‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 20 sur 239 · XXXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXXIV PREFACE

celui d'Anvers ; elle avait montré, par les témoignages constants de son affection et de son respect, qu'elle comprenait tout ce qu'il y avait de grand et d'apostolique dans la mission des filles de sainte Térèse. Mais ni les grands souvenirs qui s'attachaient aux origines de ces deux couvents, ni l'autorité du nom de la petite-fille de Charles-Quint, ni les courageuses réclamations des Belges, ne purent les protéger contre l'arrêt du monarque philosophe et réformateur.

En présence de la persécution de Joseph II qui expulse de leurs retraites tant de vierges consacrées à Jésus-Christ, une fille de saint Louis, Madame Louise de France, qui illustrait alors le Carmel par la sainteté de sa vie, conçoit le noble dessein de leur offrir à toutes un asile dans sa patrie. Elle demande cette faveur à Louis XVI, son neveu; le futur roi-martyr s'associe avec bonheur au projet de la pieuse princesse. Aussitôt Madame Louise fait entendre sa voix à tant de vierges bannies de leurs saintes retraites, leur offrant un asile dans les couvents de France. Elle s'adresse en particulier aux filles de sainte Térèse qui sont ses sœurs ; et comme elle poursuit avec le plus grand zèle la cause de la canonisation d'Anne de Jésus et d'Anne de Saint- Barthélemy, elle obtient du pape Pie VI que les

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Carmélites qui viendraient à son couvent de Saint-Denis lui apporteraient les corps de ces deux illustres filles de sainte Térèse. Le 14 juin 1783, la communauté de Bruxelles arrivait à Saint-Denis avec ce double trésor.

Les saints ossements des deux Fondatrices du Carmel de France furent reçus avec tous les transports de l'amour filial et avec tous les respects de la foi. Ces deux vierges venaient couronner leur apostolat dans le royaume très-chrétien ; elles venaient dilater et agrandir les cœurs des Carmélites de France, à la veille des orages qui les attendaient. À peine quatre ans s'étaient écoulés que Madame Louise de France touchait au terme de sa sainte carrière. Elle s'était offerte à Dieu, dans le Carmel, comme victime d'expiation pour sa famille et pour la France. Comprenant tout ce que demandait d'elle une pareille mission, elle avait marché à grands pas dans les voies de la sainteté. Dans l'ardeur du zèle qui la consumait, elle eût mille fois donné sa vie pour Dieu, pour son Église et pour la France. Et bien qu'elle n'ait pas versé son sang pour Jésus-Christ, la palme du martyre ne lui a point manqué. Ce qu'elle éprouva en voyant Louis XV, son père, imprimer par sa vie privée de si lamentables taches au trône de saint Louis, ce qu'elle avait

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