LIVRE IV, CHAP. VI
perdre de son intensité, mais il était plus doux; c'était comme un feu qui, sans violence, se consumait doucement en lui-même. Cet amour ne persévère pas toujours de cette manière dans l'àme, mais il va et vient. Pour ce qui est de sentir Jésus-Christ uni à mon âme, la vérité est que bien que je ne le voie pas, je le possède, ce me semble, avec plus de certitude que si je le voyais. Dans le temps où je sens cette précieuse compagnie, il me semble que je n'ai pas le moindre effort à faire pour pratiquer les vertus; l'àme se trouve élevée à un état de simplicité, qui, dans la pratique des vertus, lui rend facile ce qui lui coûtait auparavant. La difficulté est par rapport à l'àme, comme l'eau qui coule sur la pierre sans la creuser.