CHAPITRE VI
Comment la J'rovidonce détourna tous les obstacles qui s'opposaient à l'établissement du nouvel institut de la Sainte-Famille,
L'établissement (Fune bonne œuvre est toujours hérissé de difficultés : les puissances des ténèbres réunissent leurs efforts pour s'opposer à la création et à raccroissement de tout ce qui peut procurer aux âmes le rafraîchissement et la paix. Les grandes luttes se trouvent à la fondation des instituts de piété et de charité, dont le bienfait doit s'étendre à plusieurs générations. On dirait qu'il est dans les desseins de la sagesse divine de laisser aux démons le pouvoir de contredire, dès leur naissance, ces entreprises où le doigt du Seigneur veut se manifester. Rien ne subsiste dans l'Église qui n'ait été durement éprouvé. M"^ de Rodât et ses trois compagnes devaient expérimenter cette conduite de la Providence.
Elles n'avaient aucun moyen de mettre en pra-
li |uc leur projet; elles ne laissaient pas de s'en entretenir et d'avoir confiance en Dieu. Tout en s'occupant de la petite classe que M"« de Rodât avait installée dans sa chambre, elles se réjouissaient du bonheur déformer plus tard une communauté et d'ouvrir une école gratuite, où elles recevraient toutes les enfants pauvres. Les quatre demoiselles n'avaient par elles-mêmes aucune ressource : EmiUe et Ursule ne disposaient de rien; Marie et Eléonore étaient encore mineures; elles avaient, en outre, bien des raisons de ne pas compter sur l'appui des hommes, mais elles s'appliquaient à mettre les saints dans leurs intérêts. Tous les jours, elles se réunissaient pour réciter le petit office de la sainte Yierge et faire des invocations à tous les saints fondateurs d'ordres : elles promettaient d'élever et de dédier un oratoire à Jéius enseignant; et pendant six mois, elles récitèrent quotidiennement le Salve Regina.
Le premier obstacle que ces âmes d'élite trouvaient à l'accomphssement de leurs desseins, était leur sentiment de reconnaissance envers M™= Saint-Gyr : elles craignaient de l'offenser et de nuire aux intérêts de sa maison. Elles n'avaient jamais eu qu'à se louer de cette dame. Elle avait été l'instrument dont Dieu s'était servi pour réunir nos quatre demoiselles nées en divers lieux et dans diverses conditions : elle avait toujours distingué et apprécié leurs mérites, et ces fondatrices avaient trouvé chez elle
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le moyen de s'élever aux sentiments de piété et à la pratique des vertus, d'où était né leur saint désir, A tous ces titres, M™® Saint-Cyr avait droit à leur reconnaissance. Elle avait, comme nous avons dit, essayé plusieurs fois elle-même de former une véritable communauté et de donner à sa maison d'éducation tout l'appui et tout le développement qu'une congrégation religieuse seule peut apporter à ces sortes d'établissements. Malgré les divers échecs qu'elle avait éprouvés, la vénérable dame n'avait pas abandonné son dessein; de sorte qu'en formant une congrégation vouée à l'enseignement, M"'' de Rodât redoutait de ruiner le projet que M"® Saint-Cyr avait le plus à cœur. La Servante de Dieu redoutait surtout de compromettre la maison d'éducation que M'"® Saint-Cyr avait élevée et soutenue avec tant de peine; car les quatre amies étaient les maîtresses les plus habiles et les plus aimées des élèves et de leurs familles. On se confia à Dieu; on pria et on fit prier avec instance : on implora la sainte Vierge, et on choisit le jour de la fête de l'Immaculée Conception pour entretenir M'"'^ Saint-Cyr des projets qu'on nourrissait. Marie l'avait sans doute préparée à cette confidence. Aucune considération humaine ne toucha M""^ Saint- Cyr. Cette vertueuse femme, donnant en cela un exemple que la Mère Emilie a toujours été jalouse do suivre, vit le bien uniquement, y applaudit de tout son cœur, et, loin de s'alarmer du projet
dont on l'entretenait, promit généreusement son concours. Elle tint parole, aida de sa bourse la congrégation naissante et lui procura des vases sacrés.
