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CHAPITRE XVII

LES NOCES D OR DE LEON XllI.

Glorieux triomphe pour la papauté! — Tous les peuples s'apprêtent à cclcbrer le jubil^ de Léon XIII, qui doit di-passer en magnificence les grar\des fêtes de Berlin et de Londres. — Partout on travaille pour l'Exposition et on organise des pèlerinages. — Adresse de la Hongrie et réponse du souverain pontife. — Allocution au sacré collège. — Le duc de Norfolk au Vatican ; la question irlandaise. — Les chefs de toutes les nations expriment leurs souhaits au saint-père. — Attitude de l'Italie; le syndic de Rome et le ministre Crispi. — l.e commandeur Acquaderni présente A Léon XIII les honoraires de la messe jubilaire. — Fête du l" janvier 1888 ; spectacle sublime! — Le cardinal Joseph Pecci. — Énergique protestation de Léon XIII contre la politique du gouvernement piémontais. —L'Exposition vaticane. —Discours du cardinal SehiafOno; réponse du pape. — Les pèlerins français; comité central de Paris. — Conclusion.

EPUis que nous avons terminé la première édition de la Vie de Léon XIII, l'illustre pontife a continué sa sublime mission avec le même dévouement et le même succès; il a défendu les prérogatives du saint-siège, les droits de l'Eglise universelle et l'honneur des congrégations religieuses (1); il a combattu les erreurs touchant la liberté, négocié la paix avec les souverains, condamné l'oppression sous toutes ses formes et tracé aux prêtres et aux fidèles les règles de la vie et de la perfection chrétienne; il a fondé de nouvelles églises, créé des cardinaux et placé sur les autels des saints et des bienheu-

(1) Voir l'eDcycIique aux évëques de Hongrie, quod multum, la constitution Humanse àalùlis Àuclor sur la conclusion du schisme de Goa, le bref Dolemu^ inter alia en faveur des Jésuites, le bref Tui obsequii significatione» adressé au supérieur général de St-Sulpice, l'encyclique Sapientiw chri3tianœ,etc., etc.

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reux (1). Mais dans cette série craclions glorieuses un fait domine tousles autres et captive l'admiration du monde entier : nous voulons parler des noces d'or.

Cette fête de famille, cclchrée au Vatican en présence des ambassadeurs de toutes les [)uissances, excepté du Piémont, est un triomphe peut-être sans égal dans l'histoire de l'Église.' C'est pourquoi dans les intérêts du christianisme et pour l'honneur du saint-siège, nous allons raconter les principales circonstances qui ont précédé, accompagné et suivi la solennité du l*^^"^ janvier 1888.

Dans le cours de l'année 1887, l'empereur Guillaume et la reine Victoria ont reçu, de leurs peuples, de touchants témoignages de respect et d'afTection; mais les manifestations de Berlin et de Londres n'ont pas eu l'éclat des ovations de Rome. Ainsi la Providence qui veille sur son Église, a montré par un contraste si frappant la vitalité et la force du pontificat romain.

Déjà Léon XIII avait eu sa part dans les fêtes de Berlin. Quand, au mois de mars, l'empereur d'Allemagne entrait dans sa quatre-vingt-onzième année et que tous ses sujets s'unissaient d'esprit et de cœur pour fêter ses noces d'or, tous les souverains du monde, le pape à leur tête, s'empressèrent de députer en Prusse ou des membre de leurs familles ou des ambassadeurs. Dans ce glorieux cortège, le légat ne fut ni le moins remarqué, ni le moins honoré; l'Allemagne commençait dès lors à rendre hommage au prisonnier du Vatican et à reconnaître en lui l'arbitre de la justice et de la paix.

Peu de mois après, la reine Victoria fêtait à son tour le cinquantième anniversaire de son couronnement. Léon XIII devait aux millions de catholiques répandus dans ses États de conserver avec elle des relations de courtoisie. Le légat porteur

(I) Sur les décrets de canonisations et de Léalidcations, \o\vVOsiiervatore Romano du 3 novembre et l'Univers du a novembre 1887.

