‹ Vie de Lalibala, roi d'ÉthiopieChapitre 12 sur 48 · Alvarès, Verdadeira informaçâo, p · texte numérisé non relu

Alvarès, Verdadeira informaçâo, p

3. Acliille Raffray, Voyage en Abyss. et au pays des Gallas-Raïas {/bulletin de la Soc. degéogr. de Parisy 1882, p. 345). -

4. Bruce, Voyage, t. III, p. 336, 337;* Sait, Voyage en Abyssinie, t. II, p. 266, « ce qui est aussi rapporté, dit cet écrivain^ dans les historiens arabes de l'Éf^ypte et indi(jué à Tannée 831 de l'ère diocjéfienne ou à l'année 1095 de lere chrétienne ». Cf. René Basset, Études sur Vhistoire d'Ethiopie, note 63. — On nomme El-Makin, comme l'historien racontant ce fait à l'occasion d'un voyage fait en Ethiopie par le patriarche Mikhaïl à la suite d'une baisse considérable du Nil que

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fait de ce projet et des causes qui l'auraient empêché d'aboutir :

« Cependant Lalibala, en voulant détourner le cours du Nil, ne conçut pas la folle idée de le faire sortir de son canal, entreprise dont la possibilité a si longtemps et si mal à propos occupé les esprits. Il avait seulement le dessein d'affamer l'Egypte, et comme la fertilité de ce pays n'est point due au cours ordinaire du Nil, mais à ses débordements produits par les pluies du tropique, il avait, dit-on, trouvé et calculé d'après une inspection très attentive que dans les hautes parties des montagnes oià il coule plusieurs rivières, ces rivières pouvaient être interceptées par le moyen de mines et rejelées du côlé du sud au heu de

l'on attribuait aux entreprises de ce roi. Voici la traduction latine du texte arabe d'El-Makin : « Tempore illius, Nilus quamplurimum decrevil, ila ut Mustansirus [Mostanser, sultan d'Fgr/pte) illum [le •patriarche Michel, 809-818 ère des Martyrs) in .'Ëtbiopiam milteret cum muneribus et ornamentis nmltis, eique obviam venit Rex ejus, et cum.reverenter eum excepisset, quaesivit quâ de causa eô venisset, et exposuit illi qua Nilo ^E^ypti aquai penuria laborante magnum terrae ejus et incolis damnumimpenderet. Ilaque diverticulumrecludi jussit ut aqua inde ad ^Egyptios deflueret propterea quod eô usque Patriarcha venisset, et accrevit jNilus una nocte ad tria brachia ita ut coimplelo campi ^gypto irrigati atque consiti fuerunt. Magnoque cum honore rediit Patriarcha in ^Egyptum et princeps Mustansirus benefîciis illum et dignitalibus ornavit » {Historia sarracenica..latine reddita opéra et studio ,Thomœ Erpenii. Leyde, 16'25, in-4", 1. III, ch. VIII, p. 358, 359. Note communiquée par M. René Basset). « La date de 1095 donnée par Sait pour l'époque de Lalibala est fausse ; l'écrivain anglais semble avoir admis ce prétendu voyage, mais l'auteur contempoiain du patriarche a passé ce conte sous silence. Maqrizy, qui l'a rapporté [Khitat^ t. II, p. 496) ne nomme pas le prince éthiopien. Legrand [Relation historique d'Abyssinien p. 217) avait déjà montré l'invraisemblance de ce récit y>. René Basset, op. laud., note 63,

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tomber dans le Nil, qu'elles grossissent considérablement en se précipitant vers le nord. De cette manière, il crut être capable d'empêcher le fleuve de croîl re au point de jamais inonder et fertiliser l'Egypte ; et il était si sûr du succès de son projet, à ce que m'ont assuré les habitants de ces contrées que, détournantle cours de deux grandes rivières, il les porta du côté de l'océan Indien, où depuis elles ont continué à couler. Il avait de plus commencé un nivellement vers le lac Zawaïa, où plusieurs rivières se versent au commencement des pluies et il aurait efîectivement par là détourné le cours de toutes ces rivières, ce qui n'eût pu que diminuer considérablement le courant qui est audessous.

