‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 79 sur 239 · LIVRE HT, .MAP. H · texte numérisé non relu

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dre ce qu'ils demandaient. II- autrui à endurer bien des travaux et bien des affronts; et cela, parce qu'on ne les connaissait point pour aussi grauds serviteurs de Dieu qu'ils l'étaient ; car ils le sont grandement ; et leurs œuvres et le zèle qu'ils montrent pour la uloire de Dieu attestent leur grande religion. Mais alin que leur vertu fut plus purifiée, Dieu permit qu'on ne les tint point pour ce qu'ils étaient ; quelques-uns disaient que c'étaient des hérétiques, et d'autres choses semblables. Ils souffraient tout avec patience et humilité ; et, persévérant dans une pareille conduite, ils finirent par réussir dans leur entreprise.

-CHAPITRE II

La pelhe colonie quitte Avikt le sojaoùt, fête fle la Béarilatioii de saint JeaB-fiaptiste, et se mel ea marche pot la France. — Particularités du voyage.

Enfin notre Père Général, François de la Mère de Dieu, avec quelques Pères de l'ordre, vint à Aviia pour conclure notre départ. Nous partîmes, en effet, le matin de la le te de la Décollation de saint Jean-Baptiste. Notre Père Général nous accompagna une bonne partie du jour. Quand il dut nous quitter, nous lui demandâmes sa bénédiction. Il nous la donna avec une émotion qui fut partagée par les religieuses. Les filles et le Père faisaient, en se séparant, un grand sacrifice à Dieu.

Deux religieux de notre v - inds serviteurs de

Dieu, deux prêtres français, dont l'un était M. de Bérulle, M. René Gauthier, avec trois Français à cheval et quelques Espagnols, nous accompagnèrent dans ce voyage. Les trois dames françaises étaient seules dans un carrosse, et les six religieuses dans un autre. Nous nous réunissions dans les hôtelleries. Les dames françaises nous enseignaient leur langue ; il faut en convenir, nous n'y fîmes point de grands progrès; nous profitâmes assez cependant pour comprendre la plus grande partie de ce qu'on nous disait. Mais nous ne parlions pas bien ; à peine en pouvions-nous dire quelques phrases. Notre-Seigneur voulut nous mortifier en ce point, et je crois que ce fut meilleur pour nous. Car nous ne nous sommes pas mal trouvées de parler !i.;i : chaque nation a ses coutumes.

Nous avancions heureusement dans notre voyage ; mais le démon, qui voyait combien ses desseins pouvaient être ruinés par notre entreprise, commença, Notre-Seigneur le permettant ainsi, à nous exercer par des contre-temps et par les ennuis les plus pénibles. Je laisse à considérer ce que durent souffrir de pauvres femmes dans un si long voyage : qu'on juge surtout combien il en coûtait à des religieuses, je ne dis pas de marcher souvent à pied, mais de se voir exposées à la vue des gens, et d'être obligées d'accepter le secours du premier venu, pour se tirer des endroits pensants en précipices, ou de profonds bourbiers. Je ne nuis penser à tant de périls sans frissonner encore de ;rainte.

Mais je ne saurais donner d'assez justes louanges mx Français, pour les soins qu'ils ne cessèrent de prendre de nous, et pour la vertu qu'ils firent constamment paraître. Ils nous traitaient avec tant d'égards, leur conduite était si parfaite, que nous en devions infiniment obligées, et que nous en étions

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