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de S9 Tcltre de felicitation, prit j)Iaredans une réception solennellc^u. la tète du corps diplomatique, et renoua des relations interrompues depuis deux siècles avec le cabinet de Saint-James.

L'enthousiasme stimula le zèle des catholiques. Le comité italien établi à Bologne, sous la haute protection du cardinal Parocchi et sous l'habile direction du commandeur Acquaderni, i'àme des grandes entreprises, résolut de tout préparer dignement pour les cérémonies de 1888.

Une revue mensuelle, intitulée Le Jubilé sacerdotal du souverain Pontife Léon XIII, fit connaître le saint^père, en publiant dans chacune de ses livraisons un ou deux chapitres desabiograohie. Elh adressa aussi un appel général aux fidèles du monde entier, leur indiquant la manière de coopérer dans la mesure de leurs forces à l'œuvre commune. On émit en même temps l'idée de faire une modeste offrande au pape, afin de participer à son intention dans la messe qu'il devait dire le !'■' janvier. De plus, on forma le projet d'une exposition à laquelle les arts et l'industrie de tous les peuples apporteraient Icurconcours; projettimidemcntsoumis d'abord à l'opinion publique, mais destiné à obtenir un succès prodigieux. Le comiié central de Bologne fut immédiatement secondé par celui de Rome, et bientôt le mouvement se transmit à toutes les villes de l'Italie et aux autres contrées de l'Europe, aux deux Amériques, à l'Australie, à l'archipel indien, au Japon, à la Chine, à la vaste péninsule de l'indoustan, aux diverses Missions de l'.Asie et de l'Afrique.

Dans le but de réaliser une pensée si féconde, un comité spécial s'établit à Rome même et choisit pour président le cardinal Schia(rmo(l). Des sous- comités s'organisèrent dans les principales villes d'Italie, et le génie de cette nation qui avait langui sous le règne du sensualisme révolutionnaire, parut se vivifier au premier soufile venu du Vatican.

Le souverain pontife, en voyant les proportions que prenaient ces préparatifs, manifesta aux personnages influents de son entourage qu'il attendait, avant tout, de la grande famille catholique des secours pour le soutien des missions

il) Le cardinal Schialliiim p ON; tnlevé par la mort à l'affection de Lcon XIII-

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élrangères et le soulagement des milliers de prêtres et de religieux que la révolution avait dépouillés (1). Sa pensée fut comprise; mais tout en se disposant à lui fournir des moyens pécuniaires pour ses œuvres de charité, on résolut de lui offrir, comme cadeaux de bonne fête, les plus riches productions de l'industrie et de l'art modernes.

Les pèlerinages nationaux s'organisèrent aussi sur une large échelle en Europe et dans les deux Amériques. On se demandait en 1877, pendant que les étrangers affluaient à Rome et inondaient chaque jour la basilique de Saint-Pierre elles salles immenses du Vatican, si jamais la catholicité offrirait à un autre pontife des hommages pareils à ceux que recevait Pie IX sur les bords de la tombe. Dix ans se sont à peine écoulés, et voilà que le jubilé de Léon XIII éclipse le triomphe des Scipion et des Métellus, des Tite et des A^espasien. Le monde chrétien est à genoux aux pieds du successeur de Pierre.

Cependant des raisons graves permettaient de douter et du succès de l'Exposition jubilaire, et de l'éclat des pèlerinages, et de la générosité des offrandes. La détresse était grande et universelle; des deux côtés de l'Atlantique, l'industrie et le commerce étaient en souffrance, et on redoutait une guerre européenne avec l'effrayante perspective de douze m-ilhons de chréliens en armes, non pour repousser une invasion.de mahomélans ou de barbares, mais pour s'égorger entre eux. Malgré tout, les événements justifièrent la confiance des catholiques et étonnèrent tous ceux qui croyaient la papauté à jamais déchue de sa puissance temporelle et dépouillée de son .prestigeT aux yeux mêmes de ses propres sujets.

