‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 27 sur 239 · LIVRE I, CIIAP. I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CIIAP. I

à qui Ferdinand Garcia avait confié le soin de ses enfants leur faisait chaque jour une leçon de doctrine chrétienne ; il leur apprenait à craindre et à servir i'icu. Les filles ne sortirent jamais de la maison, n'est pour aller à l'église ou aux travaux des champs.

Ainsi la demeure paternelle fut comme un nionaslère pour la jeune vierge que Dieu appelait à vivre dans l'Ordre fondé par sainte Térèse. Les exemples de son père et de sa mère, de ses frères et de ses Sœurs, ne pouvaient que l'enflammer à servir Dieu. Pour comble de bonheur, une cousine germaine, Françoise Garcia, née le même jour, baptisée le même jour, comme elle un miracle d'innocence, et transplantée comme eliea u Carmel, fut sa compagne inséparable et sa confidente intime jusqu'au moment tant désiré où, disant un adieu éternel à Almendral, elle prit le chemin d'Avila, pour y revêtir, dans le monastère de Saint- Joseph, l'habit de Notre-Dame du AI< nt-Carmel.

* CHAPITRE II

Sa première vision vers l'âge de trois ans. — Horreur du péché. — Sa dévotion envers la sainte Vierge, saint Joseph, les saints et les anges.

Jésus, Marie, Joseph,

et notre sainte mère Térèse de Jésus,

au nom desquels je fais ce travail qui m'est

commandé par la sainte obéissance.

J'étais toute petite, ne sachant pas encore parler, Lorsqu'un jour on me mit sur pied dans une chambre où mes sœurs travaillaient. Ma mère passant par là leur dit : « Prenez bien garde que cette petite ne a tombe, car elle pourrait se tuer. » Une de mes sœurs dit alors: « Dieu lui ferait une grande grâce, « si elle mourait, car maintenant elle s'en irait au « ciel. — Laissez donc, répondit une autre de mes « sœurs, qu'elle ne meure point ; car si elle vit, elle (( pourra être une sainte. — Cela est douteux, reprit « la première; maintenant, il n'y a aucun danger « pour elle, tandis que les enfants parvenus à leur i septième année peuvent pécher. »

J'entendis tout cela, et quand ma soeur prononça ce mot de pécher, je levai les yeux au ciel sans savoir, à ce qu'il me semble, ce que je faisais, et il me sembla que je voyais les deux ouverts, et que là Xotre-Seigneur se montrait à moi avec une grande majesté. Comme c'était chose nouvelle, je me sentis pénétrée an fond du cœur de crainte et de respect pour Celui

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