CHAPITRE XVI Merveilles opérées par la vénérable Mère après sa mort
Le Seigneur se plut à rendre glorieux le tombeau de sa servante par les grâces et les gue lisons miraculeuses que les fidèles obtenaient.
Écoutons sur ce sujet l'annaliste du Carmel d'Anvers : « Nous n'avons pas dessein de faire ici le dénombrement de toutes les merveilles que Dieu a opérées, et qu'il continue d'opérer tous les jours par l'intercession de notre vénérable Mère : ce serait entreprendre l'impossible, puisqu'elles sont innombrables. Il nous suffit d'affirmer ce qui est connu de toutes ces provinces,, qu'elle a eu la grâce de faire des miracles à un si haut degré, qu'il n'y a sorte de maladie dont elle n'ait obtenu la guérison. »
« Après sa mort, dit encore l'annaliste du Carmel d'Anvers, cette grâce des miracles s'est amplifiée. Ce qui n'était accordé qu'à sa bénédiction le fut à tout ce qui avait été à son usage. On continue encore aujourd'hui à venir implorer les prières de notre vénérable Mère; on demande qu'on mette les enfants infirmes sur son tombeau : on réclame un peu d'eau qui ait été dans le petit pot dont elle se servait autrefois au réfectoire ; et, en buvant de cette eau, plusieurs fébrilants et autres malades sont guéris. Son manteau opère des effets merveilleux. Grâce à ce manteau dont elles se sont
couvertes avec une foi vive, plusieurs femmes en travail, qui étaient en péril de mourir ou de voir leur fruit privé du saint baptême, ont eu une heureuse délivrance. Enfin, il n'y a aucune manière de secourir et de consoler le prochain où sa charité et son pouvoir n'aient miraculeusement paru. »
Le puissant crédit de la vénérable Mère auprès de Dieu, et la grâce des miracles dont il lui plaît de la favoriser, n'ont cessé de briller avec éclat depuis sa mort jusqu'à, nos jours.
Il ne peut entrer dans notre cadre de présenter le récit de tant de grâces et de guérisons obtenues par l'intercession et le crédit de la compagne inséparable de sainte Térèse. Parmi les faits innombrables qui attestent le crédit d'Anne de Saint-Barthélémy auprès de Dieu, nous n'en rapporterons qu'un, la guérison de Marie de Médicis, reine de France. Si nous choisissons ce fait, c'est parce que cette reine fut dans son siècle une des plus grandes protectrices du Carmel, et parce que son nom se rattache, comme on va le voir, à l'histoire du monastère d'Anvers. Ici encore nous empruntons les paroles de l'annaliste de ce monastère :
a La reine Marie de Médicis, de glorieuse mémoire, qui avait connu et honoré notre vénérable Mère en France, tomba malade à Gand, en l'année 1633, durant son exil aux Pays-Bas, et fut travaillée d'une fièvre ardente qui lui dura quarante -quatre jours, avec des redoublements toutes les nuits et un inquiet malaise qui lui ôtait le sommeil. La sérénissime infante, ne se contentant pas des médecins de la reine et des siens, envoya chercher ceux du roi de France. Mais comme la violence du mal surpassait la portée de leur art, tant d'hommes savants demeurèrent dans l'impossibilité de secourir la reine. Alors la vénérable mèreÉléonore de Saint-Bernard, vraie et fidèle compagne de notre