‹ Vie de Léon XIIIChapitre 104 sur 148 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Convocation d'un concile national à îîallimore. — Les arclievcques des États- Unis sont appelés à Rome. — Progrès do la république et de l'Église de nSi à 188i-. — Double cause de ce progrès : le sentiment religieux et l'esprit conservateur. — Commencement- de la hiérarchie catholique sousWashington et Franklin. — Les catholiques irlandais et allemands aux États-Unis. — Tenue du concile à Bajtimorc, en 188i. — Schema- des matières préparé à Rome par le pape. — Léon XIII est l'àme de cette belle assemblée. — Attitude de la presse. — Courtoisie des protestants. — Fondation d'une grande université nationale. — Don généreux d'une jeune catholique. — Décrets sur l'éducation. — L'Église des États-Unis, si chère au souverain pontife, est la lllle de cette Propagande dont le gouvernement italien médite la ruine.

u commencement de 1884, le premier acte officiel de Léon XIll fut de publier la bulle Bei catholicx incremeiiium, dans laquelle il décidait la tenue d'un concile national de tous les évêques de» États-Unis à Baltimore, pour le. mois de novembre de la même aniiée. Les douze archevêques avaient été mandés à RoiTie au mois de novembre précédent, afin de déterminer avec la congrégation de la Propagande, sous la haute direction du saint-père, les importantes mati.ères que l'on devait traiter dans ce concile.

Les prélats retournèrent dans leurs diocèses, aussitôt que cette conférence préliminaire fut terminée, et consultèrent le délégué apostolique, rarchevêque de Baltimore et leurs sufTragants respectifs , sur toutes les questions à proposer dans cette grande assemblée ecclésiastique, la plus importante qui eût été tenue dans le Nouveau-Monde (1).

(1) Acta, IV, \.

Quelle consolation pour Léon XIII, comme. pour Pie IX, de voiries progrès du catholicisme dans ces contrées lointaines, tandis qu'en Europe les sectes révolutionnaires et impies se donnaient la main pour ruiner toute religion ! Les deux pontifes, prisonniers dans le Vatican et à peine libres de visiter dans la basilique voisine le tombeau des saints apôtres, pouvaient trouver un adoucissement à leurs souffrances dans le spectacle que présentait ce peuple américain, qui, moins d'un siècle après le commencement de la guerre d'indépendance, avait convertie continent, d'un océan à l'autre, d'Étals prospères et de chrétientés florissantes.

Pendant que Vincent Pecci était au berceau, la confédération des Etats-Unis, bien que formellement reconnue par la Grande-Bretagne, avait néanmoins à lutter contre le mauvais vouloir et les prétentions de cette grande puissance maritime. Les vaisseaux de guerre anglais avaient peu d'égards pour la bannière de la république. Ils s'arrogeaient le droit de visiter tous les bâtiments américains qu'ils rencontraient sur mer. Ils enlevaient même de vive force les équipages et les faisaient servir dans leur marine. Vincent Pecci était encore jeune quand une flotte anglaise remonta le Potomac et détruisit Washington, la capitale de l'Union, et quand un corps d'armée s'empara de Baltimore et traita les habitants comme une populace taillable à merci.

Durant les vingt premières années du dix-neuvième siècle, la république de Washington n'eut pas toujours raison non plus d'être satisfaite de ses relations avec la France. II fallut beaucoup de modération et de patience pour empêcher une rupture ouverte entre deux pays qui avaient tant de motifs de rester amis. Mais, à l'intérieur, aucun obstacle sérieux ne s'opposait au progrès d'un peuple libre et intelligent, au sein d'un continent vaste et fertile ; progrès qui devait étendre "les limites (le l'Union fédérale jusqu'aux rivages du Pacifique et au golfe du Mexique.

Hâtons-nous de le dire, la prospérité des Etats-Unis lient à deux causes principales. D'abord, le peuple, malgré la diversité et l'hostilité actuelle des sectes protestantes, conserve un sens relifjijeux qui influe non seulement sur la vie privée, mais

LEON.XllI ET LES ETATS-UNIS.

sur la vie publique. Ensuite, ce peuple est éminemment pra//que et conservaleur. Dans le développement de sa"'vie sociale,

Fig. 8T. — Étafs-Unîs. — Catlicdralc de Saint-Palricc consacrée en 18"!>, par S. E. Mgr Mac-Closkoy, cardinal-arclicvéquc de New-York.

il est toujours resté (idèlement attaché a-ux coutumes des trdfë royaumes d'oiî il tire son origine, et cet amour, loin de diminuer avec les périls, est devenu plus profond et plus éclairé à

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