‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 43 sur 239 · LIVRE I, CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAP. X

puis, baissant les yeux, elle expira comme une sainte •f paraissait véritablement telle. Son visage était riant et sans rides, bien qu'elle fût fort ridée pendant sa vie, et minée de faiblesse. Il y avait de la consolation à la regarder, et à se tenir près de ce saint corps.

■ Ses funérailles furent une fête et un triomphe. U concours du peuple fut immense. Tous voulaient voir la sainte et avoir quelque chose qui lui eût api partenu. Pour satisfaire à la dévotion, il fallut distribuer en reliques tout ce que l'on possédait d'objets sanctifiés par le contact de son corps virginal ; mais bientôt ces objets étant épuisés, il fallut faire toucher i à cette dépouille sacrée une quantité innombrable de chapelets, de médailles et de scapulaires. En exaltant ; ainsi sur la terre son humble servante, Dieu nous donnait une idée de la gloire qu'il venait de lui accorder dans le ciel. »

Après un tel tableau, l'àme se sent émue et attendrie, elle s'éloigne à regret de la dépouille virginale de Françoise de Jésus, et du tombeau où ses sœurs la déposent sous le saint autel. On veut respirer encore le parfum de tant de vertus, 'et l'on ne peut s'arracher à la contemplation d'une si angélique figure.

On vient de voir dans le premier livre de cette Vie la tendre amitié qui unissait Anne de Saint-Barthélémy et Françoise de Jésus ; l'on ne peut plus les séparer, et l'on se plaît à les voir à côté l'une de l'autre, dans cet exil et dans la gloire. Françoise n'a précédé que de quelques mois sa sainte amie au séjour des bienheureux. L'on aime à les voir au ciel, à côté l'une de l'autre, comme autrefois à Almendral. L'àme se délecte à cette vue ; elle s'embrase elle aussi du désir du ciel, et elle ne peut se défendre d'y laisser monter quelques soupirs.

Anne de Saint-Barthélémy, Françoise de Jésus, àeux lis sans tache depuis le baptême, deux épouses du Christ qui n'avez vécu en ce monde que pour sa gloire ; l'une et l'autre dévorées par la soif du salut des âmes, et qui n'avez cessé pendant plus d'un il mil siècle de vous immoler sur l'autel de la pénitence pour étendre le royaume de votre divin Époux.

Vierges bien-aimées de Dieu, saintes amies, Amie, Françoise, maintenant vuus vous reposez dans la gloire, couronnées par le Dieu que vous avez glorifié ! Au ciel même, comme vous devez vous attendrir au souvenir des grâces dont votre adorable Époux vous combla dès vos plus tendres années !

Quel charme pour vous de vous rappeler ces entretiens dans les bois solitaires d'Almendral, où vos âmes se parlaient à la manière des anges, et où vuiis vous embrasiez mutuellement de l'amour de votre Jésus !

Cet Époux céleste vous destinait l'une et l'autre à militer sous la bannière de l'invincible Terèse, et vous avez, l'une et l'autre, réfléchi la sainteté et imité l'héroïsme de la réformatrice du Carinel. Par quelle gloire Jésus-Christ paye maintenant ce que vous avez fait pour lui. pour son Église et pour le Carinel !

Votre amitié si angélique traversera les âges ; elle répandra son parfum d'innocence ; elle ravira toute âme droite, et l'on ne pourra s'empêcher de bénir les deux saintes amies d'Almendral.

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