‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 51 sur 239 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

Faiblesse extrême où les transports de l'amour de Dieu la réduisent pendant un an. — Le divin Maitre lui annonce qu'elle sera compagne de sainte Térèse, et qu'elles pourront l'une et l'autre étancher leur soif de souffrances, dans les voyages des Fondations. — Sainte Térèse, après un an d'absence, revient de Srville à Aviht. — Elle guérit celle que Notre-Seigneur lu1- «U-stine pour compagne et la charge du soin des malades. — Le divin Maître l'assiste miraculeusement.

Par suite de ces transports d'amour de Dieu que j'éprouvais, la nature et les forces vinrent tellement à s'affaiblir, que l'on disait que j'allais succomber. On

appela les médecins, mais ils ne connaissaient pas le mal que j'avais. Quelques-uns disaient que j'étais étique. Ils me firent plusieurs remèdes qui ne servirent qu'à achever de ruiner mon tempérament. J'arrivai à un tel état de faiblesse, que je ne pouvais plus soulever les pieds de terre.

A cette époque notre sainte Mère partit pour Séville ; elle ne put m'emmener avec elle. Comme j'avais tant désiré de souffrir, je dis au divin Maître : « Seigneur, « je vous ai demandé des souffrances, mais maintenant '( voyant que celles que j'ai sont à charge à la commu- <( nauté, je désire que vous m'en donniez qui ne soient « que pour moi seule, de manière que je puisse servir « mes soeurs sans leur causer un surcroît de travail ; « je veux ces souffrances pour moi. » Le divin Maître me dit : Je ferai ce que tu me demandes, tu auras de quoi souffrir en compagnie de mon amie Térèse ; rime et l'autre vous trouverez dans les voyages ces souffrances si vivement désirées.

Je restai néanmoins dans le même état jusqu'au retour de notre sainte Mère de Séville. Son absence avait été d'une année. La Sainte me trouva dans le plus triste état, il semblait que tous mes os étaient déboîtés. Cependant le soir même de son arrivée elle me dit : Ma fille, venez-vous-en à ma cellule, bien que pour le moment vous soyez malade. Et de fait, selon toutes les apparences, j'étais entièrement incapable de la servir.

Il y avait alors dans la maison cinq malades, avec la fièvre; une d'entre elles, Isabelle-Baptiste, était en grand danger; outre la fièvre, elle avait un tel dégoût qu'elle ne pouvait rien prendre. Le lendemain de son arrivée, dès le matin, la Sainte me dit : Ma fille, quoique vous soyez malade, je veux que vous soyez V infirmière des malades, car il n'y a personne pour les soigner. Je ne

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