‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 102 sur 239 · LIVRE III, CHAP. XI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. XI

sorte parce que la profession est un acte qui demande une grande disposition; et je voyais que le Seigneur la leur donnait. C'est ainsi que je fis faire la profession à vingt-huit religieuses k Paris.

Afin que Ton voie quel bien c'est pour nous de servir le Seigneur, je veux raconter ici l'heureuse mort d'une religieuse Carmélite de cette maison de Paris, appelée Angélique, et fille de M. de Erissac.

Une nuit, pendant que j'étais endormie, autant que je puis en juger, je vis dans ma cellule des yeux de l'esprit une grande lumière ; j'en éprouvai de la crainte, pensant que Dieu m'appelait ; je n'étais point prête, je n'avais point de confesseur, et il m'en eût fallu un pour cette heure. Étant dans cette peine, je connus par une lumière surnaturelle que c'était la sœur Angélique que Dieu appelait à lui. Il lui envoya une maladie bien pénible et qui lui causa de grandes douleurs ; elle montra une admirable patience, et Dieu, en retour, lui donna de grandes consolations et une lumière particulière. Car jusqu'au dernier moment elle nous dit des choses de grande édification, et l'on était consolé de l'entendre. Elle communia plusieurs fois durant le peu de temps qu'elle fut malade. Et peu d'heures avant de mourir, elle reçut Notre-Seigneur dans de grands transports de joie. Elle demanda de nouveau pardon à la communauté, car elle l'avait déjà fait avant de recevoir le saint viatique. Elle prit congé de toutes, non comme une personne qui va mourir, mais comme si elle allait partir pour un autre monastère, disant: Adieu/ et elle ajouta: Donnez-moi la Vierge Marie, Elle resta avec un sourire gracieux; nulle de nous ne croyait qu'elle fût morte, car elle n'avait donné aucun signe qui pût le faire connaître. C'était une âme très-pure, et il paraissait bien qu'elle avait gardé son innocence baptismale.

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