‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 179 sur 239 · LIVRE IV, CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAP. VI

et la foi de la sainte prieure; il allait montrer dans la malade le pouvoir du Tout-Puissant, la vertu de l'obéissance et le crédit de la vénérabïe mûre Anne de Saint-Barthélémy auprès de Dieu. Parmi tant de personnes qui ont attesté juridiquement le fait, écoutons le témoignage de celle qui fut miraculeusement guérie :

« Lorsqu'il plut à Notre-Seigneur de me visiter par l'atteinte de la peste, je me vis en peu de temps à l'extrémité et sur le point de rendre le dernier soupir. J'avais tout le corps froid et inondé de la sueur de la mort; je sentais en môme temps de telles étreintes de cœur, qu'il me semblait à tout moment que j'allais expirer. Durant cette nuit, il se passa en moi des choses bien notables; j'étais toute résignée à mourir. La sœur qui m'assistait vint me voir : elle me trouva tellement dans les transes de l'agonie, qu'elle en éprouva une grande frayeur; et, me quittant, elle courut donner avis à notre bienheureuse Mère que j'étais sur le point de rendre l'âme. A cette nouvelle, notre bienheureuse Mère chargea cette religieuse de me dire de sa part quelle me dé fendait de mourir . A l'instant même, je sentis qu'elle retenait les mains de Dieu, et que ce grand Dieu ne voulut point accomplir sa volonté en moi, à cause de la fervente prière que lui adressait sa servante. Toutes les angoisses et toutes les douleurs s'évanouirent; je restai dans une grande paix d'àme, et ravie d'admiration à la vue du grand pouvoir qu'avait notre bienheureuse Mère auprès de Dieu. »

Citons quelques autres exemples qui nous montrent que c'était particulièrement en faveur de ses filles que la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy aimait à se servir de son crédit auprès de Dieu. Anne de la Présentation étant encore dans le monde, endurait de grandes et continuelles douleurs de tête. Ayant pris

l'habit du Carinel au monastère d'Anvers, elle se sentit un peu soulagée pendant son noviciat. Mais à partir de la profession, non-seulement les douleurs se renouvelèrent, mais elles devinrent si excessives, qu'elles ne lui laissaient pas un instant de repos. Elle vint un jour toute désolée trouver la bienheureuse Mère. Celleci, émue de compassion, lui fit un signe de croix sur le front, et à l'instant ses douleurs cessèrent, sans plul revenir.

Une autre de ses filles était éprouvée depuis six semaines par des maux de dents si continuels et si violents, qu'elle ne pouvait ni manger, ni dormir, ni prendre un moment de repos. Elle eut recours à la vénérai )le Mère, et la pria de lui donner sa bénédiction: à l'instant où elle la recevait, elle fut entièremeni guérie.

Voici comment la sainte prieure rendit miraculeusement la santé à une autre de ses filles, Marie de Saint-Joseph. Nous empruntons les paroles mêmes de la déposition faite sous serment par cette religieuse :

a Lorsque les sœurs étaient malades, dit Marie de Saint-Joseph, elle les recommandait à Dieu avec tan d'affection, qu'elle passait des nuits entières sans dor mir. Une fois, tandis que j'étais travaillée de la fièvre tierce, elle vint me voir de grand matin, et elle nu dit : Ma fille, je vous ai recommandée à Dieu, et votn fièvre ne reviendra plus. Et il en fut ainsi ; le divin Maître me guérit par ses oraisons. »

Cette charité si tendrement maternelle et toute céleste ne pouvait se concentrer dans le monastère: elle en franchissait le seuil et portait la guérisor et la vie aux personnes étrangères qui imploraient soi secours.

Nous ne pouvons en rapporter que quelques exem-

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