungé de ses diseiples pour aller souffrir, il leur dit que leur cœur ne devait point se troubler pour les choses qu'il leur avait dites, parce qu'il y avait pl. ieurs demeures dans la maison de sop 8, qui est la béatitude, 11 les assurait par là qu'il y avai: 4 places e* des récompenses pour tous, malgré la différences de leurs mérites et de leurs bonnes œuvres : et leur enseignait que personne ne devait se troubler, ni s'afiger, ni perdre la paix et l'espérance, en voyant son prochain favorisé de plus de grâces, ou plus avancé dans la vertu, parce qu'il y a beaucoup de degrés dans la maison de Dieu, où chacun sera content de la place qu'il occupera, sans porter envie aux autres, Et c'est là un des grands bonheurs de cette félicité éternelle, J'ai dit que l'auguste Marie fut élevée au degré suprême sur le Trône de la très sainte Trinité, et je me suis souvent servie, pour rapporter des mystères si grands, d’une expression qu'ont aussi employée les Saints et inême les divines Ecritures. Cette remarque pourrait suffire: toutefois j'ajoute, pour ceux qui sont moins savants, que Dieu étant un très pur esprit sans Corps, ét en même temps infini, immense et incompréhensible, n’a pas besoin d’un trône matériel ; car il remplit toutes choses, il est présent chez toutes les créatures, aucune ne le comprend
ou ne l'environne, mais, au contraire, il les comprend et les renferme toutes en lui-méme. Les Scints dans le ciel ne voient pas non plus la Divinité avec les yeux corporels, mais avec les yeux de l'âme; néanmoins, comme ils la regardent en un endroit déterminé (je recours à cette figure matérielle pour me faire mieux entendre), nous disons qu’elle est sur le Trône où la très sainte Trinité tient son siège, qnoiqu'elle possède en elle-même la gloire, et qu'elle la communique en elle-même aux Saints. Quant à l'humanité de notre Sauveur Jésus- Christ et à sa très sainte Mère, je ne nie point qu’ils n'occupent dans le Ciel un lieu plus éminent que les autres Saints, entre les Bienheureux qui y seront en corps et en âme; car il y aura un certain ordre d’après lequel ils seront plus ou moins près de Notre-Seigneur Jésus-Christ et de notre auguste Reine ; mais ce n’est pas ici que je dois déclarer comment cela arrive dans le Ciel.
Or, nous appelons Trône de la Divinité cet endroit où Dieu se manifeste aux Saints, comme cause principale de la gloire, et comine Dieu éternel, infini, qui ne dépend de personne, et de la volofté duquel toutes les créatures dépendent: il se manifeste comme Seigneur, cemme Roi, comme Juge et comme Maître de tout ce qui a l'être. Notre Rédempteur Jésus-Christ a cette dignité en tant que Dieu par essence, et en tant qu'homme par l'union hypostatique par laquelle la Divinité s’est communiquée à l'Humanité sainte : c’est pourquoi il est dans le Ciel comme Roi, comme Seigneur et comme Juge suprême, et quoique la gloire et l'excellence des Saints surpassent infiniment tout ce que l'esprit de l’homme peut concevoir, ils n'y sont que comine serviteurs infiniment inférieurs à cette Majesté inaccessible. Après notre Sauveur Jésus-Christ la bienheureuse Marie participe à cette excellence à un degré inférieur à son très saint Fils, d’une manière spéciale, ineffable et proportionnée à sa condition de simple créature immédiate au Dieu-Homme; elle est debout, toujours à la droite de sun Fils, comme Reine et Maîtresse de tout ce qui est créé, étendant son empire jusqu'où s'étend celui de son Fils lui-même, quoique ce soit d’une autre manière,
L'auguste Marie ayant été placée sur ce Trône très éminent, le Seigneur déclara aux Courtisans du Ciel les privilèges dont elle jouissait par cette participation à la Majesté du Très-Haut, Comme premier principe de tout, la personne du Père éternel dit done en s'adressant aux Anges et aux Saints : « Notre Fille Marie est l'objet que notre volonté éternelle a choisi et possédé entre toutes les créatures ; elle fait nos premières délices ; elle n'a jamais déchu du titre ni dégénéré de l'être de Fille que nous lui avons donné dans notre entendement divin, et elle a droit sur notre royaume, dont elle doit étre reconnue et couronnée pour légitime Maîtresse et pour Reine unique.» Le Verbe incarné dit: « Toutes les créatures qui ont été par moi créées et rachetées appartiennent à ma Mère véritable et naturelle : elle doit être la Souveraine légitime de tout ce dont je suis Roi.» Le Saint-Esprit dit: « Pur le titre de mon Epouse, de mon unique et de mon élue, auquel elle a correspondu avec fidélité, la couronne de Reine pour toute l'éternité lui est également due. »
