‹ Vie de Lalibala, roi d'ÉthiopieChapitre 9 sur 48 · Alvarès, op. laud., p. 6l · texte numérisé non relu

Alvarès, op. laud., p. 6l

5. Cf. René Basset, Etudes sur V histoire d'Elkiopiey note 63. Le nom donné par Renaudot est erroné; dans un travail récent, M. le professeur Guidi a repris i'e.\amen du texte aiabe. Vu l'importance

XVI INIRODUCTION

pien conservé à Lalibala et traduit par le P. Duflos, mis-

de ce texfe, je crois devoir reproduire en entier l'article de M. Guidi. Il s'agit de l'envoi de labouna Kil et de l'abouna Isaac dans les dix premières années du xiii'' siècle. « Kil, évêque de Fua, «^(MsTV.t^), près de Rosette, fut envoyé comme abonna vers •ISOS, mais quatre ans après il retourna et, pour diverses raisons que l'on peut lire dans Renaudot, il fut déposé. Le ms. arabe no686 du Vatican et aussi une fois le ms. arabe n" 620 de la même bibliothèque, portent non Ji mais J-w^; ce nom semble une abréviation de Michel JpISL» comme J-U. ,J>^de J^l>v Après la déposition de Kil ou Michel, Isaac fut ordonné abonna et Tordination eut lieu le 8 mars 1210. Le nouvel abouna va en Abyssinie, où, dit VHist. des Pair. d'Alexandrie (ms. arabe du Vat., no 620,246) jul Uju.*^ o^Li, ^J 4.U^ ;ji>'J\ OJJ j OUI ^1 û^

jl 4).*-S vllm ,j*l»-j «*JL-3JI jlt -lie OJ^lÛ (jj]\ (Jjf JJu-J» 4)1^^1 ~.\j

Ce texte est important à cause des noms propres qui y sont conservés. Tout d abord, dans la ville capitale du royaume, Aîjlc, je reconnaîtrais Adoua,car la lecture Asju; elle-même peut être facilement une erreur pour «^jl*, erreur née de ce que le waiv a été joint à la lettre suivante. Dans ce cas. on aurait une mention d'Adoua, à la fin de 1210, comme capitale du royaume. Le nom du roi 4(U"i est évidemment une corruption de Lalibala; et Renaudot l'a aussi corrigé ainsi. Non moins clair est le nom de la reine, c'est-à-dire Masqal-Kebrâ^ dont la signification ne s'éloigne pas trop de celle donnée par l'auteur arabe. Renaudot a voulu à tort corriger Masqal-Gabrit, signifiant ancilla crucis. Je ne crois pas que ce nom existe non plus que la forme Gabrit. Du reste ancilla crucis (servante du Christ) se dirait Amata Masqal ou Walatta Masqal comme on dit Amala lyasus, Walalta lyasus, elc. Le nom de la tribu du roi pourrait se corriger en ^cSi Idsld, mais la lecture en est incertaine; plus clair est le nom du lils aîné il jL- c'est-à-dire iij\^ correspondant au Yétbârak des listes abyssiniennes. Lt comme il ne serait pas raisonnable de supposer que ce Itbârak soit un personnage différent de celui de ces lùstes, les renseignements certains de l'auteur arabe nous démontrent le peu de foi qu'elles méritent même dans la dernière période. Car Yetbàrak ne peut avoir régné ni avant Lalibala, comme cela e.st indiqué dans

INTRODUCTION ivn

sionnaire lazariste, pour M. Achille Raffray *, le père de Lalibala se nommait Zan-Sioum (le Jân-Shëyum de la Chronique éthiopienne?). Ce manuscrit nous fournit sur ce prince des renseignements nouveaux qu'il est utile de faire connaître : « Guerma-Sioumdonna le jourà Imerehané-Christos, pour qui chaque jour le pain et le vin descendirent du ciel pendant trente ans, et il régna quarante ans et vécut quatre-vingts ans.

« Zan-Sioum enfanta Guebré-Mariam et Lalibéla ; Guébré-Mariam régna trente-deux ans et Lalibéla régna quarante ans. Sa nourriture était le zengada et trois bouchées de ou et {ce sont des aliments peu substantiels et très peu abondants); il n'alla jamais jusqu'à quatre.

« Dès l'âge de sept ans, il savait parfaitement lire. Dix ans après son avènement au trône, il bâtit onze églises. 11 en faisait une coudée par jour et les anges du ciel lui en faisaient quatre par nuit. Il parvint à l'âge de soixante-dix ans et termina ses constructions en vingt-trois ans.

« Guebré-.Mariam donna le jour à Macuelo-Le-Ab {sic)^ qui adora son Créateur dès le sein de sa mère, le loua avec les séraphins, parvint à l'âge de soixante-dix ans et nous fut ravi comme Hénoch et Héli. Il se nourrissait de terre le fut dimanche. Il ne mangea pas de grain. Lalibéla était le père dans le Saint-Esprit de Macueto-Le-Ab. »

Bruce, pas plus qu'on ne peut intercaler entre Lalibala et Yetbàrak le long règne de Nàakueto-La'ab. Peut-être quelqu'un de ces noms se rencontrera-t-il dans le Gadla Lalibala quoiqu'il semble que cette histoire puisse raconter peu de chose de Lalibala (Ig. Guidi, Note M iscellanee, dans \eGiornale délia Società asiatica italiana, vol. III, 18S9, p. 164-181).

1. Achille Raffray, Voy. en Abyssinie et au pays des Gallas-Raias^ dans le Bulletin de la Soc. de géographie de Paris,\%^% p. 345-346.

ïnn liNTRODDGÎION

Lalibalamourul le 12 du mois de sanê, date éthiopienne qui correspond au 6 juin de noire calendrier. Le synaxare, qui célèbre sa commémoration ce jour-Là, rapporte, comme Alvarès, qu'il transmit le trône à son neveu '; mais Ludolf et Bruce lui donnent comme successeur son fils que le premier appelle Imra et le second Imeranha-Gristos, père de Naakueto-Laab^

La durée du règne de Lalibala n'est pas exactement contiue; la Chronique éthiopienne et le manuscrit traduit pour M. Raffray indiquent quarante ans, ainsi que Ludolf*. Suivant Alvarès, il aurait régné pendant quatre-vingts ans et aurait précédé un roi nommé Abraham *.

Lalibala passe pour avoir été à la fois un orateur et un poète distingué' et l'ancienne fable d'un essaim d'abeilles posées sur ses lèvres, tandis qu'il était au berceau (fable d'origine étrangère), aurait été renouvelée pour montret la douceur de son élocution^ Mais il est surtout connu comme le constructeur des églises monolithes taillées dans le rocherj qu'on voit encore aujourd'hui dans la ville qui porte son nom \ Ces églises, au nombre de dix ou dé

1. Zotenberg, Calai, dei tnsi. éthiôp. de lu Bihl. nût., la!" 1^8, fol; 122; Ant. d'Abbadie, Catalogue, n''139; René Basset^ ôp. tàud., note 63.

2. Ludolf, Hist. yEthiop., l. XI, cap. v, 8 et 9; Bruce, Voyage, t. III, p. 339-340.

3. Voir plus haut. Ludolf, Ilist. ÂJ!thiop., 1. II, cap. v, 8et9.

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