XXXVI PRÉFACE
senti dès l'âge de vingt-quatre ans, en le voyant signer par faiblesse la suppression de la Compagnie de Jésus, voilà pour elle le glaive du martyre, et des blessures qui ne seront connues que dans le ciel. Aussi Dieu, témoin de tout, veut entourer de gloire la dernière heure de cette auguste victime. On eût dit qu'il avait envoyé Anne de Jésus et Anne de Saint-Barthélémy pour tenir cette noble vierge dans leurs bras, comme une autre Térèse, au moment où de son couvent de Saint-Denis elle allait prendre son essor vers la patrie céleste. Déjà le premier rayon de la gloire des bienheureux brillait sur son front ; le ciel s'entrouvre, Jésus-Christ lui tend les bras. Allons, s'éerie-t-elle , levons-nous, hâtons-nous d'aller en paradis.
Les puissantes intercessions d'Anne de Jésus et d'Anne de Saint-Barthélémy devaient opérer d'autres prodiges. Auprès de leurs saintes reliques, une fille spirituelle de Madame Louise de France, une Carmélite de Saint-Denis, Mme de Chamboran, puise le feu de la charité divine et la force du martyre. Conduite à l'échafaud quelques années plus tard, elle fait cette confession : « Je suis fille de l'Église catholique ; » et après ces paroles, ornée du sang du martyre, elle va rejoindre au ciel la fille de saint Louis.