‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 85 sur 239 · LIVRE TîT, CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE TîT, CHAP. IV

prém: Carmel de Fran ■■• : Dî >la la pre-

mière novice à une vie meilleure. La sœur André fcous-lss-Saints fat attaquée d'une fièvre maligne.

t)ès qu'on la vit malade, comme on avait des vues sur elle pour la mettre à la tète de quelque nouvel établissement, on adressa au Seigneur de ferventes prières pour obtenir saguérison; et un des supérieurs écrivit à ce sujet à la mère Anne de Saint-Barthélémy qui était prieure des Carmélites qu'on venait de fonder à Pontoise. Mais, dit cette mère. Dieu me fit connaître qu'elle mourrait. Lorsqu'on eut perdu l'espoir de conserver la malade, la mère Anne de Jésus reçut ses ;. comme on le fait en pareil cas dans les maisons religieuses. La sœur Andrée de Tous-les-Saints mourut au premier monastère, le 8 avril, qui cette annéelà était le Vendredi-Saint; et le même jour elle fut enterrée à la droite de l'église,, dans le bas-côté qui se trouvait enfermé dans l'intérieur du couvent. Les religieuses qui habitaient encore la maison priorale à la gauche de l'église, ne purent accompagner le corps jusqu'à la Sépulture. On l'y porta par la cour extérieure, où étaient rassemblées plusieurs personnes, et notamment Madame Acarie, pour assister à cette cérémonie funèbre. Dès que le corps parut, cette sainte femme alla au devant de lui et baisa avec respect les pieds de la défunte. Elle tomba ensuite en extase, et elle y demeura pendant tout le temps que dura l'enterrement.

Nous avons déjà parlé des grandes vertus que pratiquait la sœur Andrée de Tous-les-Saints, lorsqu'elle était encore dans le monde attachée au service de Madame Acarie. Nous ajouterons que son esprit était si uni à Dieu, qu'elle oubliait souvent de faire les choses auxquelles son devoir l'obligeait. La Bienheureuse, qtri connaissait la cause de cet oubli, ne paraissait

pas s'en apercevoir. Cette sainte femme disait que pendant plus de vingt ans qu'elles avaient demeuré ensemble, elle ne l'avait jamais vue commettre aucune faute de propos délibéré. Elle disait encore que la paix régnait par tout où était sa pieuse Andrée. Un religieux de saint François, à qui cette vertueuse fille faisait connaître l'état de son àme, disait à M. Duval, lorsqu'elle entra chez les Carmélites : Si l'esprit d'Andrée vient à s'ouvrir, elle sera une des plus célèbres religieuses de l'Ordre. Car pour les vertus, comme la charité. V humilité, la patience et la douceur, je ne crois pas qu'il y en ait qui la surpassent.

Aussi Dieu manifesta-t-il sa sainteté, deux jours après qu'elle fut morte, en révélant à Madame Acarie que la sœur Andrée jouissait déjà du bonheur des Saints. Le jour de Pâques, lorsque la Bienheureuse entrait dans l'église de Saint-Gervais pour y entendre les matines, Andrée lui apparut, la remercia des bons offices qu'elle en avait reçus, et l'assura qu'elle était dans le ciel. Cette vision remplit de joie Madame Acarie; et quelque réservée qu'elle fût à parler des grâces que Dieu lui faisait, elle crut devoir faire part de celle-ci à ses chères novices, afin que la vue de la récompense céleste les encourageât à remplir les devoirs religieux.

Et treize ans après, le mercredi de Pâques, 18 avril 1618, sur les six heures du soir, la Bienheureuse Marie de l'Incarnation terminait sa sainte vie au Carmel de Pontoise, prenait son essor vers le ciel, et allait rejoindre sa chère Andrée, pour ne plus se séparer d'elle de toute l'éternité.

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