DANS LE SIÈCLE MADEMOISELLE DE FONTEINES-MARANS
Première prieure du Carmel français après les vénérables mères Anne de Jésus et Anne de Saint-Barthélémy.
Mademoiselle de Fonteines-Marans appartenait à une famille qui était originaire de Flandre, et qui, après avoir formé des alliances avec la maison de Luxembourg, s'était, depuis le treizième siècle, établie en Anjou et ensuite en Tour aine. Elle était fille d'Antoine Dubois, seigneur de Fonteines-Marans, près de Tours, et de Marie Prudhomme, fille du seigneur de Fontenay- en-Brie, et sœur de la chancelière de Sillery.
Mademoiselle de Fonteines-Marans naquit à Paris, chez la présidente de Saint-Mesmin qui demeurait auprès de l'hôtel de Soubise, le 17 mai 1578. Le surlendemain, elle fut baptisée dans la chapelle de Braque, sur l'emplacement de laquelle on bâtit depuis l'église des Pères de la Merci , et on lui donna le nom de Magdeleine. Ses parents, qui craignaient Dieu, relevèrent dans la piété. A l'âge de quatre ans,
(1) Cette biographie et la suivante sont extraites delà Vie de la B, Marie de l'Incarnation,
elle fut si frappée de ce qu'on lui dit sur les suites de lamort, à l'occasion d'un enfant qu'on portait en terre, qu'elle conçut du dégoût pour les vanités du monde. Lorsqu'on mettait un peu plus de recherche qu'à l'ordinaire en l'habillant, elle disait: A quoi bon tout ceci, -puisqu'il faut mourir? Dès qu'elle sut lire, elle commença à réciter le petit office de la sainte Vierge. Elle aimait déjà à s'entretenir avec Dieu dans la prière, et elle disait : Qu'il est bon de l'aimer et de communiquer avec lui! Elle avait de la douceur pour tous ceux qui l'approchaient, du respect pour les personnes consacrées à Dieu, et de la charité pour les pauvres. A l'âge de dix ans, elle se sentit portée à faire des pénitences corporelles ; elle était patiente dans les contradictions; et cette vertu parut en elle à l'occasion d'une femme de chambre qui la maltraitait. On lui fit faire de bonne heure sa première communion : quand elle eut goûté le pain des Anges, elle y trouva de telles délices, qu'elle voulut recevoir fréquemment cette divine nourriture. Ses habits étaient simples et modestes ; et elle s'exerçait à pratiquer tout ce qui pouvait entretenir en elle l'esprit d'humilité. Eile aimait à soigner les malades, lors même que leurs maladies étaient le plus dégoûtantes. Elle s'occupait aussi du salut des autres. L'intendant de la maison de son père, ayant un jour trouvé mauvais qu'elle fit travailler les pauvres à des ouvrages dont on ne tirait aucun profit, elle lui répondit : Si nous perdons de l'argent, nous gagnons des âmes.
Le désir de servir Dieu avec plus de liberté lui inspira le dessein d'embrasser la vie religieuse. Elle s'occupait de ce dessein, et elle avait déjà des mes sur l'ordre des Capucines qu'on établissait alors, lorsque M. de Bérulle fit un voyage à Marmoutier pour y traiter de la cession du prieuré de Notre-Dame-