‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 31 sur 239 · LIVRE I, CHÂP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHÂP. IV

infiniment beau, et cette beauté enlevante était répandue sur toute sa divine personne: dès ma plus snfance, lorsqu'il (n'apparaissait dans les champs ou ailleurs, il était toujours de ma taill

qu'il semblait qu'il grandissait avec moi; dans aière apparition, il était bel que je viens de

: il m'adressa ces paroles: J suis Cabri que tu

qui tu dois contracter le lien d'épouse. Et il

disparut sûr-îe-éhamp. Mais mon âme resta tout em-

n amour. Et de là en avant les élans d'amour que je ressentais d'ordinaire étaient si impétueux, qu'ils m'enlevaient les forces naturelles. De jour et de nuit je n'avais d'autre pensée que celle de ce que je pourrais faire pour le Bien- Aimé. Je désirais endurer pour lui des travaux, des affronts, et être tenue pour insensée.

Une fois, une de mes sœurs qui était mariée m'envoya dire de me rendre dans sa maison. ■ Y a-t-il k quelqu'un avec elle, demandai-je à la domestique . — « Oui, me répondit-elle, un jeune homme, le frère de « son mari, » Or, je savais que mon beau-frère et ma sœur désiraient me marier avec ce jeune homme, et ils faisaient de grandes diligences dans ce but. Je fis une toilette à ma façon, je pris quelques vêtements grossiers de cuisine, je les agençai le plus mal possible, et dans cet accoutrement je me dirigeai vers la maison de ma sœur. A peine m'eut-elle aperçue, comme je franchissais le seuil de la porte, qu'e le entra dans un mécontentement étrange, et me dit : « Où vas-tu? es-tu folle? va-t'en d'ici. » Et moi, je m'en revins pleine d'allégresse à la maison.

* CHAPITRE V

Sa constance et son recueillement. — Paroles qivelle adresse à \t>tre-Seigneur. — Le divin Maître lui montre dans une vision te monastère el les religieuses de Saint-Joseph d'Avila.

j 'évitais de parler aux hommes et de leur donner sujet de me parler. Si des amis de mes frères entraient dans la maison, je m'en allais dehors, ou je leur faisais une figure comme s'ils eussent été une mauvaise vision. J'usais de cette prudente réserve, parce que, comme je l'ai dit, je sentais souvent en moi de grandes •iëterminations de servir le Seigneur, et que je voyais d'autre part les obligations que j'avais à mon Dieu: elies étaient grandes et demandaient de moi une grande pureté et fidélité. C'étaient là deux considérations qui m'animaient fortement à combattre contre le monde.

Ob m'envoyait quelquefois avec mes sœurs et des ■-^•ns de la maison à un quart de lieue du village, à un endroit où nous avions des champs de blé et des troupeaux. Tout le temps du chemin je gardais le silence; et lorsque nous étions arrivés, je me retirais sous les arbres, je disais qu'on me laissât seule, et je me mettais en oraison. Le bon Jésus s'en venait près de moi et s'asseyait comme je l'ai dit. Je lui disais : Allonsmous-en, Seigneur, dans un endroit solitaire. A la vérité, 3 montrait qu'il le ferait avec plaisir, mais que cela ne convenait point ; il me donna cela à entendre, sans parler, mais seulement en me regardant avec un sourire divin. Pour moi, je désirais m'en aller dans des montagnes très-élevées qui n'étaient pas loin de cette terre ; et, cette fois, il me donna à entendre que cela

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