‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 70 sur 239 · LIVRE II, CH.VP. XV · texte numérisé non relu

LIVRE II, CH.VP. XV

Barthélémy . En KH2, elle alla fonder avec celle hwm les Carmélites d'Anvers; et elle l'ut miraculeusement guérie par elle d'une maladie grave qui l'attaqua dans rein' maison, c'était pour la seconde fois qu'elle obtenait de Dieu cette grâce, par l'entremise de la mère Aime de Saint-Barthélémy. En 1617, elle fonda les ( annélites de Matines, et elle en fut prieure. Elle revint à Mous, pour y occuper la même place. Enfin, en 1622, on l'envoya fonder les Carmélites de Gand ; et elle fut prieure de cet le maison, où elle demeura jusqu'à sa mort.

La mère Éléonore se conduisit toujours avec beaucoup de sagesse et de douceur, dans les différents monastères qu'elle fut chargée de gouverner. Elle obtint des magistrats de Gand des secours spirituels pour les catholiques que les Hollandais persécutaient dans les Pays-Bas. Après la mort de la mère Anne de Saint- Barthélémy, elle fit poursuivre à Rome l'affaire de sa béatification. Les dépositions qu'elle fit à ce sujet étaient si remplies de l'esprit de Dieu, que les commissaires apostoliques disaient qu'on remplirait un jour à son égard de semblables formalités. Son attrait pour le service des malades était toujours le même : elle voulait qu'on n'épargnât rien pour les soulager, et surtout qu'on prit soin des jeunes religieuses, qui sont, disait-elle, l'espérance de la maison. Elle se privait elle-même de ce qui était à son usage, pour le leur donner.

Plus les mystères de la religion lui paraissaient incompréhensibles, plus elle était portée à les croire. Cette foi destituée de raisons humaines, disait-elle, me porte à la dévotion. Dieu, pour l'éprouver pendant quelque temps, permit que l'effrayante pensée de sa réprobation future roulât dans son esprit : mais ensuite il la délivra de ses fraveurs. Elle eut des vues surna-

turelles sur des choses qu'elle ne pouvait naturellement connaître. L'idée de son indignité la portait quelquefois à se retirer de la sainte table : mais elle ne le fit plus, après l'avertissement qu'une novice lui donna d'une manière agréable. Ma mère, lui dit-elle, en cous retirant de la table eucharistique, parce que cous ne cous croyez pas disposée à la communion, cous faites comme un paysan qui, devant recevoir le roi, le ferait attendre à la porte, sous prétexte que ses plats et ses pots ne seraient pas bien rangés.

La mère Éléonore fut tourmentée, presque toute sa vie, par les douleurs de la pierre ; et son amour pour Dieu lui rendait précieuses ces cruelles douleurs. Un jour qu'elle souffrait plus qu'à l'ordinaire, elle engagea la mère Anne de Saint-Barlhélemy à demander à Dieu qu'il lui donnai quelque soulagement dans ses souffrances, et pendant ce temps-là, elle le priait de son côté de la faire souffrir encore davantage. La mère Anne, à qui Dieu fit connaître ce secret, dit à la mère Eléonore: Qu'est-ce que ceci? Vous me faites prier pour cotre soulagement, et vous demandez déplus grandes souffrances! Dans sa dernière maladie, elle recommandait principalement aux religieuses qui entouraient son lit la fidélité à la grâce et F obéissance aux supérieurs.

La mère Éléonore de Saint-Bernard mourut saintement à Grand, le 12 avril 1639; et on lui attribue plusieurs miracles. Les Carmélites de cette ville, quand elles vinrent en France en 1783, y apportèrent son corps, qu'elles reportèrent dans leur patrie en 1T90.

(Sa Vie a été écrite per le P. Marchand, religieux Franciscain. Nous n'avons pas pu nous procurer cet ouvrage ; et nous avons été obligé de nous borner à l'extrait qu'on en trouve àansYNist. man.de la fond, des [ armél. de France. 1 vol. Paris.)

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