SUR LA MÈRE MARIE DE L'INCARNATION
La vénérée mère Marie de lTnoarnation appartenait à une iamille bretonne et naquit à Paiinbœuf, diocèse de Nantes, le 9 janvier 1795, presque dans le même temps que les Carmélites de Tours, après une longue détention, étaient rendues à la liberté. L'enfant fut nommée par ses parents Marie-Angélique, et les officiers de la république française voulurent y ajouter un autre nom de leur choix : la Vertu. C'est sans doute par une permission particulière de Dieu que cette enfant de grâce reçut des noms qui devaient si bien la caractériser, car on vit toujours en elle la fille bénie de la Reine du Ciel , un ange de pureté et d'innocence , et une femme forte, capable des plus grandes choses comme des plus héroïques vertus ! Elle fut formée à l'école du malheur, car sa famille fut éprouvée de toutes manières à cette douloureuse époque. Après la Révolution, sa mère, alors veuve, vint se fixer à Tours pour être plus à morne de s'occuper de l'éducation de ses deux enfants; aussi la jeune Angélique comprit-elle le bonheur d'être à Dieu, même avant l'âge où la raison commence à se développer. Elle haïssait les plaisirs du monde, H le Seigneur protégea merveilleusement son innocence contre tous les dangers. De bonne heure encore, il lui manifesta ses desseins. Un soir (elle avait treize à quatorze ans), en passant devant l'église aban-