LIVRE III, CHAP. XX
courrier royal apporta jusqu'à la frontière, fut reçu avec enthousiasme par la communauté. Afin de pouvoir l'exposer à la vénération des fidèles, on fit faire une chasse où on le déposa avec plusieurs morceaux des vêtements de la séraphique Mère et du linge trempé dans son sang. Le vénérable chanoine , en procurant au monastère de Tours une si grande faveur, voulait s'acquitter d'une dette de reconnaissance pour les égards dont il avait été l'objet, comme exilé , de la part des religieuses et surtout de la sœur sacristine qui était alors la digne mère Marie de l'Incarnation. L'ardent amour de cette chère mère pour la sainte Réformatrice lui avait inspiré ce désir, que le respectable prêtre se fit un devoir de réaliser.
Dix ans plus tard, cette bonne mère fut mise à la tète de la communauté, et alors un libre champ s'ouvrit à son zèle. Non contente d'avoir déjà travaillé à la glorification de sainte Térèse, elle voulut donner à la bienheureuse Marie de l'Incarnation, sa patronne et à laquelle le Carmel de Tours devait sa fondation, des preuves de sa vénération filiale. A cause des malheurs de la Révolution, la béatification de cette illustre Carmélite n'avait point été solennisée dans la communauté ; elle se fit un devoir d'y suppléer avec toute la pompe possible.
C'est elle désormais qui devient d'une manière plus importante encore l'instrument des bontés de Dieu sur le monastère de la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy et delà bienheureuse Marie de l'Incarnation. Héritière du nom, de la force d'àme, du dévouement et des vertus de ces deux saintes fondatrices, elle marcha constamment sur leurs traces , continua leur œuvre, et ne lui laissa rien perdre de sa perfection. Elle mérite donc à tous les titres que nous tracions ici quelques traits de sa vie.