CHAPITRE IX
En 1022 t?t en 1024. elle empêche, par ses prières, la ville d'Anvers de tomber au pouvoir des Hollandais : ce qui lui fait décerner le glorieux titre de Gardienne et de Libératrice d'Anvers,
Avant de mettre sous les yeux du lecteur le récit de la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy, c'est une justice, ce nous semble, de constater l'intervalle immense qui sépare la Hollande d'alors de la Hollande d'aujourd'hui. Au commencement du xvir9 siècle, la Hollande subissait encore les entraînements de l'hérésie. Le fanatisme de l'erreur exaltant les passions politiques chez ce peuple, il se porta contre la religion catholique à des excès que l'impartiale histoire a enregistrés, et dont nous n'avons pas à parler ici.
Mais au xixe siècle, la Hollande a changé de face. Les catholiques forment un tiers de la population, et le retour à l'unité de l'Eglise s'opère dans les proportions les plus consolantes. Les dissidents actuels ont trop de noblesse de sentiments et sont trop éclairés pour partager cette haine violente d'autrefois. Ils respectent sincèrement la liberté des catholiques, et ils travaillent de concert avec eux à affermir sur des bases solides la prospérité de leur pays. On peut le dire, l'Église catholique est vraiment libre en Hollande. Et s'il est un pays au monde que l'immortel Pie IX entoure
de la sollicitude aimante de son cœur, et qu'il se plaise à bénir, c'est la Hollande. Nul pays ne l'a emporté sur les Hollandais par la munificence du denier de Saint- Pierre, et par le nombre des défenseurs des États du Saint-Siège. Le monde entier sait aujourd'hui, et l'histoire le dira aux siècles les plus reculés, que la Hollande a envoyé à Rome douze cent vingt-quatre zouaves, et qu'un seul diocèse, celui de Harlem, figure dans ce nombre pour six cent quatre-vingt neuf. Leurs faits d'armes, leur héroïsme, leur foi, leur noble sang versé pour le Christ et son Église, formeront la plus belle page de la Hollande au xixc siècle. Elle vivra à jamais dans tous les souvenirs, cette réponse des zouaves hollandais à leur souverain, qui leur demandait : Que feriez-vous si fêtais attaqué? — Nous irions vous faire un rempart de nos corps, et nous vous défendrions comme nous avons défendu Pie IX. On a dit qu'à ces paroles le monarque a versé des larmes d'attendrissement : nobles larmes, qui honorent le prince et l'Église catholique !
En un mot, la Hollande, par tout ce qu'elle a fait pour Pie IX et l'Église, a été saluée par l'admiration et les sympathies du monde catholique. Nous ne pouvons douter, quant à nous, que dans le plan providentiel la Hollande, ainsi que l'Angleterre, ne soit réservée à de grandes destinées. Quand ces deux peuples mettront au service de l'Église les grandes qualités que Dieu leur a données, ils seconderont merveilleusement la marche de l'Évangile dans le monde.
Écoutons maintenant le récit de la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy.
« Relativement à ces affaires de la guerre, il s'est passé en moi des choses très-véritables.
« Le jour où Maurice de Nassau, prince d'Orange, se mit en marche à la tête d'une grande armée, dans la ferme résolution de prendre Anvers, il fit placer la plus