« La mort empêcha Lalibala d'exécuter ce projet. Tous ces ouvrages ont été faits dans le pays de Shoa, et Amha- Yasous, prince de Sboa, jeune homme plein d'esprit, avec lequel j'ai vécu plusieurs moisàGondar dans la plus grande intimité, m'assura qu'on les voyait encore et qu'ils étaient faits de manière à ne pouvoir*se méprendre sur leur usage.

Amha-Yasous me dit aussi que dans les annales

du Shoa, il était dit que Lalibala ne fut point arrêté dans son travail par la mort; mais que les moines lui avaient persuadé que si une grande quantité d'eau était portée dans les royaumes arides d'Hadea, de Mara et d'Adel, qui croissaient chaque jour en population et qui étaient déjà aussi puissants que l'Abyssinie elle-même, ces royaumes stériles deviendraient le jardin du monde; qu'aux premières approches de la diminution du Nil un si grand noml)re de Sarrazins abandonneraientrÉgypte et viendraient s'établir dans ce pays, que non seulement ils s'affranchiraient de sa domination, mais qu'ils seraient assez forts pour envahir l'empire entier d'Aljyssinie. D'après ces conseils, continua Amha-Yasous, Lalibala renonça à son premier plan, qui

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était d'affamer TÉgyple, et il en exécuta un second en em-s ployant ses ouvrier» à creuser des églises souterraines.

a Don Roderic de Lima, ambassadeur du roi de Portugal, vit en 1522 les restes de ces grands ouvrages et il voyagea dedans pendant plusieurs jours, ainsi que nous l'apprend AlvareZ;, chapelain et historien de cette ambassade*. »

Cette tradition, qui est sans doute de beaucoup postérieure à l'époque de Lalibala ', a donné naissance à un conte que l'on dit encore aujourd'hui chez les Bogos et que M. Denis de Rivoyre, qui parcourut ce pays, a recueilli de la bouche de son interprète Gœrguis (Georges)'.

Il existe dans le Mensah, à quatre ou cinq journées de

1. Brqce, Voyage aux sources duJSil, traduction Castéra. Londres, 1790, in-8, t. III, p. 336-339.

2. C'était au commencement du xvi' siècle une croyance répandue que le roi d'Élhiopie était maître d'affamer et de détruire l'Egypte en détournant le cours du Nil. En 1511, Frère Jean Thénaud, dans la relation de son voyage en Orient, y faisait allusion : « La quarte nation est des Abassins ou Elhiopes qui sont de la terre d'icelui Roy et pripce que, en langue corrompue, nommons le prebstre Jehan qui est assez craint du soubdan pour ce que iceliuy prebstre Jehan lui peut diminuer l'eaue du Nil ; et par ainsi la plus grande partie de l'Egypte seroit stérille » [Le voyage d'Outremer de Jean 7 henaud, gardien du couvent des Cordeliers d'Angoulême, éd. Schefer, t. V du Recueil de voyages et de documents pour servir à l'histoire de la géographie depuis le xin^jusquà la fin du x\\^ siècle. Paris, 1884, in-8», p. 99).

Le projet de détourner le cours du Nil est attribué à Albuquerque par Maffei, Historiarum Indicarum libri XVI (Lyon, 1637, pet. in-8, 1. XV, p. 233) : « Facinora duo apprime gloriosavastodudum agitabat animo (Albuquerque) : alterum, ut Nili fluenta, novo etspatii longe breviorisalveo, Abassinisadinventibus, in Arabicum sinumayerteret, actotam^gyptum Turcisredderet prorsusinfructuosam. » P^'otes communiquées-par M. Basset.

3. Denis de Rivoyre, Aux pays du Soudan^ Bogos, Mensah, Suakim. Paris^ Pion, 1885, p. 223.

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