CHAPITRE PREMIER
Patrie et parents de la vénérable mère Anne de Saint-Barthélémy.
Ce fut un modeste village de la Vieille-CastmV. connu sous le nom d'Almendral, qui eut la gloire de donner au monde et à l'Église la vierge trois fois fortunée à qui Dieu réservait le titre éternellement dignv d'envie de compagne inséparable de sainte Térèse Elle naquit le 1er octobre de l'année 1550, le jour de la fête de saint Remy. Almendral, dont sa naissant allait immortaliser le nom, n'était qu'à quelques lieue?. d'Avila, où la séraphique Térèse de Jésus devait, quelques années après, rendre au Carmel son antique splendeur. Dieu plaçait ainsi à peu de distance les berceaux de ces deux vierges qui devaient être unies par des liens si intimes.
Anne de Saint-Barthélémy eut pour père Ferdinand Garcia et pour mère Marie Mançanas. Leur éloge sera fait et leur nom transmis au respect des âges futurs, quand nous aurons dit qu'ils étaient dignes de celle à qui ils donnèrent le jour. La vivacité de leur foi ne leur permit pas de retarder le bonheur de la régénération à l'enfant que Dieu venait de leur accorder. Le
jour même de sa naissance, ils la portèrent à l'église; elle reçut le saint baptême, et le nom d'Anne lui fut imposé.
Faire régner Dieu fut la devise de ces époux chrétiens. Par une émulation pleine de foi, ils cherchaient à l'envi à le glorifier. Ferdinand faisait célébrer avec pompe traites les fêtes de Xotre-Seigneur ; son épouse faisait célébrer avec non moins de zèle toutes les fêtes •le la très-sainte Vierge, l'Immaculée Conception en particulier. C'en était assez pour ravir le cœur de Dieu, et pour appeler sur eux et sur leur famille ses incessantes bénédictions. Outre les grâces dont Dieu combla des âmes aussi ferventes et aussi fidèles, il se plul encore a bénir leurs travaux et à répandre la fertilité sur leurs champs. Ainsi, tout prospérait dans la maison de Ferdinand Garcia et de Marie Mançanas. Dans Alinendral, nulle famille n'était entourée d'autant d'estime ; elle y tenait le premier rang. Leur maison était celle de la charité même; les pauvres y trouvaient le plus miséricordieux accueil. Telle était la tendre compassion de Marie ATançanas, qu'elle ne pouvait entendre les pleurs d'un enfant passant par la rue. sans s'informer aussitôt deson état; et s'il était orphelin, elle l'adoptait et lui tenait lieu de mère.
Dieu donna à ces saints époux sept enfants, truis garçons et quatre filles. Celle dont on va lire la vie fut la dernière. Voulant les élever tous dans la crainte du Seigneur, ils prirent chez eox un vertueux eccktique pour les seconder dans leur pieux dessein. Dieu régna donc dans cette famille bénie. Chaque jour, sans exception, le père, la mère et tous les enfants assistaient a la saint-;' messe ; chaque jour la prière se faisait en commun dans L'oratoire domestique, et l'on y récitait le rosaire de la Vierge ; l'ecclésiastique