La première nation qui envoya ses lils en pèlerinage solennel à Rome, fut la France. Plus de mille ouvriers, députés de tous les cercles catholiques et conduits par Son Eminence le cardinal Langénieux et par M. le comte Albert de M un, allèrent, la bannière de la Croix déployée, dire à Léon XIII que la fille aînée de FÉglise n'avait oublié ni la foi de saint Louis ni l'héroïsme de Jeanne d'Arc.

(1) Le saint-pcrc a donne oOO,000 francs aux missions étrangères à l'occasiDU de son jul)ilc.

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Les clubsanticléricaux de Rome s'indignèrent, mais inutilement, de voir ces représentants de la classe laborieuse s'agenouiller attendris devant le tombeau des saints Apôtres, faire retentir sous le dôme de Michel-Ange les vieux cantiques de l'ouvrier français, recevoir le pain des forts à l'autel de la Confession avec une ferveur victorieuse du respect humain, puis se présenter ensuite au souverain pontife, qui. était heureux d'accueillir et de bénir de tels enfants (1).

La Bavière eut, à peu près en même temps, une fêle nationale en l'honneur de Léon XIII. Les représentants de toutes les classes furent conviés à une assemblée générale à Munich, dans la grande salle du cercle catholique que des artistes distingués avaient décorée pour la circonstance. Les musiciens les plus renommés voulurent contribuer à cette fête de famille. L'archevêque de Munich et le nonce apostolique y présidèrent, entourés des corps de l'État. Ce fut un enthousiasme indicible qui, à plusieurs reprises, se manifesta pur des applaudissements chaleureux. Cet enthousiasme éclata shrtout quand le baron de Franckenstein, chef du parti catholique en Bavière et président du comité organisateur de la fête, rappela les traditions de son pays et cette foi vivante qui a su résister aux séductions du libéralisme moderne.- .Mors toute l'assemblée se leva comme un seul homme pour protester de son patriotisme et de son dévouement. Léon XIII répondit par l'encyclique Officio sunctissimo qu'il adressa, le 22 décembre 1887, aux archevêques et aux évêques de, Bavière. Ce document qui atteste une fois de plus l'habileté et le tact avec lesquels le souverain ponlife sait parler à l'intelligence et au cœur des peuples catholiques, semble annoncer la paix religieuse dont l'encyclique aux archevêques et aux évêques de Prusse a été l'heureux présage en 1886.

Il faut gagner ainsi les nations chrétiennes par leurs plus saintes et leurs plus vives afl'ections, et les exciter à défendre leur plus précieux héritage, la foi pour laquelle leurs ancêtres

(1) Le pèlerinage des ouvriers fut reçu par Léon XIII, le 16 octobre 18X7. \o\v VUnivcrs. Le 20 novembre suivant, un autre pèlerinage français, venu de Coutances ol de Baveux, avait le bonheur d'assister i\ la nicssc du sainl'pne et d'être admis à une audience pontilicalc.

ont tant Iravaillé et tant souffert. Dans cette union, que Léon XIII appelle de tous ses vœux, consiste surtout la force invincible qui sauvera le christianisme des assauts de la révolution et.du matérialisme scientifique.

