‹ Vie de Lalibala, roi d'ÉthiopieChapitre 15 sur 48 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

se disposaient à l'enterrer, mais ils n'osaient le faire parce que le corps était encore chaud. Tout à coup il se leva comme un homme qui se réveille après un profond sommeil. Ses gens l'entourèrent et lui demandèrent ce qui lui était arrivé, mais il ne voulut rien leur dire de ce qu'il avait vu dans le ciel.

Pour échapper aux vexations de son frère et de ses courtisans, LaHbala prend la résolution de quitter sa famille et se retire dans un désert, où il vit d'animaux qu'il tue à la chasse ou de perdrix qu'il prend dans des filets.

Un jour l'ange qui l'avait transporté au ciel, lui apparut et lui annonça que le lendemain une jeune fille dont il lui dépeignit les traits se rendrait dans le désert. Cette jeune fille deviendra ta femme, lui dit-il; elle a été choisie par Dieu à cause de ses bonnes œuvres. Lalibala fît quelques objections à ce mariage, mais l'ange insista et Lalibala finit par y consentir. Le lendemain matin, il aperçut une jeune fille qui ramassait des herbes et lui parla comme l'ange lui avait dit; puis il alla demander sa main à son père. C'était aussi un homme craignant Dieu; il accueillit la demande de LaHbala et sa femme donna son consentement au mariage. Lalibala épousa donc cette jeune fille, qui sera connue désormais sous le nom de Masqal-Kebrâ

Son frère, ayant appris ce mariage par des personnes qui lui en avaient parlé en de très mauvais termes, le manda à la cour et le fit frapper avec un fouet de cordes parce qu'il avait épousé une jeune fille qui avait déjà donné sa foi à un autre. Mais les anges le protégèrent et il n'eut aucun mal.

Il retourna près de sa femme et ils se retirèrent tous

va, bâtis dix églises où les pécheurs trouveront le salut. Il se leva, régna et bâtit, comme l'ange du Seigneur le lui avait montré jo {Manuscrit éthiopien de Lalibala traduit pour M . Raffray).

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les deux dans le désert. Cependant son frère, qui voyait en lui un prétendant à la couronne, ne tarda pas aies poursuivre de nouveau. 11 envoya des troupes dans tout le pays pour les chercher et les ramener; mais un ange les prévint du danger et les conduisit en un lieu sûr, dans le pays de Mesràq (l'Orient), sur les confins de TÉthiopie.

Cet ange était Gabriel, qui avait toujours veillé sur Lalibala ; il lui annonça ensuite qu'ils allaient partir tous les deux pour Jérusalem '. A cette nouvelle^ Masqal-Kebrâ eut

1 . Il existe parmi les Ethiopiens des légendes relatives au voyage de Lalibala en Judée. On trouve dans Paul Soleillet, Explorations éthiopiennes. Rouen, 1886, in-4, p. 270, note 1 : « Les Amaras seraient venus de Judée en Ethiopie en l'an 1200 (après ou avant J.-C), avec l'empereur Lalibelâ. Ils s'établirent d'abord dans le Saint (?), d'où ils se répandirent dans des régions nombreuses nommées actuellement : Amara, Menza, Oualo, Choa, Kaffa même. » Lalibala parait ètrecon fondu ici avec Ebna-Hakim, fils de Salomon et de Makeda. Voici encore une autre légende concernant saint Abo, oîi il est fait mention du pèlerinage de Lalibala. D'après Borelli, Ethiopie méridionale. Paris, 1890, in-4, p. 208, « saint Abo, dont l'église est encore vénérée à Zoukouala, dans le Chaoua, était un saint catholique originaire de Gênes, qui vint en Abyssinie dans un temps très éloigné de nous ». Soleillet {op. laud., p. 281-283) place l'église du saint sur l'Amba de Tamo entre Dabra-Berhan et Dabra-Libanos. D'après la légende, telle qu'il la rapporte, Abo naquit dans une ville du nord, nommée Nehisa, le jour de Noël, à minuit. Son père et sa mère appartenaient aux plus grandes familles du pays des Francs. Le nom de son père était Semeon, celui de sa mère Labsia. En sortant de l'utérus maternel, il se jeta par terre, la baisa et dit : Gloire à Dieu, je suis sorti des ténèbres. Il reste un moment agenouillé en prières, est baptisé, se lève et part sans avoir même pris une seule fois le sein de sa mère. Abo, en quittant la maison paternelle, se rendit à Jérusalem, et de là en Ethiopie, où il se fit ermite, d'abord sur le mont Zaqualâ (le Zakouala de Borelli), et ensuite à Medr-Kbd {sic) dans le pays des Gouragués. L'empereur Lâlibalâ, fils de l'empereur Zôn [sic), chassé par son frère Harebeie {sic)y du trône d'Ethiopie, s'était réfugié à Jéru-

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