Ce premier point obtenu, les affaires n'étaient pas encore bien avancées; sans se préoccuper autrement des impossibilités humaines où elles se trouvaient, M"° de Rodât et ses amies songèrent tout de suite à chercher une maison, voulant immédiatement commencer leur entreprise et provoquer Dieu, pour ainsi dire, à bénir leurs projets. Les recherches qu'il fallut faire et les personnes qu'on dut consulter, ébruitèrent nécessairement les nouveaux desseins, et les contradictions s'élevèrent tout aussitôt. On les connaît, elles sont toujours les mêmes et toujours bien fondées selon la raison et la sagesse humaines. Les âmes les plus pieuses et les plus droites les acceptent, s'en effrayent et les grossisssent. Toutes ces oppositions roulent sur un même thème : les entreprises imprudentes compromettent l'Eghsede Dieu, et elles accusent un orgueil coupable dans ceux qui veulent s'élever au-dessus des règles ordinaires de la prudence. On commence par faire de simples objections; à mesure qu'elles sont repoussées et que les résolutions se manifestent plus inébranlables, on s'irrite et on arrive insensiblement à la critique amère, à la raillerie, à l'outrage et à une sorte de persécution. Les personnes qui vivaient dans la maison de M"^® Saint-Cyr,
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quoique toutes pieuses, ne manquèrent pas de se soulever contre le projet d'Emilie et de ses compagnes : on prenait les intérêts de M™' Saint-Gyr plus chaudement que cette vénérable femme n'avait faitelle-même : c'était, disait-on, une injustice et un scandale de l'abandonner et de la laisser sans maîtresses. On croyait en conséquence faire une œuvre sainte en contrariant ce qui pouvait amener la réalisation des projets d'Emilie. On s'appliquait à empêcher les quatre amies de se réunir. Sitôt qu'elles étaient ensemble et qu'elles croyaient trouver un peu de repos dans leur intimité, prier et se livrer en particulier à quelque exercice de piété, quelqu'un apparaissait, et, sous un prétexte ou un autre, les forçait de rompre leur conférence; on tournait en ridicule celles de leurs paroles qu'on pouvait recueillir. Tout ce scandale n'ébranlait point des résolutions prises devant Dieu. Les quatre amies, touchées du désir de le servir, de le faire connaître et aimer, ne recherchaient que plus ardemment le bonheur de vivre dans le silence et la retraite d'un cloître, et d'y vaquer hbrement aux saints exercices de la dévotion. Elles entretenaient avec soin ce goût dans leurs âmes, et, ne trouvant plus moyen de se voir en particulier le jour, elles prirent sur leurs nuits afin de prier en commun et de s'encourager les unes les autres à correspondre fidèlement aux desseins de Dieu. Cependant l'opposition se propageait jusque parmi
des personnes qui pouvaient avoir autorité sur ces jeunes filles. La grand'mère d'Emilie et sa tante avaient d'abord acquiescé à ses desseins : en présence des contradictions qui se manifestèrent, elles commencèrent à revenir sur leur assentiment. Les autres familles surtout étaient loin de se prêter aux propositions de M''^^ de Rodât. Il n'y avait pas à s'étonner que leur tendresse s'alarmât beaucoup. Le monde comprend peu le dévouement, et la pauvreté volontaire est au-dessus de son intelligence. Les personnes du monde, même celles qui veulent vivre chrétiennement, goûtent difficilement la sévérité des conseils évangéliques. Si Emilie et ses compagnes, attirées à en embrasser la pratique, avaient voulu entrer clans une congrégation déjà établie, on n'eût pas manqué d'arguments pour combattre leurs intentions. On est toujours fondé d'ailleurs à se méfier de la légèreté de la jeunesse et de sa présomption à choisir des fardeaux au-dessus de ses forces ; mais, dans les circonstances où l'on se trouvait, les apparences humaines, d'après lesquelles on est accoutumé à juger toutes choses, encourageaient surtout les contradictions. Comment croire que Dieu aurait assez de condescendance pour former une congrégation religieuse par les mains de quatre jeunes filles sans expérience, dont la plus âgée, celle dont le mérite était le plus reconnu, pouvait passer pour une tête inquiète, une imagination exaltée et facile à dégoûter, qui avait déjà essayé de
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plusieurs communautés sans pouvoir se fixer dans aucune, et qui, dans la constance de son désir d'être à Dieu, changeait do projets à chaque instant et ne savait ce qu'elle voulait? Ne fallait-il pas chercher a détourner ces jeunes personnes d'une entreprise destinée infaillihlement à échouer, et dont tout le résullat ne pouvait être que de jeter du ridicule et un peu de discrédit sur les têtes vives qui auraient eu la présomption de croire à un succès impossible ? Il est inutile d'entrer dans le détail des oppositions et des luttes qui s'élevèrent. Les familles s'alarmaient à bon droit, et elles s'agitaient pour éloigner ce ({u'elles regardaient comme le pire des malheurs. Résolument attachées à suivre la volonté de Dieu qu'elles croyaient avoir entrevue, les quatre fondatrices, de leur ccMé, ne se laissèrent pas ébranler par les rej)rocbes, non plus que par les caresses ni même par les violences; car dans Tirritation que causait leur persistance, on ne craignit pas de les menacer et d'essayer même de la rigueur. Leur folie était manifeste en effet, leur entêtement formidable; il était du devoir de ceux qui avaient à veiller sur elles, de recourir à tous les moyens pour les retirer d'une extravagance où leur avenir était en jeu.
