EN CANADA
LLPEPIES
A Ville Marie, elle est la mère de tous.
Rétablissement de la Groix de la montagne.
Il faut maintenant suivre notre héroïne sur cette terre de la Nouvelle-France, sa patrie d'adoption, sur ce sol béni qu’elle ‘ait féconder de ses sueurs avec tant de profit pour Eglise.
La recrue de M. de Maisonneuve fut forcée de prolonger son séjour à Québec ; la Sœur Bourgeoys entra en relation avec les religieuses Ursulines qui ne tardèrent pas à apprécier ses vertus et son mérite. Elles lui offrirent de la recevoir dans leur communauté. La future fondatrice leur en témoigna sa reconnaissance, mais ne crut pas devoir accepter cette proposition, incompatible avec la mission que le ciel lui avait confiée. C’est à Ville-Marie que la Très Sainte Vierge appelle l’apôtre de son choix, c'est là que cette fille soumise aux volontés de Dieu va faire aimer et servir son auguste Souveraine. Elle arriva à Montréal le 16 novembre
Quatre années s’écoulèrent avant qu’elle pût exercer son zèle pour l'éducation chrétienne des enfants. On la voyait alors visiter et servir les malades, ensevelir les morts, consoler les affligés,
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instruire les ignorants, blanchir ei raccommoder les hardes des pauvres et des soldats, se dépouiller, en faveur des nécessiteux, des choses les plus indispensables. « Au cours d'un rude hiver, raconte l’un de ses historiens, un soldat transi de froid vient
se plaindre à elle qu’il n'a point de lit. La’ Sœur, sans balancer, lui donne son matelas. Peu après, un autre se présente et expose, à tort ou à raison, le même besoin; elle lui donne sa paillasse. Deux autres, sans savoir qu’elle se dépouille elle-même, font à leur tour appel à sa charité; elle leur distribue ses couvertures. »
A:rivée d: la Sœur Bourgeoys à Ville-Marie.
Dans la traversée de France au Canada, M. de Maisonneuve avait souvent parlé à la Sœur Bcurgeoys de la « Croix » qu'il avait fait planter sur le sommet de la montagne, le 6 janvier 1643, et lui avait promis de l’y conduire lorsqu'ils seraient arrivés à Ville-Marie. Pour s'acquitter de sa pro-
messe, le pieux gentilhomme fit accompagner la Sœur ‘à la montagne par une escorte de trente hommes, en cas d'attaque. Mais on ne trouva plus la croix ; les sauvages l'avaient enlevée et détruite pendant l'absence du gouverneur. La Sœur Bourgeoys pria M. de Maisonneuve de la faire rétablir : ce qu'il agréa volontiers, la chargeant elle-même de diriger cette entreprise. Pendant trois jours elle
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L? Sœur Bourgeoys fait rétablir la croix de la montagne.
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