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en faveur des malades, la provision d’eau douce et le lit complet qu'on avait eu l'attention de faire mettre pour elle dans le bâtiment. Quant à la charitable missionnaire qui s'était peu préoccupée de se pourvoir de ces adoucissements, elle se contentait de l’eau que l'on servait aux matelots et prenait un peu de repos sur les cordages du navire. Enfin son séjour sur ce vaisseau fut une véritable mission : elle instruisait les matelots et les soldats, leur faisait le catéchisme, récitait les prières du matin et du soir, et vaguait encore à d’autres exercices de piété, sans que les incommodités de la mer pussent jamais ralentir l'ardeur de son zèle.
Il y avait plus de soixante jours que le Sasnt- Nicolas était en mer, quand enfin, le 22 septembre 1653, il parut devant Québec.
Notre arrivée, écrit la Sœur Bourgeoys, donna la joie à tout le monde.
À ce moment, la colonie était sur le penchant de sa ruine. La recrue de M. de Maisonneuve allait lui rendre la vie. Aussi toute la population se porta avec empressement à l’église pour chanter un Te Deum d'actions de grâces.