Ensuite les trois Personnes divines mirent sur la tête de l'auguste Marie une couronne de gloire si magnifique et d'une splendeur si nouvelle, qu'on n’en a vu et qu'on n’en verra jamais une semblable sur la tête d'aucuue autre simple créature, Au même moment sortit une voix du Trône qui disait: «Notre Bien-Aimée et notre Elue entre les créatures, notre Royaume est le vôtre; vous êtes la Reine et la Maîtresse des séraphins, de tous nos ministres les anges, et de toute l’universalité de nos créatures. Commandez et réynez sur elles ; Car, dans notre consistoire suprême, nous vous donnons la domination, l’empire et la majesté. Etant pleine de grâce au-dessus de tous, Vous vous êtes humiliée en votre Propre estime jusqu'au rang le plus bas ; ocCupez maintenant le rang suprême qui vous est dû, et recevez, par une délégation de notre autorité divine, le domaine sur tout ce que nos mains ont formé, par notre toute- Puissance. Du haut de votre Trône, vous commanderez jusqu'au centre de la terre : et, par le pouvoir que nous vous donnons, vous assujettirez l'enfer, tous ses démons et tous ses habitants; ils vous craindront tous, comme la souveraine Impératrice des abîmes, sombres demeures de nos ennemis,
Vous règnerez sur toute la terre, sur tous les élements et sur toutes les autres créatures. Nous mettons entre vos mains et nous soumettons à votre volonté les vertus et leseffets de toutes les causes, leurs opérations, leur perpétuité, afin que vous disposiez des influences des cieux, de la pluie, des nuées, des fruits de la terre, et que vous distribuiez tout cela à votre gré, par une dispensation à laquelle notre volonté sera attentive pour exécuter la vôtre. Vous serez la Reine de tous les mortels, auxquels vous pourrez soit envoyer la mort, soit conserver et prolonger la vie. Vous serez l’Impératrice de l'Eglise militante, sa Protectrice, son Avocate, sa Mère et san Maîtresse. Vous serez la Patronne spéciale des royaumes catholiques, et si les fidèles et tous les enfants d'Adam vous invoquent du fond de leur cœur et vous servent fidèlement, vous guérirez leurs maux, et vous les secuurrez dans leurs épreuves et dans leurs besoins. Vous serez la Protectrice, le Soutien, l'Amie de tous les justes nos amis ; vous les consolerez, vous les fortifierez et les comblerez tous de faveurs, suivant qu'ils les mériteront par Jeur dévotion. Pour tout cela, nous vous faisons la Dépositaire de nos richesses, et la Trésorière de nos biens ; nous mettons en vos mains les secours de notre grâce, afin que vous les dispensiez; nous ne voulons rien accorder au monde que ce ne soit par votre entremise, et nous ne voulons rien refuser de ce que vous accorderez aux hommes. La grâce sera répandue sur vos lèvres, pour tout ce que vous voudrez ordonner dans le ciel et sur la terre; les anges et les hommes vous obéiront partout, parce que tout ce qui est à nous est vôtre, comme vous avez toujours été nôtre ; et vous règnerez avec nous pendant toute l'éternité. »
En exécution de ce décret et de ce privilège accordé à la Reine de l'univers, le Tout-Puissant commanda à tus les courtisans du Ciel, Anges et hommes, de rendre obéissance à l'auguste Marie et de la reconnaître pour leur Reine. Cette merveille renfermait un autre mystère, et c'est que la divine Mère était ainsi récompensée de la profonde humilité et du culte de vénération avec lesquels elle avait honoré les Saints lorsqu'elle était au nombre des voyageurs et qu'ils lui apparaissaient
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(comme on a pu le remarquer dans tout le cours de cette histoire) quoiqu'elle fût Mère de Dieu lui-même, et pleine de grâces au-dessus de tous les anges et de tous les saints. En effet, quand notre grande Souvernine vivait sur la terre, il était convenable pour son plus grand mérite qu’elle s'humiliât devant eux tous, parce qu'ils étaient compréhenseurs (jet Parce que le Seigneur l'ordonnait de la sorte; mais À présent qu'elle se trouvait en possession du royaume qui lui appartenait, il était juste que tous lui rendissent leur culte, et reconnussent leur infériorité et leur sujétion. C'est ce qu'ils firent dans ce très heureux Etat, dans toutes les parties duquel règnent l'ordre, la proportion et l'harmonie. Les Esprits angéliques et les âmes des saints rendirent cet hommage dans la même forme qu'ils avaient reconnu et adoré Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec une crainte etun respect religieux, honorant sa divine Mère proportionnellement d’un culte semblable ; et les saints qui étaient en corps et en âme dans le Ciel se prosternèrent et révérèrent leur Reine par des actes corporels. Toutes ces démonstrations et le couronnement de l'Impératrice des Cieux lui procurèrent une gloire ineffable, transportèrent les Saints d’une nouvelle allégresse, et furent très agréables à la très sainte Trinité ; de sorte que ce jour fut en tout solennel, et répandit dans le ciel une nouvelle gloire accidentelle. Ceux qui en reçurent le plus, ce furent son très chaste époux saint Joseph, saint Joachim, sainte Anne et tous les autres parents de notre auguste Reine, et encore les mille anges de sa garde. En contemplant le corps glorieux de la grande Reine, les Saints découvrirent sur sa poitrine la forme d’un petit globe lumineux d'une beauté et d'une splendeur singulières, qui leur causa et leur cause encore une admiration et une joie incomparables, Et c’est comme une récompense et un témoignage de ce qu’elle à conservé dans son cœur, comme dans un digne sanctuaire, le Verbe incarné sous les espèces sacramentelles et de ce qu’elle l'avait reçu si dignement, avec des dispositions si pures et si saintes, sans la moindre imperfection, mais avec une
(1) Compréhenseurs c. à, d. en possession de la gloire éternelle.
