CHAPITRE VII
De son esprit de prophétie.
Le don de prophétie a resplendi en elle avec non moins d'éclat que le don des miracles.
La prophétie est une lumière surnaturelle qui voit non-seulement dans le passé et dans l'avenir, mais encore dans le présent, ce qui ne peut être connu par la lumière naturelle de la raison.
Les visions, les révélations, les apparitions, appartenant à l'esprit de prophétie, il demeure prouvé par le récit delà vénérable Mère, qu'elle a été favorisée de cet esprit depuis les premières aimées de sa vie jusqu'à la dernière limite de sa longue carrière.
Ici nous nous bornerons à citer certaines lumières prophétiques qu'il plut à Dieu de lui accorder; elles suffisent pour nous montrer comment s'est accomplie en elle la prophétie de Joël : Je répandrai mon esprit sur toute chair, et vos fils et vos filles prophétiseront.
A Tours, elle vit l'abbesse de Fontevrault, Éléonore de Bourbon, tante de Henri IV, assistée à sa mort par Noire-Seigneur.
Dans cette même ville, Casilde de Padilla, fille de
l'adelantado de Castille, dont sainte Térèse nous < laissé un si admirable portrait dans le Livre des Fort dations, lui apparut, lui ouvrant son aine et lui faisan part de ses peines.
Là encore elle vit le père Gratien. captif chez le: Maures en Afrique, traité inhumainement par eux sur le point d'être jeté, en haine de la foi, dans un bûcher, et enfin délivre parles prières de quelques femmes mauresques.
Enfin ce fut à Tours qu'elle fut éclairée d'une lumière qu'elle avait eue en Espagne : elle connut qu'après sep ans de séjour elle quitterait la France, et qu'elle irai aux Pays-Bas. Elle vit la maison où elle fonderait ur monastère à Anvers, et mademoiselle de Dompré, k première novice qu'elle devait y recevoir.
A Mons. elle apprit de la bouche même de Notre- Seigneur, que la fondation d'Anvers serait un flambeai qui répandrait sa splendeur et sa lumière dans tout h pays.
Quand elle passa à Marimont, maison de plaisance de l'archiduc Albert et de l'infante Claire-Isabelle Eugénie, apercevant parmi les personnes de la cour une jeune demoiselle, elle arrêta sur elle un regard fixe. L'infante lui en ayant demande la cause, elle répondit : Je la regarde, parce qu'elle doit être religieuse. Cette réponse étonna la princesse, et plus encore la jeune demoiselle, qui était alors fuit loin de penser à l'état religieux. Aussi elle ne put s'empêcher de verser des larmes et de dire : Comment dois-je être religieuse, si je n'en ai point fe désir? — Ne pk \ mademoiselle,
lui repartit la vénérable Mère-, quand vous viendrez rnus présenter pour ':f,>- <•">• le désirerez de tout votre
cœur. En vain elle voulut lutter, la parole prophétique qu'elle avait entendue lui demeurait présente. Enfin elle se rendit à l'appel de la grâce. L'infante écrivit à