‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 60 sur 239 · LITRE II, CHAP. XI · texte numérisé non relu

LITRE II, CHAP. XI

pas une à Laquelle je n'eusse bonne part. Comme je t'aimais, et comme j'avais partage ses tribulations et ses peines, je partageais aussi ses joies et sa félicite au ciel.

Depuis qu'elle m'était apparue si glorieuse, ainsi que je l'ai raconté, je désirais ardemment que son saint corps revint à Avila. Un jour, étant occupée de cette pensée, et sachant qu'on craignait de transporter le saint corps, parce qu'on ignorait en quel état il se trouvait, je suppliai instamment le Seigneur de vouloir me le taire connaître. Là-dessus j'entrai dans un sommeil spirituel, et les anges me transportèrent au sépulcre ; ils l'ouvrirent et ils me montrèrent le corps ; il était entier, ayant la même couleur que lorsqu'on 1«' tira plus tard du tombeau, et exhalant la même odeur et le même parfum. Ces anges me montrèrent deux manches à ses bras, également entières et dans le même état que je les lui avais mises, et ils me dirent: H tes- vous contente, et désirez-vous autre chose? Je leur répondis que oui, que je serais plus contente si je voyais la Sainte à son couvent d'Àvila, mais que le duc d'Albe n'y consentirait jamais. Ils médirent: Ne faites point cas de l'opposition du duc d'Albe, ''est le roi qui décide, la chose ne dépend que de lui seul. Le duc et la duchesse d'Albe moururent .peu de temps après, et le roi, pour faire plaisir à leurs héritiers, ne voulut point qu'on transférât le saint corps à Avila.

Avant que ceci arrivât, l'ordre souhaitait ardemment la translation du saint corps d'Albe à Avila. Ma tendre affection pour la Sainte me portait à recommander instamment l'affaire à Dieu; le Seigneur me dit : Xe sois pas en peine, le saint corps reviendra à cette maison. Poursuivant avec importunité, je demandai à Notre-Seigneur quand cela aurait lieu, parce que je désirais vivement le savoir, il me répondit : Osera

pour la Présentation de la Vierge. Il y avait encore près d'un an à attendre ; mais au jour annoncé, la chose s'accomplit : on enleva le corps de la Sainte de la maison d'Albe, et on le transfera à celle d'Avila. Il y fut rem avec les plus vifs transports d'allégresse. Les lumières que l'on avait allumées étaient en si grand nombre, que le couvent paraissait un ciel. La Sainte faisait mille caresses à ses filles ; en quelque endroit du couvent qu'elles fussent, elle leur apparaissait et les consolait.

Un jour, je dis à mon confesseur une chose de mon âme, et il ne la prit pas bien; il me dit : C'est là, à ee quii /ne semble, une chose de la Mère Térese; allons dune. ne soyez pas comme elle, laissez ces choses-h'. Il me sembla qu'il prononçait ces paroles avec peu d'estime de notre sainte Mère. Je m'en affligeai et je m'en allai à un endroit solitaire du jardin. Là, profondément oeinee devoir que l'on n'estimait pas la Sainte comme elle le méritait, je me mis en oraison. Bientôt j'entrai il ans un recueillement surnaturel, et dans cet état je vis venir à moi le divin Maître, sous la forme qu'il avait quand il vivait en ce monde. Il était revêtu d'une chape pontificale, toute de gloire, et quand il fut près de moi, il leva un cote de la chape, c'était le côté du co'ur. et il me montra la Sainte toute resplendissante de gloire ; il la tenait sous son bras, comme n'étant plus qu'une même chose avec lui, et il me dit : La roilù. je te r&mèm ici '.n'aie pas l 'ombre de jteine. laisseleur dire ce quils voudront. Après ces mots il disparut. •le sentis dans mon aine im profond recueillement et une plus grande ferveur a la vue de cet amour que Dieu portait à la Sainte.

Dans une autre circonstance, je priais la sainte Mère de m'obtenir de Dieu la grâce de connaître quelle était celle des vertus qui lui était le plus a^réa-

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