‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 185 sur 239 · LIVRE IV, OHAP. VIII · texte numérisé non relu

LIVRE IV, OHAP. VIII

entretenait avec elle un commerce intime de lettres. Elle la consultait pour les affaires les plus importantes, et elle n'entreprenait rien de considérable, sans l'avoir auparavant recommandé à ses prières. Elle la regardait comme ime des plus fermes défenses de ses États. Un de ses ministres lui représentait un jour la nécessité de renforcer les troupes de la citadelle et de la ville d'Anvers, à cause de l'ennemi ; elle lui répondit : Je ne crains rien ni pour la citadelle, ni pour la ville d'Anvers, parce quAnne de Saint- Barthélémy est là, et quelle vaut, à elle seule, plus que toutes les armées du monde.

Quand elle allait faire le siège de Breda, elle s'arrêta à Anvers, entra trois fois au couvent, eut de longs entretiens avec la servante de Dieu, et, se jetant humblement à genoux devant elle, lui demanda sa bénédiction. Elle voulut que la vénérable Mère vînt à la porte de la clôture et que là elle bénit les grands de sa cour et l'élite des officiers qui partaient pour Breda. Recevez, messieurs, leur dit-elle,, la bénédiction d'Anne de Saint- Barthélémy, qui sera votre sauvegarde et le gage de la victoire. Tous, tête inclinée et genoux en terre, reçurent la bénédiction de la servante de Dieu ; et peu de temps après, les catholiques entraient en vainqueurs à Breda.

La renommée de sa sainteté s'étendait dans toute l'Allemagne et les pays du Nord. La catholique Pologne, la patrie des Stanislas et des Sobieski, la révérait comme une des plus saintes âmes qui fussent alors dans le monde. Voici en quels termes le primat de l'Église de Pologne écrivait à cette illustre épouse du Christ :

« Vénérable vierge, consacrée à Dieu, mère et sœur bien-aimée dans le Seigneur,

« Nous avons béni le Dieu du ciel, de ce que dans ce

siècle si éprouvé il a montré au monde en votre personne un très-éelatant flambeau de la vraie piété et de ia vraie sainteté, répandant sa lumière dans l'ordre du Carmel, et de ce qu'il vous a exaltée par les dons les plus riches et les plus rares ornements de la grâce, ainsi que nous l'avons appris de notre bien-aimé et vénérable frère André de Jésus. Nous ne laisserons pas de prier le Père des miséricordes qu'il augmente en vous la grâce, et qu'il reçoive avec bénignité vos prières, auxquelles je recommande ma personne, ce royaume entouré de toutes parts de nations féroces et barbares, le roi que Dieu a placé à sa tête, et la sainte Église catholique dont le vaisseau est agité parla tourmente de si grandes guerres. Je vous prie, vierge consacrée à Dieu, de vous souvenir de nous, dans les prières que vous lui offrez chaque jour. Et plaise au Seigneur de vous conserver longues années, très-brillante étoile de votre saint Ordre, soutien et ornement du peuple chrétien, »

« De Zesneno, ce 2G septembre 1023.

« Père et serviteur dans le Seigneur de votre charité,

« Laurent, arch. primat de Pologne.»

Tandis que le primat de Pologne écrivait avec tant de vénéra lion et de confiance à la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy, le généralissime des troupes polonaises lui adressait de son côté une lettre où, dans les termes empreints de la foi la plus vive et du plus filial respect, il la suppliait de recommander à Dieu et les soldats de la catholique Pologne, et celui qui marchait à leur tète.

Page 1