Au milieu des difficultés suscitées par des oppositions aussi vives, la Providence ne laissait pas M""' de Rodât sans encouragements et sans appuis. Outre la force intérieure qui la remplissait, outre l'ardent désir de ses compagnes, la Vénérable rece-
vait du dehors divers encouragements les plus précieux. M. Marty, l'âme et la force de toute l'entreprise, gardait, il est vrai, une discrétion extrême. Il approuvait, mais il se serait gardé de parler. C'était un grand acte qu'allaient accomplir ces jeunes filles. Tous les cœurs attachés à l'ÉgUse, encore si dépouillée et si dénuée, battaient d'espérance en apprenant leur dessein, et la faiblesse même des instruments rendait l'émotion plus vive. Le P. Hippolyte de Launay n'avait cessé, de Gahors, de presser M"" de Rodât « cV entreprendre Vœuvre de Dieu^ la bonne œuvre de quelque manière et de quelque forme que ce soit; disait-il. Dans la suite, ajoutait-il, vous la perfectionnerez avec l'aide de Dieu ! » A son gré, il fallait agir : « Vous le verrez, disait-il, malgré vos faiblesses. Dieu vous aidera. » Il avait voulu que la Mère Emilie acceptât et prît la direction de ses compagnes. 11 trouvait bon qu'elle gardât tous les ménagements possibles envers M™® Saint-Gyr ; il recommandait de ne rien faire sans l'assentiment de M. Marty; mais il fallait commencer : c'était son refrain. « N'eussiez-vous, disait-il, ni règle, ni chapelle, ne laissez pas de suivre la voix qui vous appelle à faire la bonne œuvre : Dieu vous bénira ! » Poussée et excitée de la sorte, la Servante de Dieu n'avait cessé ses prières non plus que ses démarches pour trouver une maison propice au dessein qu'elle nourrissait. Elle parvint à en découvrir une à peu près convenable. Le propriétaire avait de
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grandes exigences. Après hien des pourparlers, Emilie se décide et consent à passer par toutes les conditions qu'il imposera. Aussitôt l'homme change d'avis et se refuse absolument à faire un bail. Personne ne se souciait de louer à quatre filles de bonne maison, il est vrai, mais sans ressources pécuniaires, ne pouvant donner aucune garantie et voulant, malgré leurs familles, se lancer dans une entreprise, sur laquelle il n'y avait qu'une voix. Dans la ville, comme dans les familles et dans la maison de M™"^ Saint-Gyr, l'accord était unanime en effet. Si on excepte un des curés de Yillefranche (1), et un vénérable ecclésiastique (2) qui, pendant l'absence de M. Marty, avait dirigé la maison de M"^ Saint-Gyr, le clergé lui-même riait volontiers des projets de nos pauvres demoiselles, et il ne
(1) Joachim Dauros, né en 1755, à Espinassette, exerçait déjà avant la Révolution le ministère à Villefranche, d'oii il ne s'éloigna jamais, et où il ne cessa de remplir ses saintes fonctions. Nommé curé de la paroisse de Saint-Joseph de Villefranche, aussitôt que le calme fut rétabli, il garda ce poste jusqu'à sa mort. C'était un homme patriarcal, d'une sévérité exemplaire et d'une humilité admirable.
(2) François-Henri Grimai, de la paroisse do Cassagnc- Begonhès, né en 1755, prêtre distingué de toutes manières, canoniste savant et habile jurisconsulte, ne quitta pas le diocèse durant la Terreur; il rendit de grands services à Villefranche et aux paroisses voisines, où il exerça en secret lo saint ministère durant tout le temps des persécutions. Il devint,après le concordat, curé de Rieupeyroux; il mourut à Villefranche le 18 avril 1838. Il avait quatre-vingt-deux ans.
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cessait de rire que pour blâmer. Les choses en vinrent à ce point, que le découragement se glissa parmi les compagnes de la Vénérable. Il y eut un peu d'hésitation : on se demanda si on était bien assuré de la volonté de Dieu, et si tant d'oppositions ne contenaient pas quelque manifestation de la Providence. La Servante de Dieu ne partagea pas ces craintes; elle exprima, au contraire, avec tant de force sa conviction qu'elle la fit partager de nouveau à ses compagnes ; comme il arriva plus tard si souvent dans la congrégation de la Sainte- Famille, les scrupules, les hésitations et les raisonnements les plus spécieux du monde ne tinrent pas devant son énergique confiance. Une de ses compagnes, cependant, s'enhardit un jour jusqu'à élever des objections et à demander s'il n'y avait pas quelque entêtement à résister ainsi à des impossibilités manifestes : « Ne faut-il pas aller jusqu'à l'impossible ? » répondit doucement M"° de Rodât.
