‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 119 sur 239 · LIVRE UT, CHAP. XVI · texte numérisé non relu

LIVRE UT, CHAP. XVI

pas à recommander à Dieu la séraphique réformatrice du Carmel. Conservant au ciel toute la sollicitude pastorale qu'il avait sur la terre pour le peuple confié à son zèle, il demande à la Trinité sainte et à Jésus- Christ une petite légion de ces vierges apostoliques, qui stationne près de son tombeau, et qui, de ce centre, répande le feu sacré dans toute la Touraine. Une demande si glorieuse à Dieu est entendue. Et lorsque Térèse entre dans la gloire, elle y voit à la fois les grâces insignes dont elle est redevable à saint Martin, et la fondation du Carmel de Tours arrêtée dans les desseins de Dieu.

Le moment de la fondation venu, Dieu, qui mesure la gloire de ses Saints sur celle qu'il a reçue d'eux, veut traiter son serviteur et son ami saint Martin avec privilège et avec munificence. En effet, il lui plaît de réunir auprès du tombeau de cet ami si cher, si justement nommé la perle des évêques, les perles les plus précieuses du Carmel réformé.

Et d'abord c'est la Bienheureuse Marie de l'Incarnation, la perle et la fondatrice du Carmel de France, et la première Carmélite mise au rang des Bienheureux après sainte Térèse, qui vient jeter les fondements de ce monastère. De même qu'elle avait préparé le premier couvent de Paris, et l'avait disposé à recevoir les six Carmélites d'Espagne, de même elle prépare le couvent de Tours, et le dispose à recevoir la petite colonie envoyée de Paris.

Celle qui en qualité de prieure va gouverner ce nouveau monastère, est également une perle, dont la valeur n'est connue que de Dieu seul. C'est Anne de Saint-Barthélémy, la compagne inséparable de sainte Térèse, celle de ses filles que la Sainte aima peut-être le plus tendrement sur la terre, et entre les bras de laquelle elle voulut reposer durant cette mémorable ex-

îase de quatorze heures qui précéda pour elle la claire vision de Dieu.

Mais sainte Térèse ne se contente pas de députer vers saint Martin l'élite de ses filles, elle intervient encore en personne dans la nouvelle fondation. Jalouse de montrer au saint évoque qu'elle a souvenir des grâces signalées jadis reçues par son intercession, elle n'oublie rien pour que ce Carmel dû à ses prières soit digne de lui et digne d'elle. Elle apparaît à sa chère Anne de Saint-Barthélémy pendant que de Paris elle se rend à Tours. Elle l'encourage et lui promet son appui. Dans le monastère elle se montre à elle par de nouvelles apparitions, lui témoignant le plus maternel amour. Elle la dirige, et établit avec elle l'observance. Par ces fréquentes visites, par ces tendres témoignages de l'affection de la séraphique Mère, Anne de Saint-Barthélémy se croit encore à Avila ou dans quelque autre couvent d'Espagne avec la sainte Fondatrice. Bientôt nous l'entendrons ellemême nous faire la peinture du bonheur qu'elle éprouvait dans le Carmel de Tours.

En 1615, une nouvelle perle vint briller au Carmel du glorieux saint Martin. C'est la Vénérable Mère Magdeleine de Saint-Joseph, la première prieure française du Carmel de Paris, dont plus tard l'Église par un décret solennel déclarera les vertus héroïques. Pendant huit mois, cette grande lumière brille au Carmel de Tours; elle y affermit les traditions de sainteté que la Vénérable Mère Anne de Saint- Barthélémy y a établies.

Enfin une autre perle répand son doux et vif éclat dans ce Carmel privilégié. C'est Marguerite du Saint- Sacrement, la seconde des filles de la Bienheureuse Marie de l'Incarnation. Un seul fait illumine toute la vie de cette Vierge ; sa sainte mère a déclaré que Dieu

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