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Elle désire se faire Religieuse. — Essai d’une Communauté à Troyes. — L'Enfant Jésus se montre à elle.
Pour soutenir sa ferveur, Marguerite entra dans la Congrégation externe dirigée par les religieuses de la fondation du Bienheureux Père Fourier.
C'était une association ïe jeunes personnes qui, sans contracter aucun engagement de conscience, s’assemblaient les jours de fêtes et de dimanches pour accomplir certaines pratiques de religion et de charité envers le prochain.
La pieuse congréganiste répandit l'édification parmi ses compagnes : elle était de toutes les bonnes œuvres, de tous les généreux’ dévouements. La première à remplir ses obligations, elle fut bientôt choisie pour exercer la charge de préfète, qui lui fut conservée tout le temps qu’elle demeura à Troyes,
Ce zèle pour le bien, Marguerite le puisait dans sa grande dévotion envers la Très Sainte Vierge. Depuis le jour où elle s'était sentie si vivement touchée à la vue de l'image de Marie, l'occupation habituelle de son esprit et de son cœur était de s’unir aux dispositions qui avaient animé toutes les actions de cette divine Mère lorsqu'elle était sur la terre. Cette pratique sanctifiante à laquelle elle fut
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toujours fidèle, explique comment elle semblait voler plutôt que marcher dans le chemin de la vertu,
Tout en s'appliquant à ces œuvres de piété et de dévouement, Marguerite nourrissait dans son cœur le désir de se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Son amour envers la Très Sainte Vierge, et son attrait pour la mortification la portèrent à solliciter son entrée chez les Filles de sainte Thérèse ; mais Dieu qui l'avait choisie pour être la fondatrice d'un Institut de vierges destiné à honorer sa Très Sainte Mère dans la Nouvelle-France, permit que ses démarches n'eussent aucun résultat, ni au Carmel, ni chez les Clarisses, où elle avait aussi manifesté le désir d'être admise.
Cependant, elle demeurait inébrarlable dans sa résolution d'être toute à Dieu. Alors elle conçut le projet de se lier à son service, même au milieu du monde, par les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Elle avait vingt-deux ans.
Son confesseur, M. Jendret, lui avait dit d'abord qu’il ne lui permettrait cet acte d’héroïsme chrétien qu'à l’âge de trente ans. Mais touché de son humilité et de sä soumission, autant qu'étonné des merveilleuses opérations de Dieu en elle, il lui pe”àit, après un an d'épreuve, de prononcer le vœu de chasteté perpétuelle, et plus tard celui de pauvreté : ce qu'elle fit, avec toute la ferveur possible, le jour de saint Thomas, apôtre, le 21 décembre 1643.
Puis, frappé des'circonstances qui avaient empèché Marguerite d'embrasser la vie cloîtrée, et réfléchissant à ses rares qualités pour la direction de la jeunesse, il pensa qu'elle était peut-être appelée à former une Communauté pour l'instruction des jeunes filles de Troyes, œuvre qu'il avait lui-même à cœur.
I lui communiqua donc son projet, lui adjoisnit deux compagnes, leur traça un réglement, et fit commencer une école.
Ce bon Père, raconte la Servante de Dieu sur la fin de sa vie,me parla un jour du dessein de fonder one Communauté pour honorer l’état de la Sainte Vierge dhns sa vie voyagère... Ce projet me fut dien agréable.
‘ La Sœur Bourgeoys déploya dans l'exercice de ses nouvelles fonctions un talent et une sagesse vraiméent remarquables.
‘Le trait suivant témoigne de la puissance de son zèle et de son héroïque charité.
‘Deux libertins entraînaient un jour une jeune fille malgré elle. Informée de cette action audacieuse, Pénergique Marzuerite saisit un crucifix, s'élance dans la rue et court après eux.
‘ Arrêtez! s'écrie-t-elle, ef laissez aller cette fille. Pour toute réponse l’un d'eux dirige vers elle un pistolet. Zirez, lui dit-elle, mais sachez que c’est à Jésus-Christ lui-même que vous aurez à rendre compie de votre conduite, et qu'il vous punira. Il n’en fallut pas davantage pour les mettre en
fuite, et la jeune fille courut se jeter dans les bras
de sa libératrice.
Mais la France ne devait pas être le théâtre du dévouement de Marguerite Bourgeoys : l’œuvre de M. Jendret tomha d'elle-même. Quelle déception pour celle qui avait cru enfin conraître les d°sseins de D'eu sur elle! Mais cette épreuve ne fut pas la seule. Vers ce même temps, elle eut encore la douleur de perdre son père. Après l'avoir assisté pendant sa maladie et à sa mort avec une tendresse toute filiale, elle eut le courage de l’ensevélir de ses propres mains, ne voulant pas qu'une autre qu'elle lui rendit ce dernier devoir. Cette
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