Les embarras ne devaient pas durer toujours. Une pieuse demoiselle de Yillefranche (1) offrit de
(I) M"e Victoire Alric, native de Lanuéjouls et pensionnaire de Mme Saint-Gyr, aimait beaucoup M"« de Rodât et rendit à la Sainte-Famille tous les services en son pouvoir. Quand la Mère Emilie se rendait à Aubin, elle acceptait à Lanuéjouls l'hospitalité dans la famille de M"- Alric, où elle lui était toujours offerte et donnée avec la plus grande cordialité. Les Sœurs de la Sainte-Famille faisaient comme leur Mère, et leur présence causait toujours une joie singulière à M"° Alric. Elle était d'une douceur et d'une aménité de caractère merveilleuses. Sa charité
louer la moitié d'une maison occupée par divers locataires. La maison était malsaine, sans jardin, masquée par de grands murs qui interceptaient Tair et la lumière. Sans doute, afin de tenter l'impossible, la Vénérable voulut passer par-dessus ces incommodités; elle remercia le bon Dieu de la belle découverte qu'elle venait de faire, et s'engagea à donner 400 francs de loyer. L'argent manquait tout à fait. M"" de Rodât avait reçu de ses parents une petite somme destinée à sa toilette ; elle l'employa à acheter quelques provisions. On n'avait rien pour monter l'humble ménage de la nouvelle communauté. Dans cette extrémité et aussi dans son impatience, Emihe se décide à écrire à ses parents pour demander un peu d'argent. On lui répond de vendre quelque chose des provisions de cuisine qu'elle avait achetées. Malgré les résistances qu'elle avait rencontrées dans sa famille, la Servante de Dieu ne s'attendait pas à cette réponse. Son cœur en fut profondément blessé. Elle sentit et vit sa solitude sur la terre ; elle en fut effrayée sans se décourager
était grande, et la meilleure partie de son temps était consacrée à la visite des pauvres et au soin des malades, à qui elle préparait les médicaments nécessaires. Il y avait dans ses rapports avec la Mi'ro Emilie une aimable lamiliarité. « Comment le bon Dieu vous traite-t-il? demandait M"" Alric. — Toujours la même chose, répondait la Mère ; mais qu'il coupe et qu'il brûle en cette vie, pourvu qu'il m'épargne dans l'autre, je suis contente! 1) M"° Alric est morte ù Lanuéjouls; nous n'avons pu nous procurer la date do sa mort
toutefois; elle tourna ses regards vers Dieu, et alla porter devant le saint Sacrement la réponse qu'elle venait de recevoir; fondant en larmes alors, elle dit au Seigneur : « Puisque mon père et ma mère re- « fusent de m'assister, j'ai la confiance que vous « me tiendrez lieu de l'un et de l'autre. »
Dans cette confiance, et convaincues désormais qu'elles n'auraient aucun appui humain, nos quatre demoiselles n'aspirèrent plus qu'à se retirer au plus tôt dans la petite bergerie que le Seigneur leur avait préparée. Elles voulurent s'abandonner à lui et lui laisser le soin de pourvoir à toutes leurs nécessités, ne songeant, pour leur part, qu'à travailler à sa gloire et au salut des âmes. Les égards qu'elles tenaient à conserver envers M"'^ Saint -Gyr les retinrent encore quelques jours : la générosité de cette dame et la bienveillance avec laquelle elle avait accueilli leur projet, étaient, aux yeux de nos amies, un motif de garder tous les ménagements possibles. Elles hésitaient à lui causer des embarras ; mais elles soupiraient chaque jour plus ardemment après le moment heureux où elles seraient séparées du monde : la pensée du moindre retard les faisait souffrir; elles prièrent, et le divin époux ménagea les circonstances. Pendant qu'Emilie et ses compagnes préparaient tout, en effet, pour raccomplissement de leur désir, M™® Saint -Gyr reprit le projet de former de sa maison une communauté régulière : cette fois,
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les choses allèrent assez loin pour qu'on crût le succès assuré. Cette nouvelle organisation permit de décharger M"° de Rodât et ses compagnes des divers travaux d'instruction qu'elles avaient acceptés. En même temps, la portion de maison que M""' de Rodât avait louée, et qu'elle ne devait occuper qu'à la Saint-Jean, se trouva, par suite de circonstances imprévues, entièrement hbre dès le mois d'avril. Vers la fm de ce mois, W^^ de Rodât et M"« Boutaric étaient allées visiter les lieux et se rendre compte des dispositions à prendre pour leur premier établissement. La propriétaire, qui prenait un grand intérêt à la nouvelle fondation, conseilla à M"* de Rodât de ne plus quitter la maison, d'écrire à M"® Saint-Gyr et d'envoyer chercher ses deux compagnes. On suivit ce conseil; et ce soir-là môme, 30 avril 1816, elles s'installèrent toutes les quatre dans leur nouvelle demeure.