‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 44 sur 239 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Avant de considérer Anne de Saint-Barthélémy dans les exercices du noviciat, il est nécessaire d'avoir une idée juste de l'Ordre où Dieu l'avait appelée.

Dans ce but, nous allons mettre sous les yeux du lecteur la fin que sainte Térèse se proposa en fondant son Ordre.

C'est la Sainte elle-même, et Ribera, le plus grave de ses historiens, qu'on va entendre.

Leurs paroles si lumineuses révèlent à tout lecteur la grandeur de la mission de sainte Térèse dans l'Église de Dieu, et elles donnent une pleine connaissance de l'ordre du Carmel.

De la fin que se proposa sainte Térèse en fondant ses monastères, combien cette fin est haute et parfaite, et quelle nouvelle valeur elle communique à l'ordre de Notre-Dame du Mont-Carmel.

«Avant de conduire plus loin le récit, dit Ribera, il convient, ce me semble, de satisfaire au désir de ceux qui souhaitent de connaître la fin que se proposa la Mère Térèse de Jésus en fondant ce monastère, et la

règle, l'habit et la manière de vivre qu'elle y établit. Ce ([lie nous allons dire sur Saint-Joseph d'Avila est également dit à l'avance pour tous les autres monastères dont nous aurons à parler dans la suite.

(( La première intention de la Sainte ne fut d'abord que de fonder un monastère, où elle et celles qui voudraient la suivre pourraient, à l'aide d'une clôture plus étroite et d'une vie plus austère, garder ce qu'elles avaient promis au Seigneur conformément à la vocation de leur Ordre ; car, quant à fonder un Ordre nouveau, la Mère n'y pensa jamais; elle ne se proposa que de ramener à sa perfection primitive l'Ordre antique de Notre-Dame du Mont-Carmel où elle avait fait profession.

« Plus tard, considérant les grands besoins de l'Église el désirant avec sa grande charité venir au secours de ceux qui combattent pour elle, en tout ce qui serait en son pouvoir, elle porta plus haut ses pensées, elle ajouta à la pénitence et à la pauvreté qu'elle avait voulu d'abord établir, et elle conçut sa fondation d'une autre manière. Mais, comme je désire que tout ceci soit connu par ses paroles plutôt que par les miennes, je rapporterai ici ce qu'elle a dit elle-même au premier chapitre de Son Chemin de la perfection /je citerai, non d'après l'édition d'Evora ou de Salamanque, mais d'après l'autographe même de la Sainte, que j'ai entre les mains ; il en sera de même de toutes les autres citations que je ferai de ce traité. La Sainte s'exprime doncainsi :

a Dans le principe, lorsque l'on jeta les premiers fon- « déments de ce monastère de Saint-Joseph d'Avila. <( mon intention n'était pas qu'on y menât une vie si a austère, ni qu'il fut sans revenu. J'aurais au con- (( traire souhaité trouver des ressources suffisante.a pour qu'il ne manquât de rien. Un tel désir montrait

Page 1