‹ Vie de la vénérable mère Marguerite Bourgeoys [microforme]Chapitre 5 sur 19 · CE EE · texte numérisé non relu

CE EE

mère. Son père, remarquant en elle une gravité et une prudence peu ordinaires, lui confia le soin intérieur de la maison et l'éducation de ses deux plus jeunes enfants. Elle préludait ainsi, au milieu des siens, à la sublime mission à laquelle Dieu la destinait.

Nous ne savons rien des vertus qu'elle pratiqua dans cette charge de maîtresse de maison qu'elle eut alors à remplir; mais tout porte à croire que, par son dévouement et sa tendresse, elle fut l'ange du foyer domestique et la consolatior de son père. Sa modestie lui a fait taire tout ce qui aurait pu tourner à sa louange ; mais son humilité l’a souvent fait s'accuser avec douleur des fautes de vanité qu’elle croyait avoir comimises à cette époque de sa vie.

Fidèle aux traditions des familles chrétiennes, elle ne souffrait rien d’exagéré dans sa parure. Toutefois, comme sainte Thérèse avant sa conversion, elle ne se faisait pas scrupule de mettre quelque recherche dans ses ajustements. Cette inclination à la frivolité était un fil qui l'empêchait de prendre son essor vers une vie plus parfaite. Mais Dieu, qui voulait cette Âme tout à lui, rompit bientôt ce faible lien par l'intervention de la Vierge du Rosaire.

On était au premier dimanche d'octobre 1640. Les Dominicains de Troyes célébraient ce jour-là la fête du Saint-Rosaire par une procession solennelle. Répondant à un mouvement particulier de la grâce, Marguerite suivit le pieux cortège. Arrivée

evant l'abbaye de Notre-Dame-aux-Nonnains, elle s'arrêta un instant pour saluer la statue de la Vierge qui surmontait le portail. À ce moment, la Madone lui apparaît d’une beauté ravissante et toute céleste, abaissant sur elle un regard d'une

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indicible tendresse, Marguerite, ravie et comme en extase, oub..e la terre. Et ce rayon de grâce que la Très Sainte Vierge laisse tomber sur elle est comme un trait pénétrant qui porte dans son cœur l'amour

le plus ardent envers Marie et la remplit de mépris pour les choses créées.

Après la touche: que j'avais eue, écrit-elle plus tard dans les Mémoires qu’elle rédigea par l’ordre de son confesseur, je me trouvai si changée que cela paraissait à tous... Dès ce moment, je quittai tous mes petits amusements et me retirai d'avec le

Marguerite sent son cœur changé à la vue d'une image de la Vierge.

monde pour me donner au service de Dieu. Elle ne porta plus dès lors que des vêtements très simples, de “ouleur brune ou noire, sans dentelles, ni autres ornements superflus.

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