‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 169 sur 239 · LIVRE IV. CHAP. III · texte numérisé non relu

LIVRE IV. CHAP. III

amené des âmes très-capables, d'un grand esprit intérieur, dessujets accomplis et des rangs de la nobl

la au grand étonnement de tous les mondains. Je tiens pour certain que la Sainte gouverne cette maison et qu'elle en prend un soin particulier, et que Notre- Seigneurfait do même, comme onl'a vu par expérience en plusieurs occasions.

A notre arrivée en cette ville, notre pauvreté était telle que nous n'avions que cinquante florins et encore d'emprunt. Les pères de la Compagnie de Jésus nous donnèrent tout ce qui était nécessaire pour célébrer la première messe, car nous n'avions absolument rien. Les magistrats, tout d'abord, n'étaient pas portés pour nous, et ils voulaient nous renvoyer; mais Dieu a tout aplani de telle manière que ce monastère est estimé de toute la ville. Depuis trois ans que nous sommes ici, il est mieux pourvu pour tout ce qui regarde l'église, que d'autres en dix années. Nous avons acheté le meilleur site de toute la ville. Je n'ai eu ni sollicitude ni peine ; Dieu me donne une foi si vive, une certitude telle que c'est Xotre-Seigneur lui-même qui prend soin de ce couvent, et que la Sainte en est la prieure, que bien souvent je m'imagine que je la sers maintenant encore comme je le faisais quand elle était en vie, et que c'est elle qui fait le reste. J'en ai fait mainte fois l'épreuve.

Ce n'est pas une imagination, mais la vérité, et maintenant même, tandis que j'écris ces pages, j'ai senti qu'elle était avec moi, et que c'est elle qui dirige tout et gouverne à ma place. Dieu m'a donné parla une paix, une consolation qui dépasse tout ce qu'on pourrait penser. L'oraison a été plus continuelle, et Dieu m'y a comblée de plus de faveurs.

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