‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 99 sur 239 · LIVRE III, CHAP. X · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. X

novices. Dans ces trois Carmélites espagnoles, elle voyait des portraits vivants de sainte Térèse. Après un an passé à cette école, non-seulement Charlotte du Pucheul était une novice formée, mais une religieuse déjà ancienne par la maturité de la vertu. Elle était donc prête pour la profession. Le zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, le trait distinctif de la Carmélite, brûlait dans son cœur ; les vertus ornaient sa belle âme. L'heureuse Charlotte du Pucheul, désormais Térèse de Jésus pour l'éternité, prononce ses vœux solennels, et s'enchaîne à Jésus-Christ comme à son unique époux. C'est entre les mains d'Anne de Saint-Barthélémy qu'elle dépose ses promesses et ses serments au divin Époux des vierges. Ce qu'elle dut éprouver en ce jour, quand parla sainte communion, possédant Jésus-Christ au centre de son cœur, elle se sentit unie à lui par des chaînes éternelles, ne peut se dire dans la langue de cet exil. Un seul jour sera plus beau pour elle, celui où la mort lui ouvrira le ciel. La nouvelle professe était un flambeau qui ne devait point concentrer sa lumière dans un seul couvent. Deux ans et demi après l'émission de ses vœux, elle est envoyée en Belgique avec la mère Marie du Saint- Sacrement, et elle y fait un séjour de neuf ans. Elle accompagna presque toujours cette mère dans les divers couvents qu'elle fut appelée à gouverner; elle exerça la charge de sous-prieure et celle de maîtresse des novices. En Belgique, elle se retrouva de nouveau avec les Carmélites d'Espagne, avec la mère Anne de Jésus, Anne de Saint-Barthélémy, Béatrix de la Conception, Isabelle de Saint-Paul et Éléonore de Saint- Bernard. Elle y retrouva encore le premier guide de son âme. M. de Brétigny, que la mère Anne de Jésus avait fait nommer supérieur de tous les monastères du Carmel fondés dans ce pays.

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Rappelée en France avec la mère Marie du Saint- 1 Sacrement, elles s'arrêtèrent à Amiens. Une immense I consolation y attendait Térèse de Jésus. Elle revit dans ce monastère Madame Acarie, son ancienne j maîtresse spirituelle , qui y était religieuse déjà depuis deux ans. Peu de temps après cette entrevue , ; Térèse de Jésus et la mère Marie du Saint-Sacrement reçurent ordre de revenir avec elle au monastère de Pontoise; ainsi, elles quittèrent Amiens, et elles arrivèrent à Pontoise le 16 décembre 1615. Dans ce monastère , qui était pour elle le berceau de la vie religieuse, Térèse de Jésus jouit à loisir des entretiens, des avis, des exemples de la Bienheureuse. Comme celle-ci était alors consommée en sainteté, et séparée du ciel seulement par deux années de vie , elle acheva dans l'âme de sa chère Charlotte du Pucheul ce qu'elle avait si admirablement commencé à Paris.

Quelques mois après son retour à Pontoise, Térèse de Jésus en repartit avec la mère Marie du Saint- Sacrement pour la fondation d'Orléans , où elle fut sous-prieure pendant cinq années. De là elles furent envoyées à Saintes. Ce fut pour Térèse de Jésus la dernière, mais la plus laborieuse de ses missions; c'était son dernier combat. Elle y montra tout le courage d'une vraie fille de sainte Térèse. Mais c'était à Pontoise que Dieu voulait lui donner la couronne. A peine de retour dans ce monastère, elle fut attaquée du mal qui devait la ravir à ses sœurs. Mais que la fin de cette vie est belle! Comme Dieu se montre prodigue de ses grâces envers cette âme privilégiée ! Comme Jésus-Christ fait paraître qu'il se souvient qu'à sept ans Charlotte le choisit pour Époux, et qu'à partir de ce moment elle lui a inviolablement gardé la foi jurée! Aussi, les derniers jours du pèlerinage

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