souveraine dévotion, avec un respect et un amour tels que jamais aucun saint n’y à pu parvenir, Quant aux autres récompenses qui correspondaient à ses vertus età ses œuvres sans égales, je ne saurais trouver de termes assez propres pour les exprimer; c'est Pourquoi j'en remets la connaissance jusqu’à la vision béatitique, où chacun les découvrira selon qu'il l'aura mérité par ses œuvres et par sa dévotion.
Laissons notre grande Sou eraine à la droite de son divin Fils, où elle règnera pendant des siècles et des siècles, et revenons aux apôtres et aux disciples, qui, sans pouvoir essuyer leurs larmes, entouraient le sépulcre de la bienheurense Marie dans la vallée de Josaphat. Saint Pierre et saint Jean, quiy demeurèrent avec plus d’assiduité, remarquèrent, le troisième jour, que l'harmonie céleste avait cessé, puisqu'ils ne l’entendaient plus; et, éclairés de l'Esprit divin, ils en conelurent que la très pure Mère était ressuscitée et élevée au ciel en corps et en âme, comme son adorable Fils. Ils se communiquèrent leur pensée, et s'y confirmèrent mut uellement ; saint Pierre, comme Chef de l'Eglise, décida qu'il fallait s'assurer du prodige, afin que la réalité en fût manifestée à tous ceux qui avaient été témoins de la mort et de la sépulture de l'auguste Marie. Pour cela il assembla le même jour tous les Apôtres, tous les disciples et les autres fidèles auprès du sépulcre. Il leur exposa les raisons qu'il avait d'attester à l'Eglise la vérité de ce prodige, qui obtiendrait la vénération de tous les siècles, et procurerait une grande gloire au Seigneur et à sa très sainte Mère. Ils approuvèrent tous le sentiment du Vicaire de Jésus-Christ, et par son ordre, ils enlevèrent aussitôt la pierre qui fermait le sépulcre, et y ayant bien regardé partout, ils n'y trouvèrent point le corps sacré de la Reine du Ciel : Sa tunique y était tendue comme lorsqu'elle le couvrait, de sorte qu'on voyait qu'il avait pénétré la tunique et la pierre sans les remuer ni les déranger; saint Pierre prit la tunique et’ aire et les honora avec une juste vénération. Tous les autresfirent de même, convaincus de la résurrection et de l’Assomption de la bienheureuse Marie ; et, partagés entre la joie et la douleur, ils célébrèrent avec de deuces larmes cette mystérieuse merveille, et chantèrent des
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n divin et reveessuyer > Marie , qui y oisième l'entenent que orps et nt leur comme ge, afin ent été . Pour disciosa les rodige, urerait re. Ils rist, et nait le vèrent it tent qu'il dérana avec aincus Marie ; rec de nt des
PSaumes et des hymnes à la louange et à la gloire du et de sa très sainte Mère.
Mais ils restaient tons à regarder le leurs tendres regrets, sans
Seigneur
sépulcre, absorbés dans pouvoir s'en éloigner, jusqu'à ce que l'ange du Seigneur descendit, et se manifestant à eux, leur dit : « Hommes de Galilée, de quoi vous étonnez-vous, et pourquoi vous arrêtez-vous ici ? Votre Reine et la nôtre est maintenant € Corps et en âme dans le Ciel, où elle règne pour toujours avec Jésus-Christ, Elle m'envoie afin que je vous confirme cette vérité, et pour vous dire de sa part qu'elle vous recommande de nouveau l'Eglise, la conversion des âmes et ia prédication de l'Evangile; elle veut que Vous repreniez au plus tôt le ministère dont vous êtes chargés, et, quoiqu'elle soit dans la gloire, elle ne laissera pas de vous assister. » Ces paroles encouragèrent les Apôtres, et dans leurs voyages ils expérimentèrent la protection de notre Charitable Reine, surtout à l'heure de
leur martyre; car »!crs elle leur apparut à tous, et présenta leurs âmes au Seigneur.
On rapporte diverses autres chos rection de la bienheureuse Vierge, pas été manifestées, je ne les écris cette divine histoire, je n'ai n'ai pu dire que ce qui m'a été enseigné prescrit d'écrire,
es de la mortet de la résurmais comme elles ne m'ont point: du reste, dans toute
Pas eu à choisir mes matières et je
et ce qu'il m'a été