TIRÉ
DE LA CHRONIQUE MANUSCRITE LU COUVENT d'aNVERS.
Dès son arrivée à Anvers, le 29 octobre de l'an 1612, notre sainte Fondatrice y ressentit les premiers effets de cette amoureuse Providence qui était son appui, dans la citadelle où elle fut logée avec ses compagnes chez don Ignace de Borgia qui, pour lors, en était gouverneur; il y demeurait avec madame Hélène, sa femme. Ils s'estimèrent l'un et l'autre très-heureux de recevoir une personne qu'ils honoraient comme une sainte, et qui était révérée comme telle par tout le monde. La vénérable Mère reçut de ces personnes les témoignages d'une bonté très-particulière, qui est comme héréditaire en leurs très-nobles familles. Et ces soins obligeants ont toujours continué envers la mère et les filles, qui voudraient, en reconnaissance, éterniserlamémoire de leurs insignes bienfaiteurs.
Dieu, aussi, qui prenait à sa charge tout ce qui concernait sa fidèle servante, voulut seconder son désir en cette rencontre, récompensant au centuple les bienfaits qu'elle et ses filles recevaient de ce seigneur. Don Ignace, emporté par la passion du jeu, était en danger de se perdre; il dut l'origine et les progrès de sa con-