‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 25 sur 239 · XL PREFACE · texte numérisé non relu

XL PREFACE

Quelques personnes ont regretté que nous n'ayons pas reproduit dans notre première édition les passages de l'autobiographie de la Vénérable, relatifs aux questions du gouvernement du Carmel et aux divisions qui troublèrent cet Ordre.

Nous dirons d'abord qu'ayant averti dans notre préface, page xxxi, que nous ferions un choix, nous restons dans le cadre et le plan annoncé, en ne reproduisant pas ces passages.

En second lieu, nous avons eu de graves motifs pour ne pas les publier. En effet, nous avons pensé que ces questions contentieuses soulevées dans le Carmel, et ces divisions qui le troublèrent du temps de la vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy, étaient désormais sans intérêt pour le public, mais non sans inconvénient; qu'elles pouvaient mal édifier les simples, attrister les âmes pieuses, et altérer parmi les Carmélites elles-mêmes cette paix profonde où elles doivent vivre, si elles veulent s'élever à la perfection de leur état, et porter avec honneur devant Dieu et devant les hommes le titre de filles de sainte Térèse.

Au reste, en usant de cette sage réserve, nous n'avons fait que marcher sur les traces d'un Père Carme belge, qui, un siècle et demi avant nous.

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avait publié en français l'autobiographie de la vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy (1).

Son ouvrage, réimprimé à Bruxelles en 1708, est revêtu de l'approbation du général de l'ordre, et de celle du provincial des Pays-Bas. Cet écrivain vit, et à juste titre, clans l'autobiographie de la compagne de sainte Térèse, des Mémoires d mille, dans lesquels bien des choses écrites par la Vénérable étaient sans inconvénient tant qu'elles restaient dans l'intimité de la famille, mois qu'il n'en serait plus ainsi, si elles devaient affronter le jour de la publicité. C'est pourquoi il crut devoir supprimer, et il supprima en effet, dans sa publication, plusieurs passages de l'autobiographie de la vénérable Mère Anne de Saint- Barthélémy.

Ainsi, dans le seul récit de la Vénérable sur le monastère du Carmel de Madrid fondé et gouverné par la célèbre Mère Anne de Jésus, il y a trois passages très-notables de supprimés; ce on peut se convaincre en confrontant le français du traducteur avec l'autographe de la Vénérable conservé au Carmel d'Anvers, et dont nous avons pris copie fidèle.

(1) Vie et instructions de Ja vénérable Mère Anne de Saint- Barthélémy, etc., etc. Bruxelles, 1708.

XLÏI PRÉFACE

En fils prudent de sainte Térèse, l'interprète belge d'Anne de Saint-Barthélémy jugea qu'il ne pouvait mettre en lumière les trois p qu'il supprimait, sans porter atteinte à la mémoire de la célèbre Mère Anne de Jésus, et sans blesser les Carmélites de France et de Belgique, qui l'aimaient et la vénéraient comme leur Fondatrice, et qui la regardaient à juste titre, avec tous les historiens, comme le plus grand sujet du Carmel réformé, après sainte Térèse.

Dans cette partie de l'autobiographie où la vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy parle du premier monastère du Carmel de Paris et des rapports qu'elle eut avec M. de Bérulle, le Père Carme belge a également fait plusieurs suppressions, comme on peut le constater en confrontant son texte avec l'autographe qui est à Anvers. Là encore, il a jugé qu'il n'était pas [prudent de livrer au public les contestations et quelques scènes qui s'étaient passées entre la Vénérable et le cardinal de Bérulle, afin de ne pas blesser l*js Carmélites de France et les amis du cardinal.

Mais si, au commencement du xvme siècle, un religieux Carme belge, dans un ouvrage portant l'approbation du général de l'Ordre et celle du provincial des Pays-Bas, a cru devoir faire les suppressions que nous avons signalées, qui ne

PRÉFACE KLIII

voit qu<* publiant notre livre en France au xixe siècle, nous étions plus strict» 'ment tenu que lui à la loi de la prudence? La seule difTér* nce qui existe entre notre devancier belge et nous, c'est que, vu l'époque et le public français, nous avons, dans l'intérêt de la piété et du Carmel, porté la réserve plus loin.

Grâce au plan que nous avons suivi, la Vie de la vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy a été accueillie avec faveur par le public. Cette vie purement édifiante, et dégagée de toute question de controverse, a fait les délices des âmes pieuses du monde, et à plus forte raison des âmes consacrées à Jésus-Christ dans les divers ordres religieux.

Sans doute on peut offrir à la piété la Vie de la vénérable Mère Anne de Saint-Barthélémy, sous bien des plans différents du nôtre; et nous souhaitons ardemment que d'autres écrivains prennent la plume : car cette illustre fille de| sainte Térèse ne saurait être trop connue. Mais nous demeurons convaincu que la reproduction intégrale de son autobiographie ne sera jamais donnée au public dans la langue française.

Ce 2 juillet 1870, fête de la Visitation de la trèssainte Viersre.

VIE

DE LA VÉNÉRABLE MERE

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