XII INTRODUCTION
Grâce à toi, les peuples d'Ethiopie, trouvèrent le repos, Après avoir ordonné sur eux un imposteur, Lorsqu'ils farent un objet de mépris pour le voisin et de
[dépouilles pour l'ennemi.
(c Le judaïsme de la reine persécutrice est formellement affirmé par les listes royales éthiopiennes et généralement admis par les écrivains modernes. Les Abyssiniens lui donnent le nom de Guedit ou Judith et le sobriquet de Esât « Feu » (suit, la reproduction en italien du passage de l'article de M. Guidi, dont nous avons donné plus haut la traduction).
a Je suis absolument d'accord avec M. le professeur Guidi sur l'inexactitude de la forme 4>^-%~^l ou *^^*'4)\ mais comme la correction qu'il propose, en admettant d'emblée le judaïsme de la reine, laisse de côté le nom de Zâguê que les Abyssiniens attribuent à cette dynastie, je pense que le mot de l'énigme doit être cherché dans une voie différente. A mon avis, le passage dont il s'agit est correct, sauf pour le mot \y^\^ qu'il faut lire Aj^i^li. Les Béni el- Hafjida sont simplement les aborigènes du pays, nommés communément Agau ou Agaou. Peut-être s'agit-il en particulier des habitants de TAgaoumeder soulevés contre la domination du négus sous la 'conduite d'une femme et par suite de l'élection d'un aboûna protégé par celle-ci et repoussé par le négus. Cela résulte de ces paroles du salâm : « parce qu'ils avaient ordonné sur eux un impos- « teur». Le passage arabe appelle la reine j^y», c'est-à-dire très probablement Hêwân^ Eve (à moins qu'il ne faille lire j^ y» , il arriva que)^ mais l'écrivain éthiopien semble l'avoir interprété par l'arabe j^^ « vil, méprisé » et y avoir fait allusion dans l'expression : « Lorsqu'ils furent un « objet de mépris pour le voisin se'elata gôr-t^ Les auteurs éthiopiens ont tous puisé à celte source unique. Ils avaient
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transcrit tout d'abord l'ethnique K^k» Hag'uia, très servilement Hâguê, mais cette forme, grâce à la similitude des caractères hâ et zd en écriture guëez, s'est définitivement altérée en Zâguê, Zagué. Quant à la religion de la reine, il n'y a pas une ombre de vraisemblance que ce fût le judaïsme : tous les princes Zagiiés, sauf un seul, portent des noms chrétiens '. »
M. Halévy insiste tout particulièrement sur ce point que la lettre dont il est question dans l'histoire arabe a été écrite par Delnaod lui-même, qui raconte au roi de Nubie les événements survenus dans son royaume par le fait de la révolution occasionnée par la reine agaou. Le document arabe nous apprend qu'après l'arrivée de l'abonna Daniel, le calme se rétablit en Ethiopie. M. Halévy pense qu'il n'y a pas eu un changement de dynastie, mais un simple interrègne de peu de durée.
L'origine salomonienjie de la dynastie du Shoa se rattachant à Delnaod pourrait néanmoins, d'après lui, reposer sur une tradition exacte, car la présence du roi d'Abyssinie dans le Shoa est fréquemment constatée dans les chroniques et Delnaod a pu laisser un de ses descendants comme viceroi dans ce pays. D'autre part, Mara-Takla-IIaymanol serait de la même dynastie chrétienne et aurait été le successeur direct de Delnaod sur le trône d'Aksum.
Je viens de rapporter les diverses opinions qui ont été émises sur cette révolution. M. René Basset a résumé, dans ses Etudes sw l'histoire dEihiopie''^ l'état du royaume abyssin pendant la période qui précède immédiatement cet événement : « Sous un des derniers rois de la famille