‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 120 sur 239 · LIVRE III, CHAP. XVI · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. XVI

lui avait fait connaître que sa fille Marguerite serait plus élevée qu'elle dans la gloire du ciel. Pendant six années, Marguerite du Saint-Sacrement habite le Carmel de Tours, les trois premières années en qualité de sousprieure, et les trois dernières en qualité de prieure. C'est deux ans après le retour à Paris de la Vénérable Mère Magdeleine de Saint-Joseph qu'elle prend en main la conduite du couvent.

Le fondateur du monastère est digne de figurer à côté des vierges héroïques qui l'habitent. C'est un noble gentilhomme de Touraine, M. de Fonteines-Marans, un de ces mâles chrétiens à la foi primitive, tels que le grand saint Martin les formait. Il a la gloire d'être parent de la Bienheureuse Marie de l'Incarnation, et il honore ce lien de parenté. Déjà, malgré les luttes de la nature qu'il a vaincue, il a vu entrer deux de ses filles au Carmel de Paris; et toutes les émotions de son cœur de père, dominées par la foi, n'ont fait que rehausser le sacrifice. L'aînée de ces deux filles est cette Magdeleine de Saint-Joseph dont l'Église, comme nous l'avons dit, a déclaré les vertus héroïques. La troisième de ses filles, inébranlablement déterminée à appartenir à sainte Térèse, ne peut, faute de santé, supporter l'austérité de la règle. Alors ce père magnanime, sur l'inspiration et le conseil de sa sainte parente, Madame Acarie, fonde à Tours un monastère où sa fille aura le droit de vivre en qualité de bienfaitrice. Heureux père qui donne trois filles à sainte Térèse, trois épouses à Jésus-Christ, et qui retrouve en elles trois anges qui ne cessent de prier pour lui! Par ce monastère dont il dote la Touraine, il devient l'un des plus magnifiques bienfaiteurs de son pays. Il a part à tout le bien spirituel qui s'y fera jusqu'à la fin du monde. Que d'âmes sauvées de siècle en siècle parles Carmélites de ce monastère! Il sera dans

un étonnement éternel à la me de la fécondité de son œuvre ! Et si la séparation de ses trois filles fit à son cœur de père une blessure, de quel bonheur éternellement renaissant il sera ravi, à la Mie de la gloire dont Jésus-Christ les couronne ï

Tout dans les origines de ce monastère présage le plus heureux avenir. Mais, pour comble de bonheur, il plaît au divin Maître, le jour même de la fondation, de changer l'espérance en certitude. Il promet à la Vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy d'assister d'une manière particulière jusqu'à la fin des temps toutes celles qui entreraient dans ce monastère dont il avait accordé l'érection aux prières de son ami saint Martin de Tours. Consolante promesse qu'il est de la gloire de Dieu de retracer ici telle que la vénérai île Mère Anne de Saint-Barthélémy nous l'a laissée dans son autographe.

« Le dimanche après l'Ascension, lorsque le très- « saint Sacrement fut mis avec la plus grande solen- « nité dans ce monastère de Tours, tandis que je me « préparais à communier, je demandai à Dieu que ce « commencement se fit dans sa grâce, et qu'avec « cette grâce il daignât assister celles de nous qui « étaient présentes, et toutes celles qui viendraient « jusqu'à la fin : alors mon adorable Maître me donna (( une grande assurance qu'il le ferait et qu'il agréait u ma demande. Et depuis ce moment jusqu'à ce jour, (( j'ai vu par expérience cette grâce qu'il nous « accorde, et dans ses effets, et dans les âmes de nos « sœurs. »

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