La Hongrie avait déjà reçu, lors du centenaire de la libération de Pesth, un témoignage de la haute sympathie du clipf %\e l'Eglise; elle voulut exprimer sa reconnaissance par une manifestation solennelle de sa piété filiale. Le 30 novembre 1887, un pèlerinage national, le cardinal Simor en tête, traversa Rome, qui fut' étonnée de voir cette belle race de Madgyars aux riches costumes et aux allures guerrières, prendre le chemin du Vatican au lieu de se rendre au Quilinal. Ces nobles étrangers, les premiers qui marchèrent sur les traces des ouvriers français, représentaient les familles les plus anciennes et les noms les plus illustres de la Hongrie. Léon XIII leur donna audience dans la salle Ducale, où étaient réunis un grand nombre de cardinaux et d'évéques. Mgr Simor lut en langue latine un beau discours qui émut visiblement le souverain pontife. Puis il présenta au saint père les comtes Zicky, Szapary et Cziraky, porteurs de l'adresse officielle. Cette adresse, écrite sur vélin, était enfermée dans une boite en cristal de roche. Le tout était contenu dans un riche écrin blanc, orné de dessins en émail et portant les armes pontificales entrelaeées avec les armes de la Hongrie. Ensuite le cardinal-primat déposa aux pieds du pape onze volumes reliés avec magnificence et contenant les signatures autographes d'un million huit cent mille catholiques des divers diocèses du royaume. Les évcqiies hongrois vinrent l'un-après l'autre offrir au pape, dans des bourses brodées d'or, l'aumône de leurs fidèles pour la messe jubilaire du 4" janvier. Suivait une nombreuse deputation de la grande société nationale de Saint-Etienne. Son.président portait au saint-père non seulement une somme considérable pour le denier de saint Pierre, mais une liste des livres édités aux frais de la société et des exemplaires richement reliés de tous ces ouvrages. Rien ne pouvait être plus agréable au Vicaire de Jésus-Christ que ces publications religieuses, fruits de la foi et du zèle d'un peuple qui travaille à propager les doctrines évangéliques parmi

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toutfs les classes et à défendre le dogme et les institutions du catholicisme contre les attaques de l'incrédulité moderne.

Les dames hongroises furent aussi présentées à Sa Sainteté. Enfin tous les pèlerins eurent l'honneur d'être admis au baisempnt des pieds. Il y eut pour chacun une parole gracieuse, une marque de paternelle affection et un compliment délicat. Ces généreux pèlerins ne pouvaient s'arracher du lieu où le saint père les avait accueillis avec line joie et une tendresse si pleines d'émotion. Leur reconnaissance se manifestait par des cris enthousiastes, et le bon pape ne cessait d'y répondre par de nouvelles bénédictions.

Cette fête a été suivie d'une longue série d'ovations, et tous les peuples ont acclamé le chef de l'Église universelle, le docteur infaillible de la vérité, le souverain spirituel de plus de deux cents millions de fidèles, le seul roi temporel légitime de cette Rome qui doit à ses pontifes ses plus beaux titres de gloire (1).

Nous devons au monde catholique de ne point passer sous silence la réponse que fît Léon XIII à l'adresse présentée par les magnats de Hongrie au nom de toute la nation : « Chers fils, dit-il, votre présence ici, en ce moment, nous cause une grande joie à l'approche du cinquantième anniversaire de noire sacerdoce, que la bonté du Dieu conservateur va bientôt nous permettre de célébrer. Car votre attitude seule exprime ce que votre cardinal-primat vient de dire avec effusion, en un langage si élevé. En vérité, cette expression noble et éloquente de vos sentiments nous donne une vive consolation au milieu de tant de choses qui nous accablent de soucis. Pendant que vous évoquiez les souvenirs de votre passé natio. nal, nous semblions retrouver en vous les vertus qui distinguaient vos aïeux : vertus que, dans la bonne et la mauvaise fortune, la Hongrie a su garder telles qu'elles avaient brillé à l'origine même de votre nation, alors que votre glorieux apôtre, saint Etienne, crut en jetant les fondements de la constitution de son royaume, devoir chercher la consécration de

(1) Voici la liste des souverains, des princes, des présidents de corps d'État qui ont offert des présents à Léon XIII, à l'occasion du jubilé : catholiques, ( 46; chrétiens non catholiques, l(j; infidèles, 4.

o'lO LÉON XIII.

son œuvre auprès de ce siège du Prince des Apôtres. Nous avons donc plus d'une raison de vous féliciter de cette constante fidélité dans votre soumission et dans votre dévouement envers le siège apostolique. Si ce dévouement, en effet, a élé pour votre nation, dans tous les siècles passés, une source si abondante de salut, comme on vient de le dire, vous devez vous attendre avec une entière confiance, hién-aimés fils, à en recevoir une égale et même une plus grande mesure de bienfaits dans tous les temps à venir.

