‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 46 sur 239 · LIVRE Iï. CHAT. I · texte numérisé non relu

LIVRE Iï. CHAT. I

31 plus de communiquer aux autres ce que l'on a puisé dans ta contemplation, que de contempler seulement. Or, comme les Ordres religieux de femmes ne sont point établis pour enseignerni prêcher, l'Ordre le plus élevé parmi elles sera celui qui aura pour fin de Secourir par ses prières et par ses pénitences ceux qui remplissent ce ministère, c'est-à-dire ceux qui défendent l'Église : car ce genre dévie est plus parfait, qui 8e rapproche le plus de celui qui possède le comble de la perfection ; et aucun Ordre religieux de femmes ne peut avoir une fin plus haute que celle de prier toujours, déjeuner, d'embrasser les austérités, pour la conservation et la défense de l'Église catholique, et pour le salut des âmes, faisant tout ce qui est en leur pouvoir pour que les fidèles vivent conformément à leur vocation, et que les infidèles arrivent à la connaissance de leur Créateur. Qu'il en soit ainsi, c'est ce qu'affirme saint Grégoire dans sa xn° Homélie sur Ézéchiel où il dit a qu'il n'est point de sacrifice qui soit plus « agréable à Dieu, que le zèle des âmes. »

[Jne autre vérité qui découle des paroles de la Sainte et que ses religieuses doivent avoir perpétuellement présente à l'esprit et gravée dans leur âme, est celle-ci : que quelques pénitences et quelques oraisons qu'elles fassent ; quelles que soient leur assiduité au chœur et leur fidélité à faire ce que de bonnes et de parfaites religieuses doivent faire, elles ne font cependant pas ce que demande leur vocation, ni ce que Dieu demande (Telles, si elles n'ontpasun soin particulier de rapporter les oraisons, les jeûnes, les pénitences dont nous avons parlé, à cette fin si haute, de venir en aide a ceux qui sont sur le champ de bataille, suant, combattant pour la gloire de DieuNotre-Seigneur, et, enfin, à tous ceux qui, sur les divers points du globe, travaillent d'une manière particulière au salut des âmes.

Il résulte de là que ce qui suffirait pour d'autres religieuses ne suffirait point pour elles, que ce qui serait la perfection pour d'autres ne serait pas la perfection pour elles, puisqu'elles manqueraient de ce qui est le principal dans leur vocation et dans leur Ordre. Quant à moi, je me réjouis que ceci demeure écrit en cet endroit, parce que toutes les fois qu'on le lira, je proclamerai hautement après ma mort ce que je proclame maintenant durant ma vie. Et que les religieuses de cet Ordre qui liront ceci croient que la très-sainte vierge Marie, qui est la Mère de ces monastères, que le bienheureux saint Joseph, qui en est le père, et que la sainte Mère Térèse de Jésus, qui en est la fondatrice veulent et désirent que cette doctrine soit prêchée dans ces monastères. Si on lit attentivement les livres de la Sainte, on verra que ce que j'ai dit et ce que je dirai encore pour ses religieuses, est ce qu'elle-même leur a le plus expressément recommandé dans ses écrits. Ainsi, relativement au sujet que nous traitons en ce moment, la sainte Mère, après avoir dit, au 111e chapitre du Chemin de la perfection^ plusieurs choses excellentes, conclut par ces paroles :

u Et lorsque vous ne rapporterez pas à la fin que je « vous ai signalée, vos oraisons, vos désirs, vos disci- «plines, vos jeûnes, pensez et croyez que vous ne a faites point ce que Notre-Seigneur demande de vous, « et que vous ne remplissez point la fin pour laquelle « il vous a réunies ici. Que cet adorable Maître, je l'en a conjureau nom de tout ce qu'il est. ne permette point a que ceci s'efface jamais de votre mémoire ! » (Ribera, Viede sainte Térèse, liv. II, cliap. i.)

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