‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 217 sur 239 · DU VŒU DE PAUVRETÉ · texte numérisé non relu

DU VŒU DE PAUVRETÉ

qui puissent faire estimer comme grand ; mais eile consiste à savoir se mépriser soi-même, ainsi que toutes choses, et à sortir tellement de soi, qu'il ne reste plus le moindre élément d'amour-propre. Celui qui en est là peut dire avec le même prophète : Nul n'est plus riche et plus puissant que celui qui sait s'abandonner lui-même, ainsi que toutes choses, et se mettre au dernier rang. Celui qui agit de la sorte sera exaîté et il vaincra son tyran; dépouillé de tout, il peut lutter avec l'ennemi, et, ne lui prêtant aucune prise, il ne tardera pas à le terrasser. C'est une grande victoire que celle du véritable pauvre, car il est maître de lui-même et maître de ses ennemis. Oh ! si nous savions travailler à acquérir ce mépris et cette sainte pauvreté ! Je crois que si nous avions goûté ime fois la suavité de ces vertus, l'on nous verrait courir avec plus d'ardeur après elles, que les riches après l'or et l'argent : Dieu nous donne la grâce de savoir répondre aux biens inestimables dont il a daigné nous combler!

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