‹ Vie de Lalibala, roi d'ÉthiopieChapitre 8 sur 48 · Joseph Halévy, Revue des Études juives, 1889, p · texte numérisé non relu

Joseph Halévy, Revue des Études juives, 1889, p

2. Note 60; ce résumé est fait d'après Renaudot, JJisforia Palriarl'IiarumJacohitnrum^ p. 336-341.

XIV INïRODUCTiON

saloinonienne, le patriarche d'Alexandrie Cosmas (923-934) envoya comme métropolitain d'Ethiopie un moine nommé Pierre. Le roi le reçut avec de grands honneurs et, en mourant, le laissa maître de choisir entre ses deux fils celui qui devrait monter sur le trône. L'abouna désigna le plus jeune. Sur ces entrefaites, deux moines coptes, iMénas et Victor, mécontents de Pierre, fabriquèrent de fausses lettres dans lesquelles le patriarche d'Alexandrie déclarait que l'abonna était un imposteur. Le frère aîné du roi s'en servit pour détrôner celui-ci et donna à Menas le litre de métropolitain. Toutefois le patriarche découvrit la fraude et excommunia Menas qui fut tué par le roi. Celui-ci redemanda l'ancien abonna qui venait de mourir et, à son défaut, obligea un disciple de Pierre à en remplir les fonctions sans lui permettre d'aller se faire ordonner en Egypte. Les cinq patriarches qui se succédèrent après Cosmas n'envoyèrent plus de métropolitain en Ethiopie. »

11 est fort possible qu'à la faveur des troubles occasionnés par la rivalité des deux frères et des abonnas, une princesse d'une province voisine ait pu provoquer un soulèvement du peuple, qui aurait obligé le roi d'Aksum à s'éloigner momentanément de sa capitale. Ouant à la question de savoir s'il y a eu réellement un changement de dynastie, il est, je crois, très difficile de se prononcer. Du reste toute cette période historique est très obscure. On ne sait absolument rien des successeurs de Mara-Takla-Haymanôt jusqu'à Lahbala.

m. — mSTOIRE DE LALIBALA

Avant d'examiner la Vie de Lalibala contenue dans le manuscrit éthiopien du British Muséum^ je vais donner un

INTRODUCTION xv

aperçu de l'histoire de ce roi d'après les écrits des auteurs qui se sont occupés de l'Abyssinie et les relations des voyageurs qui ont visité le pays.

La liste des rois éthiopiens de la famille des Zagiiés se borne à mentionner le nom de Lalibala. Ces princes n'étant pas de la lignée de Salomon, dit Bruce, on n'a inséré dans les annales de l'Abyssinie rien de ce qui les concerne, excepté la vie de Lalibala, qui passe pour un saint et qui vécut vers la fin du xn° siècle ou au commencement du xiir '.

Lalibala naquit dans le Lasta, à Koha, ville connue aujourd'hui sous le nom de Lalibala *. A sa naissance un essaim d'abeilles vint l'entourer et lui annoncer sa grandeur future, car il fut le plus illustre et le plus célèbre de tous les princes de sa famille ^ 11 n'était pas fils d'un roi; mais fils d'une sœur du roi du pays. Ce roi mourut sans avoir d'enfant mâle et son neveu hérita du royaume*. Suivant l'historien arabe consulté par Renaudot, son père se nommait Shenoudi et sa femme Masqal-Gabrit (servante de la croix)'; mais d'après un passage d'un manuscrit éthio-

1 . l^ruce, Voyage aux sources du \ il, Irad. Caslera. Londres, 1790, in-8, t. III, p. 334; René Basset, Etudes, note 63.

"2. Ant. d'Abbadie, Cat. des mss. élhiopiens, n" 139; René Basset, op. laud. et loc. cit.

3. « Sed longe clarissiraus et magnificentia exstructorum temploriim celeberrimus est Lalibala eu jus futuram magnitudinem examen apum, recens nato infanti sine noxia insidens, porlendit » (Ludolf, Hist. -^//<.,l.II,cap. V, 8 et9. — cf. Alvarès, Verdadeira informaçào das terras do Preste Joào. Lisboa, imprensa nacional, 1883, p. ô'i; Ant. d'Abbadie, Catalogue, n" d39.

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