‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 189 sur 239 · LIVRE IV, CHAP · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAP

leurs barques, leurs échelles et autres instruments.

Ce miracle, ainsi que le précédent, après une trèsmûre information, fut vérifié et approuvé par Mgr Maldénis, évoque de ce lieu.

Ce fut ainsi que Dieu, par sa grande bonté, daigna seconder le zèle qu'avait sa fidèle servante pour la défense et la conservation de cette ville, dans les plus grands dangers de sa ruine. C'était aussi pour son bien et son utilité que la sainte prieure exhortait si souvent ses filles à offrir leurs prières, estimant que, puisqu'elles en mangeaient le pain, il était juste qu'elles le payassent pat leur intercession auprès de Dieu. Et comme elle possédait parfaitement la vertu de reconnaissance, on ne peut exprimer combien elle estimait la moindre charité qu'on lui faisait; c'est ce qu'elle a imprimé dans l'esprit de ses filles, lesquelles en toute rencontre du moindre besoin de cette ville ont recours à leur vénérable Mère, au tombeau de laquelle elles la prient instamment de faire après sa mort ce à quoi elle s'est portée avec tant de zèle pendant sa vie, et leur foi n'a pas été frustrée de son attente, ainsi qu'elles l'ont expérimenté en diverses rencontres. Quant aux secours miraculeux que les citoyens de cette ville méritent de recevoir journellement parle manteau qu'elle a porté, et par un peu de terre tirée du lieu où repose son corps, nous en traiterons plus amplement autre part. Ils sont néanmoins une preuve suffisante de la énoncée au titre de ce chapitre, puisque, par ce moyen, on voit le soin qu'elle continue d'avoir pour protéger et assister par ses puissantes intercessions tous les habitants de cette ville.

* CHAPITRE XI

Au milieu d'une grande épreuve intérieure, Xotre-Seigneur lui donne l'assurance qu'il serait avec elle, jusqu'au moment ou il l'emmènerait au ciel. — Participation à l'abandon du Sauveur sur la croix et aux souffrances qu'il endura dans chacune de ses plaies, jusqu'à ce qu'il rendît le dernier soupir.

Dans le temps de la guerre d'Allemagne, Notre-Seigneur me donnait un grand zèle pour l'exaltation de l'Église; mon âme n'avait, ce me semble, de repos ni jour ni nuit. Mais le divin Maître, qui me montrait tant d'amour à cette époque, vint tout à coup à se cacher de moi pendant quelquesjours. Mon âme resta comme dans un désert, seule, et dans une obscurité profonde. De plus, j'étais agitée de la crainte que toutes les faveurs que j'avais reçues jusque-là ne fussent des illusions. Je me résignais en tout à la volonté de Dieu, mais je sentais une étreinte de cœur, comme si on le tenait sous un pressoir. C'était pendant les fêtes de Noël, que je passais d'une manière bien différente des autres années. Le jour des Rois, comme je m'approchais de la sainte table avec assez de crainte à cause de mon peu de disposition, Notre-Seigneur se montra à moi plein d'amour; avant de m'unir ta lui par la communion, il me vint un impétueux élan et un grand recueillement d'amour; et pendant que je recevais la sainte hostie, cet adorable Maître me dit : Je serai ton compagnon, jusqu'à ce que je f emmène avec moi au ciel. Mon àme demeura comme enflammée de son amour,

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