‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 14 sur 239 · XXVI PREFACE · texte numérisé non relu

XXVI PREFACE

Une si noble, si entière confiance fut justifiée de la manière la plus éclatante. Deux fois, la sainte Gardienne d'Anvers délivra la ville de l'invasion des Hollandais. Ce qui lui a fait décerner le glorieux titre de Libératrice cT Anvers.

C'est dans cette noble cité que Dieu avait marqué le terme de son pèlerinage. Le 7 juin 1020, fête de la très-sainte Trinité, cette séraphique épouse du Dieu des vierges quitte l'exil, dans sa soixante-seizième année, et prend son essor vers la céleste patrie. La fin de cette bienaimée du Seigneur, comme on le ù dernier

livre de cet ouvrage, présente une des scènes les plus majestueuses ex les plus attendrissantes qu'il soit donné à l'oeil du chrétien de contempler.

Ses funérailles sont un véritable triomphe. Tout ce qu'il y a de grand dans les Pays-Bas s'y trouve en personne ou veut y être représenté. Les habitants d'Anvers entourent ce cercueil comme celui d'une mère, d'une sainte, d'une protectrice qu'ils ont an ciel. Ainsi, cette Labrador cilla, e humble bergère, reçoit des honneurs qui surpassent ceux qu'on rendrail fille d"un

roi. C'est qu'on découvre en elle des titres encore plus hauts : dans cette humble vierge, la foi salue et vénère l'héroïque, la séraphique épouse du

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Christ. Aux yeux de la foi, ce manteau blanc, c'est le manteau royal de la sainteté ; ce bandeau qui ceint son front, c'est le diadème d'une vierge assise dans la gloire à côté du Roi des rois. Voilà pourquoi Ton ne peut se rassasier de la contempler, de lui prodiguer les témoignages de la vénération et de se recommander à son crédit auprès de Dieu. Elle est ainsi glorifiée, parce que dans l'Église elle a été une colonne par sa foi, un flambeau par sa sainteté, et une des femmes les plus apostoliques de son siècle par la grandeur de son zèle.

Les miracles qui s'opèrent après son dernier soupir attestent la gloire dont elle jouit auprès de Dieu; et ces miracles ont continué jusqu'à nos jours. Un siècle après sa mort, le 29 juin 1735, lé pape Clément ZvII déclare, par décret solennel, l'héroïsme de ses vertus.-

Dans ces derniers temps, des démarches ont été faites pour sa béatification. Mais le moment marqué par la Providence n'était pas venu : la sagesse infinie de Dieu n'a pas peut-être trouvé les esprits disposés à recevoir le bienfait de cette béatification .

■:s la fin du dernier siècle, Madame Louise de France, prieure du Carmel de Saint-Denis, écrivant au pape Pie VI, lui recommandait avec

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les plus filiales instances les causes de Marie de l'Incarnation, d'Anne de Jésus et d'Anne de Saint-Barthélémy, souhaitant les voir toutes trois

sur les autels. Pie VI lui faisait cotte réponse : e Nous voyons de plus en plus combien vous « êtes touchée des intérêts de la religion et que « vous ne respirez que la gloire de Dieu. Nous le « prierons de nous conduire lui-même par son « esprit de conseil et de sagesse à ce qu'il veut « que nous fassions pour sa gloire, car, vous le « savez parfaitement, l: issue dyune affaire de cette « conséquence pour l'Église n'est en la disposition « d'aucune volonté humaine. »

Non, la canonisation n'est au pouvoir d'aucune volonté humaine ! Des trois servantes de Dieu nommées plus haut, seule, Marie de l'Incarnation est mise au rang des bienheureux par Pie VI, le 10 avril 1791. Dieu a voulu que le Carmel de France fût glorifié le premier, et que la première bienheureuse de l'Ordre, après sainte Térèse, fût une carmélite française. Dieu a montré par là que le Carmel de France, avec le mode de gouvernement que le saint-siégelui avait donné, possédait, autant que Carmel du monde, les éléments nécessaires pour conduire les âmes à la sainteté. Quant aux vénérables servantes de Dieu Anne de Jésus et Anne de Saint-Barthélémy, Pie VI

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