‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 118 sur 239 · LIVRE III, CHAP. XVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. XVI

momie la gloire et le pouvoir de leur libérateur. L'Église n'avait point de contrée où le nom de Martin ne fût célèbre et où ce nom invoqué n'opérât des miracles. Ainsi, la puissance de miracle de ce grand Saint rayonnait depuis son tombeau jusqu'aux extrémités de la terre. Voilà ce que Térèse contemple du regard de la foi, et ce qui imprime un dernier essor à sa dévotion envers le saint évêque de Tours (1).

,'l) En vain, au siècle passé, l'impiété, armée de la puissance de l'enfer, a-t-elle effacé du sol cette basilique, l'orgueil et la perle de la Touraine et des Gaules; en vain a-t-elle fait disparaître jusqu'à ses ruines; en vain a-t-elle tenté d'ensevelir dans une ombre éternelle ce tombeau glorieux, afin de faire périr dans la mémoire du peuple le souvenir du passé, et de détruire jusque dans sa racine le culte du grand saint Martin dans les siècles à venir. Tentative impuissante de l'antique serpent; triomphe éphémère qui va retomber sur sa tête en poids éternel d'ignominie ! Tout ce resplendissant passé de saint Martin est resté debout. Le livre d'or où ses miracles sont écrits est ouvert aux yeux de l'Eglise, du ciel et de la terre ; et les innombrables légions de fidèles en qui et pour qui il a opéré ces miracles sont debout devant le trône du Dieu vivant, les attestant, les proclamant dans les transports d'une ineffable reconnaissance. Ainsi les pages de cette histoire, inaccessibles au dard du vieux serpent, brillent d'un éclat immortel, racontant au ciel et à la terre, aux générations présentes et aux générations futures, la gloire du saint évêque de Tours. La figure de ce grand Saint demeure radieuse, malgré cette fumée de l'enfer qui a passé devant elle. Pas un diamant n'est tombé de la couronne de saint Martin. En faisant disparaître tout vestige de son tombeau, l'ennemi avait cru que les ombres qu'il avait épaissies autour de lui le déroberaient à jamais aux regards humains. Et voilà qu'à un moment marqué un rayon de lumière du ciel est venu dire : « Ce tombeau est là ! » et il a reparu aux regards de toute la Catholicité attendrie ! Quant à la Basilique, elle se relèvera avec toute la gloire des anciens jours. Un moment viendra, et la définition de l'Immaculée Conception et le concile œcuménique présidé par Pie IX semblent nous dire qu'il n'est pas loin, où, en présence du déploiement du pouvoir de Dieu au sein de nos sociétés, la foi se rallumera dans les âmes. Les catholiques, embrasés de zèle. prendront alors en main la cause de Dieu et de son Eglise; et l'on verra une noble prodigalité de dons conduira rapidement à terme la coustruction de la° sainte Basilique. Honneur donc à la cité de saint Martin qui a commencé cette restauration glorieuse

De son côté, cet immortel Pontife à qui l'Église a donné l'appellation sublime de Perle des Évêques, voit du haut du ciel dans Térèse, fondant et étendant sa réforme, la perle des Vierges apostoliques. A la vue des ardeurs séraphiques qui consument son cœur, et de l'admirable mission qu'elle remplit dans l'Église de Dieu, il la considère avec un étonnement de bonheur, et il se sent porté vers elle par le .mouvement de la prédilection. Les prières que Térèse lui adresse avec une foi si vive achèvent de lui ravir le cœur. C'en est fait; se posant désormais son intercesseur auprès de la Trinité adorable et auprès de Jésus-Christ, il ne cesse de leur demander de tenir sous leur garde et de combler de leurs dons cette magnanime et séraphique Vierge qui ne respire que leur gloire. Et voilà la cause, inconnue à Térèse, des grâces insignes qu'elle reçoit dans l'octave du glorieux saint Martin. Dieu choisit même cette octave pour lui accorder la plus grande grâce de toute sa vie. Écoutons-la elle-même :

a La seconde année de mon priorat à l'Incarnation « d'Avila, dans l'octave de saint Martin, au moment « où le père Jean de la Croix venait de me communier, a Notre-Seigneur réapparaissant dans le fond le plus « intime de mon âme, me donna sa main droite et « me dit : Regarde ce clou, cest la marque et le gage que et dès ce jour tu seras mon épouse ; jvsquù présent, tu ne i l'avais [joint mérité: désormais tu auras soin de mon h honneur, ne vot/ant pas seulement en moi ton Créateur, « ton roi et ton Dieu, mais encore te regardant toi-même « corn/ne ma véritable épouse: dès ce moment mon kon- « nevr est le tien, et ton honneur est le mien. »

Mais la prière du saint évêque de Tours ne se borne

dont nous sommes Ïé8 témoins, et qui formera une des plus bellos pages de l'I'istoire au xix° siècle.

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