FORMULE
textuellement extraite du Livre des profession* du couvent de Saint-Joseph d'Avila.
Le quinze du mois d'août de l'année 1572, l'illustrissime seigneur don Alvaro de Mendoza étant évêque d'Avila, fit sa profession dans cette maison de Saint- Joseph d'Avila, la sœur Anne de Saint-Barthélémy? qui dans le siècle s'appelait Anne Garcia-Mançanas. Elle était fille de Ferdinand Garcia et de Marie Mançauas, qui habitaient au village d'Almendral. Elle donna en aumône vingt mille maravédis; elle avait vingt et un ans quand elle professa ; et sa profession fut de la teneur suivante :
c Moi, Anne de Saint-Barthélémy, fille de Ferdinand Garcia et de Marie Mançanas, habitants d'Almendral, je fais profession, et je promets obéissance à Dieu tout-puissant, et à la Vierge Marie sa glorieuse Mère, sous le nom de laquelle est fondée la religion de Notre- Dame du Mont-Carmel, et à vous, très-révérend seigneur Ferdinand de Tricuela, archidiacre d'Arevalo, vicaire général de cet éveché d'Avila, au nom et en la place de l'illustrissime etrévérendissime seigneur don Alvaro de Mendoza, évêque d'Avila, et aux évêques qui lui succéderont, et à vous, Mère Marie de Saint- Jérôme, prieure de Saint-Joseph, et aux prieures qui vous succéderont dans ledit monastère, de vivre en
iô VIE DE LA V. M. ANNE LE SAINT-BARTHELEMY
pauvreté et chasteté jusqu'à la mort, selon la régie u. Notre-Dame du Mont-Carmel. Fait ce 15 du moi? d'août 1572, et parce que c'est la vérité, je le signe d» mon nom ou d'une croix. »
(Suivent les signatures de la prieure et de deux autn
religieux ■-.
'CHAPITRE III
Sa dévotion à la passion de Xotre-Seigneur. — Ses industries pour imiter le divin Maître dans ses souffrances. — Sa tendre charité envers les pauvres. — Visio» du purgatoire. — Paroi»in'uphétique de sainte Térèse.
Mon àme était tout embrasée d'amour, quand je pensais à la passion de Xotre-Seigneur Jésus-Christ ; dès mes plus tendres années, j'avais cette dévotion : étant toute petite, lorsque j'allais à l'église, et que je voyais représentés les mystères de la Passion du divin Sauveur, je pleurais. J'aurais voulu être maltraitée pour son amour. Lorsque je sortais de la maison, je me déchaussais, et je marchais sur les pierres et sur les aspérités du chemin, afin d'être blessée. Ce que je pouvais donner de mes habits, sans qu'on s'en aperçût, je le donnais, je restais avec les habits de dessus, que l'on voyait, et je donnais les autres aux pauvres; je mettais de côté pour eux tout ce que je pouvais, je cachais ce qu'on me donnait pour mes repas. Un jour, une de mes sœurs me dit: As-tu mangé ce qu'on t'a donné? Je répondis que oui; mon intention était de dire que si le corps ne le mangeait point, l'àme le mangeait. Un jour.