« 11 y a dans l'institution de la papauté une verlu divine el vivante, destinée de sa nature à opéref infailliblement le salut des peuples. Et il ne peut en être de cette institution comme des autres choses purement humaines : elle ne peut ni périr ni se transformer. G'estce privilège que les ennemis de l'Église nient hautement, dans l'effort qu'ils font pour enlever, à la religion catholique et au pape, vicaire de Jésus-Christ, les cccurs des hommes, el pour répandre au loin le feu de celte guerre dont nous avons à éprouver les plus grandesardeurs. [.eurs projets aboutissent néanmoins, comme tout le monde le voit, à un médiocre résultat. Grâce à Dieu, l'amour de la religion el le dévouement profond au saint siège sont toujours \ivants dans les cœurs; oui, ils y vivent et y croissent, profondément enracinés qu'ils sont, surtout dans l'âme du peuple."

« Vous en avez la preuve dans le zèle que l'on déploie de toutes parts afin de préparer la célébration de notre jubilé sacerdotal, dans ce concert merveilleux et spontané des volontés, dans cette multitude et celle variété inouïe d'offrandes que tout l'univers s'empresse de déposer aux pieds du pape. >')

^Léon XIII parle ensuite de l'encyclique à laquelle le cardinal Simor a fait allusion dans son discours. Le saint-père, prolilanl de la circonstance, recommande de nouveau d'observer fidèlement la règle de conduite qu'il a tracée au peuple fidèle de la Hongrie et à ses guides, soil religieux, soit laïques. « Efforcez-vous, ajoute-t-il, d'emporter comme fruit de votre pèlerinage à Rome, capitale de la chrétienté, el à l'auguste tombeau des saints apôtres Pierre el Paul, la résolution d'être de plus en plus dignes de vos aïeux. Que l'amour de l'Eglise s'accroisse en chacun de vous*, «avec, la soumission à l'au

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torité du satint-siège ; que votre zèle à pratiquer tous las devoirs de la vie chrétienne se montre plus ardent. »

Quelques jours avant' l'arrivée des pèlerins hongrois, le saint-père réunit le sacré-collège {1). Il lui parla d'abord des préparatifs que l'on faisait pour son jubilé sacerdotal. Il remercia Dieu du fond de son cœur de l'avoir conservé jusqu'à ce jour, et jetant un regard sur l'univers,, il dit avec l'accent de la joie la plus yivë : « Les hommes de toutes les classes sociales et de toutes les contrées rivalisent les uns avec les autres, et en public et en particulier, pour nous combler des témoignages de leur respect, par des deputations, des pèlerinages hbrement entrepris chez les peuples des contrées les plus lointaines, par le nombre infini de présents qu'ils nous envoient et dont on peut dire avec la plus entière vérité q\ie la valeurdel objetet lelravailartislique sont seulement surpassés par raffection des donateurs. En tout cela éclatent d'une manière 'admirable la bonté et la puissance de notre Dieu. Il donne à son Église des forces et une vertu proportionnées aux épreuves de l'heure actuelle; il console ceux qui luttent pour glorifier son saint nom, et il sait, par les voies mystérieuses de sa providence, tirer des maux mêmes une riche compensation en bien. Nous y voyons aussi resplendir la gloire de l'Église. Elle éprouve en tout cela les effets de cette puissance, divine à laquelle elle doit la naissance et la vie; elle voit se manifester clairement l'Esprit-Saint qui la gouverne et l'anime, fondant les intelligences et les volontés des fidèles dans une parfaite union entre elles et avec le Pasteur suprême.

« Nous devons l'avouer, vénérables frères,' en votre présence, à la gloire de Dieu et de son Église, toutes ces manifestations jious causent un grand bonheur. Nous le disons hautement : notre cœur est profondément touché de ces nombreuses et éloquentes preuves d'attachement que nous rece- .vons de la part des peuples chrétiens. Nous ne saurions jamais l'oublier. »

A cette allégresse se mêle une tristesse profonde occasionnée par la conduite du gouvernement piémontais : « Ah! bien

{ij consistoire du ù'J novembre 1887.

LÉON XlII.

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